© AFPVotre homologue de la Capeb (entreprises du bâtiment) laisse entendre que la France pourrait sacrifier sa revendication de TVA à 5,5% pour la restauration afin de la conserver dans le domaine du bâtiment.
André Daguin (1) : Ecoutez, Jacques Chirac, Thierry Breton, Renaud Duteril, tous nous ont affirmé que nous obtiendrions la TVA à 5,5%. S'ils n'honoraient pas leur engagement, ce serait scandaleux. Le gouvernement se bat, je le sais, mais un gars qui se bat fort et ne gagne jamais, c'est qu'il n'est pas bon. Sous la présidence luxembourgeoise, M.Juncker avait proposé un compromis avec un test pendant 10 ans dans le secteur de l'hôtellerie pour les pays qui le souhaitaient. Est-ce que vingt-quatre pays vont se faire mener en bateau par le seul pays qui est contre, l'Allemagne, et qui veut faire la loi en France ?
L'Allemagne peut-elle y être favorable almors qu'elle cherche elle-même à augmenter son taux de TVA de 16% à 19% dans la restauration ?
A.D : Elle ne serait pas obligée de l'appliquer chez elle, même si, à mon avis, ce serait une bonne chose. C'est optionnel. Et ne me dites pas qu'il y a un problème de concurrence : si je vous invite au restaurant, je ne vais pas hésiter entre Berlin et Paris.
Avant le conseil Ecofin de mardi où les 25 doivent aboutir, est-ce lors de la réunion entre Thierry breton et son homologue allemand jeudi à Berlin que tout va se jouer ? Et avez-vous encore des raisons d'espérer ?
A.D : Je n'ai pas un peu d'espoir, j'en ai beaucoup. Et ça se joue jeudi à Berlin entre Thierry breton et son homologue allemand mais aussi aujourd'hui (mercredi, ndlr) entre Villepin et Merkel, lundi prochain lors de la rencontre informelle entre Chirac et la chancelière.... Et s'ils tombent d'accord avant le conseil Ecofin de mardi, ils ne le diront certainement pas. J'au été reçu lundi dernier à l'Elysée et on m'a dit que la France luttait toujours aussi énergiquement pour obtenir cette TVA réduite pour les restaurateurs.
Thierry Breton a pourtant laissé entendre mardi que les discussions étaient difficile avec l'Allemagne.
A.D : Oui, certains disent aussi que c'est un paravent facile pour le ministre des Finances, une façon de dire, ce n'est pas de ma faute si ça ne marche pas. Ca coûterait en effet 1,8 milliard d'euros à l'Etat (en manque à gagner de recettes de TVA, ndlr) mais si notre secteur obtient cette mesure, 40 000 emplois seront créés, la sixième semaine de congés payés sera acquise, les jours fériés aussi... Et si la restauration ne l'a pas, le bâtiment ne l'aura pas non plus car n'importe qui pourrait déposer un recours pour inégalité. Lorsque le bâtiment l'a obtenu en 1999, le secteur de la restauration n'a rien dit, nous nous sommes réjouis. Je remarque que les socialistes avaient promis une TVA à 5,5% dans le bâtiment, ils l'ont fait. La droite l'a promis pour la restauration, le fera-t-elle ?
Photo : (1) André Daguin, président de l'UMIH (Union des métiers et de l'industrie de l'hôtellerie) qui revendique 80 000 adhérents.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




