Ford s'allège de 30 000 emplois

le 24 janvier 2006 à 10h07 , mis à jour le 24 janvier 2006 à 15h48

Les restructurations se poursuivent dans l'automobile aux Etats-Unis. Après General Motors, c'est au tour de Ford de réduire drastiquement ses effectifs. Il a annoncé lundi qu'il allait supprimer 30 000 postes d'ici à 2012.

Ford motor group enseigne usine automobile usa (AFP) © INTERNE

Ford, deuxième constructeur automobile américain, troisième mondial, a annoncé lundi jusqu'à 30.000 suppressions d'emplois ouvriers en Amérique du Nord et des capacités réduites d'un quart. Les chiffres correspondent globalement à ce qui était attendu, d'après des fuites dans la presse ces deux derniers mois, mais l'annonce de la restructuration a été bien accueillie à Wall Street.

"L'emploi dans les usines sera réduit de 25.000 à 30.000 personnes sur la période 2006-2012, sans compter les réductions de personnels salariés (par opposition aux ouvriers payés à l'heure, NDLR) et dans les rangs des cadres dirigeants", a précisé le constructeur dans un communiqué. Les nouvelles suppressions d'emplois n'incluent pas les 4.000 postes salariés dont Ford avait annoncé la suppression l'été dernier. Ceux-ci doivent disparaître au 1er trimestre 2006, et d'ici à fin mars le groupe aura aussi réduit de 12% le nombre de ses cadres, a-t-il ajouté.

Concurrence asiatique

Côté usines, les capacités de production seront réduites de 26% d'ici à 2008. La majorité des fermetures de sites (14 usines concernées, totalement ou partiellement, dont au moins deux au Canada) doit intervenir dans les deux ans à venir. Le retour à la rentabilité des activités automobiles en Amérique du Nord --déficitaires de 1,6 milliard de dollars avant impôts en 2005-- doit intervenir "pas plus tard qu'en 2008", a insisté le groupe.

Le groupe Ford, né il y a plus de 100 ans dans les faubourgs de Detroit (nord), berceau américain de l'automobile, traverse une crise profonde sur ses propres terres. Sa gamme très fournie en 4x4 et pick-ups --les véhicules les plus rentables mais aussi les plus gourmands en carburant-- subit la concurrence croissante des petites berlines asiatiques, d'autant plus prisées que l'essence est chère. Pour justifier cette nouvelle restructuration d'ampleur --la dernière en date remonte à 2002--, le PDG Bill Ford a souligné que le marché nord-américain devenait "rapidement aussi peuplé et fragmenté" que ceux des autres grandes régions du monde.General Motors (GM), grand rival touché par les mêmes maux, avait annoncé également 30.000 suppressions d'emplois en novembre dernier, soit un sixième de ses effectifs nord-américains.

DailerChrysler va supprimer 6000 postes d'ici trois ans

Le groupe automobile germano-américain DaimlerChrysler a annoncé mardi qu'il allait supprimer environ 20% de ses effectifs dans l'administration d'ici trois ans, soit près de 6.000 postes dans le monde. Ce plan social, ajouté à d'autres mesures déjà prises chez DaimlerChrysler devraient lui permettre de réduire les coûts dans l'administration de 1,5 milliard d'euros par an, soit un effet net positif de 1 milliard d'euros. Ces suppressions d'emplois coûteront au total près de 2 milliards d'euros à DaimlerChrysler sur la période 2006-2009. Dans le détail, le constructeur va centraliser l'ensemble de ses services administratifs, à savoir les Finances, le contrôle interne, les ressources humaines et la stratégie. Ce nouveau plan social confirme la détermination du nouveau patron de DaimlerChrysler, Dieter Zetsche à réduire les coûts par tous les moyens depuis sa nomination le 1er janvier. Après avoir supprimé près de 26.000 emplois aux Etats-Unis entre 2000 et 2005 quand il dirigeait Chrysler, il a imposé à l'automne dernier 8.500 départs supplémentaires chez Mercedes en Allemagne.

le 24 janvier 2006 à 10:07
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6 Commentaires

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  • Jo, le 24/01/2006 à 15h00

    "l'annonce de la restructuration a été bien accueillie à Wall Street". Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Il faut maintenant décider à qui on veut faire plaisir: aux quelques dixaines de millionnaires/actionnaires ou aux dixaines de miliers de salariés qui les engraissent? Cette situation est de moins en moins tenable et j'espère que les "nantis" s'en rendront compte avant que leur têtes ne se banlancent au bout d'une pique.

  • Alain Kadlec, le 24/01/2006 à 14h50

    "Les temps changent, l'automobile aussi"...C'est FIAT en 1969 qui avait lancé ce slogant lors du lancement de la 128. Malheureusement GM, Ford et dans une moindre mesure Chrysler, n'on jamais voulu reconnaitre les changements qui pointaient à l'horizon. Les derniers "salons de l'auto" américains étaient plutot des "salon du camion". A vouloir vendre des trucks à tout le monde on fini par avoir des problèmes. La "voiture de l'année 2006" aux USA c'est la Honda Civic...HYBRIDE! et non un énieme 4X4 géant qui fait du 35 litres au 100 Km. Too bad pour GM et Ford qui du haut de leurs gigantesques tours d'ivoire de Detroit ne pouvait pas manquer de voir le vent tourner...Manque de vison, manque de lucidité et gestion nombriliste...Moi, je roule en japonaise depuis longtemps; la qualité et la fiabilité sont au rendez-vous ainsi que l'économie d'usage.

  • Gérard, le 24/01/2006 à 13h32

    Ouais ! Aujourd'hui l'automobile américaine, demain la française, on ne parle déja plus de la britanique , quant à l'espagne..Ce qui se passe ici est le prémice de grands boulversements à venir dans tous les domaines.Quand notrepays sera peuplé de chomeurs, il n'y aura meme plus de création richesse pour payer les retraites.Et ce n'est pas sur l'apport des radards qu'il faudra compter. Moi , BOF, tout ça me dégoucte, je décroche...

  • Jmo, le 24/01/2006 à 11h46

    Comment peut-on "s'alléger" d'emplois ?... un homme est-il réellement un fardeau pour un autre homme ?... disons que celui qui perd son emploi s'allège de son compte en banque ... celui qui licencie augmente le sien... merci de me publier.

  • Patrick, le 24/01/2006 à 11h28

    Bonjour les temps changent l'automobile aussi comme disait une grande marque francaise

  • Valentin, le 24/01/2006 à 11h08

    A vouloir vendre des bulldozers a tout le monde, on se mord les doigts quand les prix du petrole augmentent... maintenant ils vont payer les frais car l'essence ne baissera pas et ils n'ont pas depense assez d'argent pour fabriquer des voitures plus economiques... c'est l'arroseur qui se fait arroser...

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