Ca coince aussi sur le bâtiment à Bruxelles

le 24 janvier 2006 à 07h00 , mis à jour le 25 janvier 2006 à 08h06

Les ministres des Finances des 25 n'ont pu trouver de compromis mardi à Bruxelles sur les secteurs pouvant bénéficier d'une TVA à taux réduit, du fait de l'opposition de la République tchèque, de la Pologne et de Chypre. Les 22 autres Etats membres leur ont laissé un délai de réflexion jusqu'à la fin de la semaine.

[Expiré] [Expiré] ue drapeaux © afp

Les ministres européens des Finances n'ont pas pris de décision mardi sur les services pouvant bénéficier d'un taux réduit de TVA, en raison de l'opposition inattendue de la République tchèque, de la Pologne et de Chypre, qui ont toutefois jusque dimanche pour changer d'avis. "Nous avons pu dégager un accord à 22 Etats membres et la Pologne, la République Tchèque et Chypre sont fermement invités à rejoindre les 22 d'ici la fin de la semaine. C'est à prendre ou à laisser", a affirmé le ministre des Finances autrichien Karl-Heinz Grasser, dont le pays préside l'UE, au terme d'une réunion de plusieurs heures quelque peu surréaliste.

Karl-Heinz Grasser s'est en effet dit "irrité" par le comportement de ces pays. "Le ministre chypriote n'a pas parlé pendant la réunion. Lorsqu'il est parti, son ambassadeur a découvert que sa position était contre" l'accord proposé, a-t-il raconté. "Le ministre des Finances polonais n'était pas là et son secrétaire d'Etat n'avait pas de mandat pour négocier. Nous avons essayé de joindre le vice-Premier ministre qui nous a dit que le secrétaire d'Etat avait un mandat", a-t-il ajouté, visiblement courroucé. Le ministre tchèque était lui bien là et en contact permanent avec le Premier ministre à Prague.

Un compromis "à prendre ou à laisser"

Les 22 autres Etats membres sont tombés d'accord pour prolonger jusque fin 2010 les taux réduits dans les services dits "de forte intensité de main d'oeuvre" (rénovation de logement et soins à domicile principalement). Appliquées depuis 1999 par neuf Etats, dont la France, ces dérogations ont expiré le 31 décembre, plongeant ces secteurs dans un vide juridique. "Si ces trois pays refusent de rejoindre les autres, ils prennent la responsabilité de blesser sévèrement neuf Etats membres", a averti Karl-Heinz Grasser. Le commissaire européen à la Fiscalité Laszlo Kovacs a prévenu qu'il n'aurait alors d'autre choix que d'engager des procédures d'infraction contre ces neuf Etats membres s'ils ne rétablissaient pas le taux normal de TVA.

Pour éviter toute discrimination, le compromis autrichien propose que tous les Etats membres, anciens ou nouveaux, puissent appliquer ces dérogations sur la rénovation de logement. Mais la République tchèque et la Pologne demandent en outre le droit de continuer à appliquer un taux de TVA réduit aux constructions de logement, un droit dont ils bénéficient seulement jusqu'à la fin 2007 selon leurs traités d'adhésion à l'UE. "Nous n'allons pas renégocier les traités d'adhésion. Beaucoup de ministres ont été très clairs. C'est une question de principe", a affirmé Karl-Heinz Grasser.

La France et l'Allemagne, longtemps au centre du débat, acceptent dorénavant le compromis de Vienne. Celui-ci ne propose pas de taux réduit de TVA pour la restauration, demandé par Paris mais refusé par Berlin. La Commission européenne devra toutefois présenter un rapport d'ici la fin 2007, "faisant une évaluation globale de l'impact des taux réduits sur les services fournis localement, dont la restauration". Ce qui a permis au ministre français Thierry Breton de déclarer que le "dossier de la restauration n'était pas clos". Le problème de fond est que les nouveaux Etats membres s'estiment lésés par rapport aux anciens, dont certains ont obtenu dans le passé des dérogations particulières, illimitées dans le temps. La Commission européenne avait proposé en juillet 2003 de mettre de l'ordre dans ce maquis et de réduire le nombre d'exceptions. Mais les Etats membres concernés ont catégoriquement refusé de perdre leurs avantages acquis. Or, comme toute harmonisation fiscale dans l'UE, cette liste de taux réduits, c'est à dire inférieurs au taux normal minimal de 15%, doit être adoptée à l'unanimité des 25.

Photo d'ouverture : archives

le 24 janvier 2006 à 07:00
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

17 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • J-Yves, le 24/01/2006 à 18h07

    Les nouveaux pays peuvent toujours se retirer de l'UE s'ils veulent changer leurs status de"Assisté social" en "Super-Mega assisté social".

  • Vastre, le 24/01/2006 à 17h48

    Dans tous les cas, les pigeons ne seront ni dans l'assiette ni dans les cuisines, mais à table. Nous irons donc manger chez Mac Do et la sécu s'occupera du reste !

  • Moimeme, le 24/01/2006 à 16h40

    Les restaurateurs sont les dindons de la farce plumes et pigeonnes par les promesses de chirac

  • Garibal, le 24/01/2006 à 15h17

    C'est encore une proffession qui fait le trottoir pour l'etat et pour l'union. mais l'union necessite une harmonisation mais aussi la culture de la difference cependant le manque d'equité est malheureusement toujours aussi falgrant sans compter l'hypocrisie de la promesse politique.

  • Romeo, le 24/01/2006 à 14h57

    L'europe c'est le bordel et resteras le bordel.C'est à l'image de nos élus et décideurs.Je pense que c'est le manque de la Turquie qui manque à la table des décision!!!!!Plus on est plus on rigole!!!!!

  • Bob, le 24/01/2006 à 14h42

    Un truc que je comprends pas : la TVA est-elle uniforme au sein de l'Europe ? Il me semble que non, alors pourquoi ne pourrait-on pas faire ce qu'on veut dans l'un des pays ??? Après tout, la TVA diffère bien d'un état des USA à l'autre, et ça n'empêche par l'Union de fonctionner.

  • Alex, le 24/01/2006 à 14h18

    Amis Français, vous êtes fier d'avoir rejeté le projet de constitution ; pourtant cette constitution ouvrait la porte à la suppression de la règle de l'unanimité ! Alors . . . ne vous en prenez qu'à vous-même !

  • Moimeme, le 24/01/2006 à 14h15

    Les restaurateurs vont payer la note de leur soutien a chirac il faudra faire attention la prochaine fois

  • Le sagard, le 24/01/2006 à 13h55

    Chirac a fait une promesse qu'il savait qu'il ne pourrait tenir,alors du courage faite voter la tva a 5.5%par le parlement francais, et si cela deplait aux fonctionnaires de Bruxelle dite leur que la France est l'un des plus gros donateur a l'Europe et que desormais on en veut pour notre argent.L'Allemagne a peur de l'effet boule de neige car elle desire augtmenter les tva mais le Luxembourg a une tva a 3%sur la restauration est personne ne dit rien.

  • Val, le 24/01/2006 à 13h34

    Et oui!! C'est çà l'Europe!! On ne peut même plus faire ce qu l'on veut chez nous. Monsieur CHIRAC avait promis la baisse de la TVA!! encore une promesse qui ne sera pas tenue. Monsieur CHIRAC ne devrait pas faire de "promesses" tant qu'il n'est pas certain de la suite donnée.

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience