
Chute, atterrissage ou hausse modérée ? Tandis que les nouveaux acquéreurs s'inquiètent du bien-fondé de leur achat, les éventuels candidats à la propriété pourraient être tentés d'attendre. Car, selon les chapelles, les sons de cloches diffèrent. En début de semaine, le directeur général du groupe de presse immobilière "De particulier à particulier", estimait qu'une baisse de 30 à 40% des prix de l'immobilier dans les cinq ans à venir était tout à fait possible. En cause, des prix beaucoup trop élevés par rapport aux revenus des Français. Et même si cela ne se voit pas encore, le retournement est déjà amorcé et "il y a moins de ventes", selon Jean-Michel Guérin. "Si on veut spéculer, ce n'est pas le moment d'acheter" et "si on veut faire un investissement locatif, il faut faire très attention au choix et au montage financier". Quant à celui qui veut vendre son bien immobilier, il a intérêt à le faire "tout de suite".
Les taux d'intérêts ont encore compensé
Sentiment moins pessimiste du côté de la profession. La Fédération nationale de l'immobilier (FNAIM) a souligné jeudi qu'après une hausse vertigineuse de 62,9% en 4 ans, les prix de l'immobilier commencent à se stabiliser en France. En 2005, les prix de l'immobilier ancien ont augmenté de 10,3% en 2005 contre 15,5% en 2004. La Fnaim relève cependant un ralentissement "très sensible depuis un an". "Et on peut s'attendre à une poursuite du ralentissement en 2006 avec une hausse de l'ordre de 6 à 7%", a commenté Michel Mouillart, professeur d'économie à Paris X Nanterre.
En 2005, "le tassement n'a toutefois pas été aussi net qu'attendu car la nouvelle baisse des taux d'intérêt a compensé la nouvelle hausse des prix", a souligné de son côté Olivier Eluère, économiste au Crédit agricole. Aussi, la variable des taux d'intérêt sera-t-elle essentielle en 2006, selon M. Eluère.
Intentions d'endettement
En outre, si la hausse constatée ces dernières années n'a tenu à l'écart aucune région de France, le ralentissement n'est pas général avec de fortes disparités selon les régions et les villes. Ainsi les prix de l'immobilier dans le sud de la France, à Biarritz, Marseille ou Nice, ont enregistré des hausses de respectivement +10%, +10,2% et +10,5%, qui restent modérées comparées aux progressions spectaculaires dans les villes jusqu'ici moins recherchées, plus au nord, comme Brest (+23,8%), Nantes (+16,5%), Caen (+16,2) ou encore Strasbourg (+15,5%).
A Paris, on retrouve ces fortes disparités selon les arrondissements : la hausse s'est tassée pour les arrondissements chers avec +2,5% pour les 5e, 6e et 7e, contre +12,9% pour le 20e par exemple. Le prix au m² moyen s'y établit désormais à 5.559 euros contre 2.789 euros à Marseille, 2.689 euros à Lyon et 1.974 euros à Dijon. Si le marché va continuer de ralentir sa hausse, 2006 sera néanmoins une année en progression car les intentions d'endettement des ménages sont "encore meilleures que celles de 2005 en dépit de l'allongement de la durée des crédits", poursuit Michel Mouillart.
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