© INTERNEFord, deuxième constructeur automobile américain, troisième mondial, a annoncé lundi jusqu'à 30.000 suppressions d'emplois ouvriers en Amérique du Nord et des capacités réduites d'un quart. Les chiffres correspondent globalement à ce qui était attendu, d'après des fuites dans la presse ces deux derniers mois, mais l'annonce de la restructuration a été bien accueillie à Wall Street.
"L'emploi dans les usines sera réduit de 25.000 à 30.000 personnes sur la période 2006-2012, sans compter les réductions de personnels salariés (par opposition aux ouvriers payés à l'heure, NDLR) et dans les rangs des cadres dirigeants", a précisé le constructeur dans un communiqué. Les nouvelles suppressions d'emplois n'incluent pas les 4.000 postes salariés dont Ford avait annoncé la suppression l'été dernier. Ceux-ci doivent disparaître au 1er trimestre 2006, et d'ici à fin mars le groupe aura aussi réduit de 12% le nombre de ses cadres, a-t-il ajouté.
Concurrence asiatique
Côté usines, les capacités de production seront réduites de 26% d'ici à 2008. La majorité des fermetures de sites (14 usines concernées, totalement ou partiellement, dont au moins deux au Canada) doit intervenir dans les deux ans à venir. Le retour à la rentabilité des activités automobiles en Amérique du Nord --déficitaires de 1,6 milliard de dollars avant impôts en 2005-- doit intervenir "pas plus tard qu'en 2008", a insisté le groupe.
Le groupe Ford, né il y a plus de 100 ans dans les faubourgs de Detroit (nord), berceau américain de l'automobile, traverse une crise profonde sur ses propres terres. Sa gamme très fournie en 4x4 et pick-ups --les véhicules les plus rentables mais aussi les plus gourmands en carburant-- subit la concurrence croissante des petites berlines asiatiques, d'autant plus prisées que l'essence est chère. Pour justifier cette nouvelle restructuration d'ampleur --la dernière en date remonte à 2002--, le PDG Bill Ford a souligné que le marché nord-américain devenait "rapidement aussi peuplé et fragmenté" que ceux des autres grandes régions du monde.General Motors (GM), grand rival touché par les mêmes maux, avait annoncé également 30.000 suppressions d'emplois en novembre dernier, soit un sixième de ses effectifs nord-américains.
DailerChrysler va supprimer 6000 postes d'ici trois ans |
Le groupe automobile germano-américain DaimlerChrysler a annoncé mardi qu'il allait supprimer environ 20% de ses effectifs dans l'administration d'ici trois ans, soit près de 6.000 postes dans le monde. Ce plan social, ajouté à d'autres mesures déjà prises chez DaimlerChrysler devraient lui permettre de réduire les coûts dans l'administration de 1,5 milliard d'euros par an, soit un effet net positif de 1 milliard d'euros. Ces suppressions d'emplois coûteront au total près de 2 milliards d'euros à DaimlerChrysler sur la période 2006-2009. Dans le détail, le constructeur va centraliser l'ensemble de ses services administratifs, à savoir les Finances, le contrôle interne, les ressources humaines et la stratégie. Ce nouveau plan social confirme la détermination du nouveau patron de DaimlerChrysler, Dieter Zetsche à réduire les coûts par tous les moyens depuis sa nomination le 1er janvier. Après avoir supprimé près de 26.000 emplois aux Etats-Unis entre 2000 et 2005 quand il dirigeait Chrysler, il a imposé à l'automne dernier 8.500 départs supplémentaires chez Mercedes en Allemagne.
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