© INTERNEtf1.fr : Les Français semblent plutôt confiants dans le plan exposé jusqu'à présent par le gouvernement. Vous à la CFDT, sentez-vous naître une inquiétude chez les salariés ?
Jean-Pierre Bompard, délégué confédéral Energie, environnement et développement durable : La France a sans conteste un plan, public et plutôt en avance par rapport aux autres pays de l'Union européenne. Mais, l'apparition de cas humains de la maladie en Turquie, aux portes de l'Europe, et les informations parfois contradictoires en provenance de l'OMS ou de la FAO, ont sans conteste ravivé une inquiétude dans la population. Nous, syndicats, sommes interpellés par notre base. Il faut aussi préciser notre position par rapport à nos voisins européens. Allons-nous leur fournir des antiviraux ou des masques s'ils en font la demande ? Répondre par la négative n'est pas une position tenable. Mais cela ne va-t-il pas réduire l'efficacité de notre plan ? Le gouvernement doit trancher.
tf1.fr : Vous considérez-vous suffisamment informés par le gouvernement ?
J.-P. B. : Non. La CFDT a relancé par courrier les diverses autorités du gouvernement impliquées dans la gestion de ce dossier, à savoir le ministre de la Santé, celui de l'Agriculture et celui des Affaires étrangères. Les partenaires sociaux avaient été informés avant Noël par le ministère de l'Agriculture. Nous nous étions convenus de mettre en place quelque chose au cas où se poserait un problème lié à l'épizootie. Ce quelque chose n'a pas vu le jour. Nous souhaiterions être informés de la même manière que l'ont été mercredi les membres de la mission parlementaire par le ministre de la Santé, Xavier Bertrand. Nous voudrions aussi rencontrer le ministre de la Santé. Il n'y pas de "secret défense" en la matière. Nous voudrions aussi savoir qui, des trois ministres, est le vrai pilote ?
tf1.fr : De nombreuses entreprises se préparent et préparent leurs salariés aux divers risques, des plus bénins aux plus tragiques, liés à la grippe aviaire. Quelle est la position de la CFDT ?
J.-P. B. : C'est à la fois une bonne chose et aussi porteur de déséquilibres et d'inégalités. Celles qui peuvent financièrement et qui anticipent un rôle stratégique ont une démarche positive. Mais cette dernière doit être coordonnée par la puissance publique pour éviter que les entreprises de faible surface financière ne puissent être à la hauteur des enjeux. Devant une catastrophe sanitaire sans précédent et donc sans culture dans notre pays, il doit y avoir en lien avec l'État, une coordination réelle de tous les acteurs sociaux. A ce jour et devant les incertitudes de prise en charge, la publicité n'est pas du ressort de chacun.
tf1.fr : Qu'attendez-vous concrètement du gouvernement ?
J.-P. B. : La parole publique est indispensable. Le gouvernement doit au plus tôt préciser la déclinaison de son plan, dans le respect du tripartisme, c'est-à-dire en consultant les syndicats. Le plan doit être précisé secteur par secteur par des accords négociés avec les partenaires sociaux, en commençant par les hôpitaux et les filières les plus exposées. Mais on ne peut pas se tenir à cela, car une crise bouleverserait la vie de tas de salariés. La décentralisation de la réflexion est également indispensable et les collectivités territoriales doivent venir autour de la table. Et il faut faire cela vite. La grippe aviaire, c'est l'actualité. Nous sommes dans l'urgence.
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