© INTERNEIl y avait déjà Depardieu, Besson... il y aura désormais Johnny Hallyday. La rock-star a franchi le pas et investit à son tour dans le vin - plus précisément dans les AOC Coteaux du Languedoc. Il connaît bien la région, dont sa femme est originaire... Mais quand Johnny se lance dans le vin, l'opération ressemble à ses spectacles. Vedette du show-business, le chanteur a déjà tout prévu pour que le succès soit au rendez-vous.
Johnny Hallyday : Belge avant fin mars ?
Le chanteur aurait obtenu le feu vert des autorités belges pour obtenir la nationalité du pays de naissance de son père, selon Le Parisien.
Publié le 13/02/2007
Pour le lancement proprement dit, une opération exceptionnelle est prévue à Paris début mars, à laquelle assisteront diverses célébrités, outre Johnny Hallyday lui-même. Derrière, la mécanique commerciale est en place. Une société a été créée, Hallyday Wines Diffusion, associant le chanteur à Roger Santa - un ami de longue date, propriétaire du domaine Saint-Martin-d'Aumes, ancien dirigeant d'Heineken Cup et de la filiale d'Heineken spécialisée dans la distribution de boissons dans les cafés, hôtels et restaurants, France-Boissons. La commercialisation de la marque, encore confidentielle, mais dont on sait déjà qu'elle sera déclinée en trois couleurs, se fera logiquement dans les cafés, hôtels et restaurants ainsi que dans la grande distribution. Johnny s'est aussi adjoint les services de deux des œnologues les plus reconnus de France Boissons, André Reboul et Roland Duvernay.
Interrogations sur les retombées économiques
Cette arrivée de Johnny à grand renfort publicitaire est vue d'un bon œil par les viticulteurs de la région. Aimé Guibert, propriétaire et fondateur du Daumas Gassac, connu pour son franc-parler et pour avoir fait trébucher les ambitions du géant mondial du vin, Mondavi, s'enthousiasme. "Bravo ! Le type est sympa, génial, il est d'une gentillesse évidente, il est populaire, chouette, chaleureux avec les gens... Il n'a qu'un défaut, c'est d'être aimé du président de la République. Et il a raison de venir, le Languedoc, c'est la mine d'or de demain. Bien sûr, il ne sauvera pas tout le monde, mais c'est un facteur très positif."
René Moreno, président des caves coopératives de Montagnac, président de l'interprofession des vins de table et de pays (et qui, accessoirement, a bien connu le beau-père de Johnny dans sa jeunesse), est un brin plus modéré. "Ce n'est pas une mauvaise initiative, il faudrait être de mauvaise foi pour dire le contraire, concède-t-il. Quand quelqu'un qui a la réputation de Johnny Hallyday s'intéresse aux vins du Languedoc-Roussillon, ça ne peut qu'apporter de la notoriété. Mais en ce qui concerne les retombées économiques, là, c'est un point d'interrogation."
"Une goutte d'eau dans la mer"
Car la seule arrivée de Johnny Hallyday ne suffira pas à sortir la profession du marasme. Et René Moreno de détailler : "toute la viticulture est en crise. Aujourd'hui, des Bordeaux se vendent à un euro la bouteille dans la grande distribution, le Bordelais a cassé son image en faisant n'importe quoi pour produire plus, en plantant des vignes dans des prés à vaches, qui n'avaient rien à voir avec des terres à vin... Et ça a des répercussions sur tous les viticulteurs, car Bordeaux est la locomotive du secteur : tout le monde subit le contrecoup de la baisse des prix et de la qualité des Bordeaux. La grande distribution et certaines catégories de négociants spéculent à la baisse et font de la marge sur le dos des producteurs. Nous avons des vins de qualité dans le Languedoc-Roussillon, mais nous manquons de véritables entreprises capables de commercialiser des volumes importants et nous ne sommes pas suffisamment adaptés au marché international. L'arrivée de Johnny Hallyday peut bien sûr contrebalancer un peu ce problème d'image - mais c'est une goutte d'eau dans la mer. Il en faudrait beaucoup comme lui..."
Des attentes que résume Bernard Augé, directeur adjoint de la fédération des caves coopératives de l'Hérault : "on a besoin de gens qui se lancent comme lui. A condition que ce soit une démarche gagnant-gagnant, pour les producteurs comme pour Johnny Hallyday. Je suppose que, profitant de la notoriété, le vin sera acheté un bon prix au producteur - alors qu'actuellement, il est plutôt vendu en-dessous du prix de revient. Mais si c'est pour vendre 10.000 bouteilles ou faire le même coup que Depardieu, qui a acheté quelques terrains à Aniane et a spéculé, ça ne nous aidera pas."
Photo d'ouverture : archives
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