© LCIThierry Breton a réaffirmé dimanche qu'il attendait pour la France "une croissance de 2% à 2,5%" en 2006, "comme l'ensemble des économistes" lors d'une interview sur Europe 1. Il a aussi réaffirmé que les déficits publics de la France "respecteront" en 2005 et 2006 le seuil de "3%" du produit intérieur brut (PIB) fixé par le Pacte de stabilité européen.
Mais "je ne suis pas content "de cette croissance, "la France peut faire mieux" que sa "croissance structurelle qui est aujourd'hui de 2,25%", a commenté le ministre des Finances, interrogé sur le rythme de la croissance mondiale qui atteint lui 4,5%. Il s'est en revanche félicité des "huit mois consécutifs de baisse du chômage" et d'une année 2005 qui a été selon lui "une très bonne année de consommation", ajoutant : "Ça va continuer". "Il nous faut libérer la croissance, car c'est l'élément indispensable pour notre modèle social", a-t-il ajouté.
Breton favorable à plus de périodes de soldes
Il a par ailleurs prôné le développement de "l'économie du savoir et de l'immatériel" qui "emploie déjà 35% des Français", a-t-il dit, contre 20% pour l'industrie, 10% pour l'agriculture et 25% pour les "services aux autres". Martelant que la France doit "entrer dans la modernité", il a aussi regretté que a France ait "trop d'épargne", un "mal français " qui ne contribue pas assez au développement de l'économie, et notamment dans les PME innovantes. Il a par ailleurs estimé, toujours au nom de la modernité, qu'il "ne serait pas idiot" de faire davantage de phases de soldes dans l'année, puisque les collections de prêt-à-porter se sont multipliées.
Le ministre a d'autre part longuement expliqué que selon lui la "boule de neige de la dette" avait commencé à se former sous les septennats du président François Mitterrand, accusant notamment diverses mesures qu'avait prises la gauche comme les nationalisations de 1981, la limitation de l'âge de la retraite à 60 ans et l'embauche de 330.000 fonctionnaires supplémentaires. Mais la droite aussi a commis "des erreurs", a-t-il dit, "par exemple on a déplafonné l'Impôt sur la fortune, et des dizaines de milliers de Français ont quitté le territoire avec leur argent et leur esprit d'entreprise". Toutefois, avec la mesure récente limitant à 60% des revenus le montant global des impôts, "il y a des gens qui vont revenir, c'est bon pour l'économie", a-t-il commenté.
Photo d'ouverture : Thierry Breton - archives
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