© DRLa consommation des ménages a baissé de 1% en décembre. Comment faut-il interpréter cette forte baisse ?
Nicolas Bouzou (1) : Il y a effectivement eu un ralentissement de la consommation en décembre et même si l'on considère l'ensemble du quatrième trimestre, la consommation n'augmente que de 0,2% alors qu'elle avait été très dynamique au troisième trimestre avec une hausse de 2%. Je ne m'affole cependant pas pour les chiffres de décembre car ils sont tirés vers le bas par la consommation de textile qui a fortement baissé. C'est sans doute un phénomène d'attente des soldes de janvier. Les gens ont différé leurs achats et je pense que cette baisse devrait être rattrapée par un bon mois de janvier.
Hormis le textile, la consommation reste donc à un bon niveau ?
N.B : Oui, les dépenses en automobiles et équipement de la maison restent fortes. Elles sont en hausse de 1,1% pour le secteur automobile en décembre et de 1,7% pour l'équipement de la maison, c'est-à-dire l'électroménager, les meubles et la Hi-fi.
Les relatifs mauvais chiffres de décembre vont-ils pénaliser la croissance 2005 ?
N.B : Le quatrième trimestre sera moins bon que le précédent où la croissance a été de 0,7%. Selon mes calculs, la croissance au quatrième trimestre devrait atteindre 0,4% ce qui, sur l'ensemble de l'année 2005, nous donne une croissance de 1,7%. C'est moins bon que ce qui était prévu.
Longtemps, la consommation des ménages a soutenu la croissance française, y a-t-il des raisons de s'inquiéter ?
N.B : Tout ce qui soutient habituellement la croissance, revenus des ménages, faible inflation, sont bien orientés pour 2006. Je ne vois donc pas pourquoi il y aurait un essoufflement ; le taux de chômage est en baisse, les salaires s'améliorent un peu, l'inflation est basse, certains prix baissent...
Un effondrement du marché immobilier pourrait cependant avoir un impact important.
N.B : Certes mais nous voyons davantage un atterrissement des prix de l'immobilier en douceur plutôt qu'un krach, et ceci même si les prix sont surévalués. Les prix à la vente augmentent plus vite que les loyers ce qui veut dire que la personne qui achète pour faire un investissement gagne moins d'argent qu'avant. Son investissement est moins rentable et ceci devrait se corriger. Mais sans chute du marché selon nous.
(1) Nicolas Bouzou est directeur des études économiques chez Xerfi, cabinet d'études et d'analyses économiques
Photo : une rue de Lyon en décembre au moment des achats de Noël
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