
Réactions politiques :
- François Hollande (PS) : "Ce qui est en cause c'est l'éclatement du droit du travail selon les catégories et les âges (...) Le contrat première embauche "sera de toutes manières un contrat dérogatoire au droit du travail, c'est-à-dire un sous-contrat, un sous-salaire, une sous-sécurité, mais une vraie précarité".
- Emile Zuccarelli (PRG) : "Le Premier ministre semble croire que c'est en supprimant les règles les plus élémentaires du droit du travail que notre pays renouera avec les emplois. Il se sert des jeunes comme cobayes de sa politique de flexibilité totale affichant le principe qu'ils seraient la variable d'adaptation de la profitabilité boursière".
- Martine Billard (Verts) : le "contrat première embauche" est "le dernier né de la famille à précariser toujours plus le travail. Ne nous y trompons pas, la prochaine étape sera la période d'essai de deux ans pour tous".
- Alain Bocquet (PCF) : "le gouvernement traite les jeunes au rabais". "Sous prétexte de sortir les jeunes de la trappe de la précarité, le gouvernement les traite comme les travailleurs de seconde zone" et "cautionne le recours massif des employeurs aux stages et aux petits boulots".
- La Ligue communiste révolutionnaire (LCR) condamne une "nouvelle agression contre les jeunes et le monde du travail menée conjointement par Villepin, Sarkozy et le Medef": "Le monde du travail doit s'opposer à la politique du gouvernement, sans attendre 2007, par des mobilisations interprofessionnelles, par la grève".
- Arlette Laguiller (LO) : "Le gouvernement s'apprête à légaliser dans les entreprises l'utilisation d'une main d'oeuvre jeune, largement sous payée. Nos gouvernants manquent décidément beaucoup d'imagination, car depuis plus de vingt ans, tous les gouvernements ont prétendu lutter contre le chômage en offrant au patronat des réductions de charges sociales... que celui-ci empoche évidemment, mais sans créer un seul emploi supplémentaire".
- Josselin de Rohan (UMP) : "La réforme globale du contrat de travail, la réforme du financement de la Sécurité sociale, celle du régime des heures supplémentaires, démontrent que le Premier ministre et le gouvernement entendent mener une action durable et approfondie, pour permettre à la France de concilier la nécessaire sécurisation des salariés avec la recherche de la compétitivité et le renforcement de notre économie."
- Philippe de Villiers (MPF) : "Les annonces faites par le Premier Ministre pour stimuler l'emploi des jeunes sont une fois de plus, des 'mesures poudre aux yeux', qui repoussent le problème au lendemain de la présidentielle. En effet, que ce soient les allègements provisoires de charges ou les contrats temporaires, il s'agit toujours d'emplois subventionnés par l'Etat pour une durée limitée".
Fédérations, syndicats...
- Bernard Thibault (CGT) dénonce "une nouvelle étape de déréglementation profonde du droit du travail. Cette déréglementation ne s'arrêterait pas là puisque le Premier ministre veut discuter d'une 'réforme globale du contrat de travail' et des protections juridiques en cas de licenciement qui seraient réduites pour favoriser une rupture 'négociée' entre le salarié et son employeur".
- La Fédération syndicale unitaire (FSU, premier syndicat de la Fonction publique d'Etat) dénonce une "généralisation de la précarité pour les jeunes".
- Christine Dupuis (Union nationale des syndicats autonomes) : "A l'Unsa, nous sommes très, très dubitatifs, et nous désapprouvons l'introduction du CPE. Nous craignons que ce contrat ne soit qu'un prélude à une généralisation du CNE pour toutes les entreprises et toutes les catégories de salariés".
- Le mouvement patronal libéral français Ethic (Entreprises de taille humaine indépendantes et de croissance) estime que la création d'un contrat de travail pour les jeunes réduit les chances d'embauche pour les plus de 50 ans. "Qui recrutera un collaborateur plus cher parce que plus âgé, dont on ne pourra pas se séparer facilement si l'entreprise est en danger (alors qu'on peut avoir un jeune moins cher sans charges sociales ?)", s'interroge l'organisation.
- L'organisation patronale CroissancePlus (entreprises innovantes) salue une "double avancée" qui contribue à "lutter contre le chômage endémique qui touche les jeunes" et à "adapter le Code du travail aux règles économiques qui gouvernent les entreprises".
- Jean-François Roubaud, président de la CGPME (Confédération générales des petites et moyennes entreprises) se félicite de voir le gouvernement "privilégier la relance de l'emploi plutôt que l'assistance".
- L'organisation étudiante Fage regrette lundi que "la précarisation" de l'emploi avec le contrat nouvelle embauche (CNE) ait été étendue "aux jeunes par l'intermédiaire des contrats première embauche (CPE)".
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