Début d'année en berne pour le marché des volailles

le 16 janvier 2006 à 14h27 , mis à jour le 16 janvier 2006 à 20h07

Sur les deux premières semaines de janvier, la consommation est en baisse de 20% par rapport aux 15 premiers jours de l'année 2005, a indiqué lundi le ministre de l'Agriculture. Dominique Bussereau a annoncé un prochain plan d'aide à la filière avicole d'environ 6 millions euros.

poules poulets volaille grippe aviaire élevage © DR

Les effets de la crise de la grippe aviaire se font toujours sentir. La consommation de volailles en France est ainsi en baisse de 20% depuis le début de l'année par rapport à la première quinzaine de 2005, "comme lors du début de la crise" à l'automne, a déclaré lundi le ministre de l'Agriculture Dominique Bussereau. Une annonce faite en marge de la cérémonie des voeux au ministère, et accompagnée de la promesse de nouvelles aides à la filière avicole.

Le ministre de l'Agriculture a indiqué qu'un plan d'aide à la filière avicole d'environ 6 millions euros devrait être annoncé "très prochainement". Le gouvernement va notamment financer une nouvelle campagne de publicité, après celle qui avait été faite avant les fêtes de fin d'année. Parmi les mesures prévues pour les industriels, figurent le financement du chômage partiel, des allégements fiscaux et des "reports d'échéances d'impôts et de taxes". Pour les éleveurs, les mesures seront décidées en concertation avec leurs organisations, a ajouté Dominique Bussereau qui a rappelé que la France avait, comme d'autres pays, demandé à Bruxelles de débloquer des aides pour la filière agricole européenne en crise.

Le confinement des volailles pourrait être encore étendu

"La Confédération française avicole accueille avec joie cette annonce de Dominique Bussereau qui répond à une demande des éleveurs qui date de deux mois", a déclaré Christian Marinov, directeur général adjoint de la CFA. Le député PS de Saône-et-Loire Arnaud Montebourg a estimé pour sa part qu'on était "loin du compte" face aux "pertes dramatiques" des éleveurs de volailles. "La plupart des mesures consistent en des aides indirectes. Or, les éleveurs sont au bord de la faillite, cela n'est pas approprié. De plus, le montant global des aides, de 6 millions d'euros, n'est pas proportionné à l'étendue des dégâts économiques", selon l'élu PS. "Loin du compte" : c'est également le commentaire fait lundi soir dans le Gers par le président de l'interprofession Avigers. "Depuis octobre dernier, le manque à gagner pour la seule filière avicole gersoise a été établi à 5 millions d'euros", a souligné Pierre Buffo", président d'Avigers.

Le gouvernement avait notamment décidé vendredi dernier, dans le cadre de son plan de lutte contre une éventuelle pandémie de grippe aviaire, d'étendre le confinement des élevages de volailles de 26 à 58 départements. Selon Dominique Bussereau, qui attend un avis de l'Afssa (Agence française de la sécurité sanitaire des aliments) avant de se prononcer, "un ou deux autres départements" pourraient venir s'ajouter à cette liste dans les prochains jours.

Interrogé sur le peu de moyens financiers dont disposerait le ministère de l'Agriculture, après que "La Lettre de l'Expansion" a parlé lundi d'une "somme qui ne permettrait (...) de couvrir que la destruction de deux foyers de maladie", Dominique Bussereau a affirmé que "quand il y a une urgence on trouve les moyens". La France est "au-dessus" de la moyenne européenne pour la veille sanitaire, notamment avec un très bon réseau de vétérinaires, publics et privés, a-t-il ajouté. Il existe en France 30.600 élevages professionnels, dont 12.936 avec un "parcours extérieur" (en plein air). Le total de volailles élevées en plein air était en 2005 de 160 millions, soit seulement 17% du total des 916 millions de volailles (1,950 million de tonnes) produites chaque année sur l'ensemble du territoire.

Photo d'ouverture : archives

le 16 janvier 2006 à 14:27
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4 Commentaires

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  • Stephane, le 16/01/2006 à 16h38

    Mr Bussereau n'a qu'à demander à son collègue des transports l'installation de quelques dizaines de radars automatiques de plus et le fric qu'ils pomperont aux automobilistes pourra servir à subventionner la filière avicole.. Après tout les "pigeons" épinglés par les "poulets" voleront au secours de la volaille..

  • Mojorisin, le 16/01/2006 à 16h36

    On ne le répètera jamais assez : une volaille cuite ne fait courrir aucun risque à son consommateur!!! Question : qu'en est-il des gibiers manipulés par les chasseurs et leurs familles? Sont-ils correctement informés des précautions élémentaires à tenir?

  • Dan, le 16/01/2006 à 16h23

    Scandaleux...!!!Alors que rien ne justifie cette baisse de la consommation des volailles, c'est encore le contribuable qui fait les frais de cette "psychose"...!!!que les éleveurs se frottent les mains, rien de vraiment étonnant...Quelles ont été les mesures préventives pour essayer d'enrayer la grippe aviaire...Les premiers cas remontent à 2003 (parait-il),pourquoi n'existe-t-il pas encore de vaccin pour les volailles...???n'aurait il pas fallut prendre des mesures, depuis le temps, pour limiter le nombre des volailles dans les élevages industriels, est que cette baisse de la consommation des volailles n'était pas prévisible, pourquoi les marchés n'ont ils pas anticipé....Pourquoi préfère-t-on continuer à maintenir un haut niveau de production quitte à aller au "massacre" comme pour la "vache folle"...Ou est le respect de la condition animale quand on voit comment ces pauvres bêtes sont éliminées dans certains pays......

  • Maitre coq, le 16/01/2006 à 15h46

    Vu qu'en france on ne nous dis jamais le vérité, il vaut mieux s'abstenir de manger de la volaiile !

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