Immobilier : enfin la baisse ?

Par S.L avec AFP, le 05 janvier 2006 à 15h32 , mis à jour le 05 janvier 2006 à 16h24

Même si les prix de l'immobilier ont en moyenne progressé de 10% en 2005 selon la Fnaim, les arguments ne manquent pas en faveur d'une baisse du marché. Certains professionnels parlent même d'une baisse de 30% à 40% des prix d'ici 5 ans.

immobilier immeuble parisien

Chute, atterrissage ou hausse modérée ? Tandis que les nouveaux acquéreurs s'inquiètent du bien-fondé de leur achat, les éventuels candidats à la propriété pourraient être tentés d'attendre. Car, selon les chapelles, les sons de cloches diffèrent. En début de semaine, le directeur général du groupe de presse immobilière "De particulier à particulier", estimait qu'une baisse de 30 à 40% des prix de l'immobilier dans les cinq ans à venir était tout à fait possible. En cause, des prix beaucoup trop élevés par rapport aux revenus des Français. Et même si cela ne se voit pas encore, le retournement est déjà amorcé et "il y a moins de ventes", selon Jean-Michel Guérin. "Si on veut spéculer, ce n'est pas le moment d'acheter" et "si on veut faire un investissement locatif, il faut faire très attention au choix et au montage financier". Quant à celui qui veut vendre son bien immobilier, il a intérêt à le faire "tout de suite".

Les taux d'intérêts ont encore compensé

Sentiment moins pessimiste du côté de la profession. La Fédération nationale de l'immobilier (FNAIM) a souligné jeudi qu'après une hausse vertigineuse de 62,9% en 4 ans, les prix de l'immobilier commencent à se stabiliser en France. En 2005, les prix de l'immobilier ancien ont augmenté de 10,3% en 2005 contre 15,5% en 2004. La Fnaim relève cependant un ralentissement "très sensible depuis un an". "Et on peut s'attendre à une poursuite du ralentissement en 2006 avec une hausse de l'ordre de 6 à 7%", a commenté Michel Mouillart, professeur d'économie à Paris X Nanterre.

En 2005, "le tassement n'a toutefois pas été aussi net qu'attendu car la nouvelle baisse des taux d'intérêt a compensé la nouvelle hausse des prix", a souligné de son côté Olivier Eluère, économiste au Crédit agricole. Aussi, la variable des taux d'intérêt sera-t-elle essentielle en 2006, selon M. Eluère.

Intentions d'endettement

En outre, si la hausse constatée ces dernières années n'a tenu à l'écart aucune région de France, le ralentissement n'est pas général avec de fortes disparités selon les régions et les villes. Ainsi les prix de l'immobilier dans le sud de la France, à Biarritz, Marseille ou Nice, ont enregistré des hausses de respectivement +10%, +10,2% et +10,5%, qui restent modérées comparées aux progressions spectaculaires dans les villes jusqu'ici moins recherchées, plus au nord, comme Brest (+23,8%), Nantes (+16,5%), Caen (+16,2) ou encore Strasbourg (+15,5%).

A Paris, on retrouve ces fortes disparités selon les arrondissements : la hausse s'est tassée pour les arrondissements chers avec +2,5% pour les 5e, 6e et 7e, contre +12,9% pour le 20e par exemple. Le prix au m² moyen s'y établit désormais à 5.559 euros contre 2.789 euros à Marseille, 2.689 euros à Lyon et 1.974 euros à Dijon. Si le marché va continuer de ralentir sa hausse, 2006 sera néanmoins une année en progression car les intentions d'endettement des ménages sont "encore meilleures que celles de 2005 en dépit de l'allongement de la durée des crédits", poursuit Michel Mouillart.

Par S.L avec AFP le 05 janvier 2006 à 15:32
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5 Commentaires

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  • David Vincent, le 05/01/2006 à 17h32

    Après la dette publique de l'Etat, pensez vous aussi a bien vous endetter jusqu'au cou (et même au-dela !) pour les 30 prochaines années. Comptez sur vos fulgurantes augmentations de salaire (s'il en reste un !) pour effacer l'ardoise. Dommage parce que avec 1.9 enfants / femme il n'y aura plus grand monde pour vous racheter votre bien dans quelques années et A QUEL PRIX ? (cf l'Allemagne ou le Japon) Sinon vous pouvez attendre tranquillement que la correction (méritée) du marché immobilier arrive...

  • Mojorisin, le 05/01/2006 à 17h31

    Ce qui est surtout inquiétant c'est le nombre de logements défiscalisés de type "Robien" qui se sont construits un peu partout, y compris dans des zones où la demande est quasi-inéxistante. Sans compter le marché locatif "traditionnel" qui, de par des tarifs souvent prohibitifs tout comme les garanties demandées, font que le taux de vacances augmentent considérablement, grignotant ainsi doucement mais sûrement les rendements locatifs qui sont déjà peu ou proue similaires à une bonne assurance-vie. Pour ce qui est du lobbying intensif menée par les pro et les anti bulle, l'info se mêle à l'intox avec le jeu bien connu des statistiques mathématiques que chacun triture à sa façon selon le sens du message à faire passer. Seule certitude : tous les signaux sont au rouge!

  • Abdel, le 05/01/2006 à 17h21

    Enfin un article qui fait chaud au coeur, je sent que je vais devoir patienter encore 1 à 2 ans avant de bien acheter, je ne suis pas pressé surtout dans ce genre de décision.

  • Lo-Ran, le 05/01/2006 à 17h07

    J'espère que le marché ne se retournera pas avant 2007, année pendant laquelle je tenterai de vendre mon bien au plus haut de préférence ;)

  • Thierry, le 05/01/2006 à 17h03

    Je pense que le type de la Bourse de l'immobilier a fait son annonce car il manque de biens à vendre et en faisant peur aux propriétaires pour qu'ils mettent en vente aujourd'hui. Les agents immobiliers n'ont que peu d'intérêts à voir les prix élevés, il vaut mieux faire plus de transactions même si les prix sont un peu plus bas. Jene vois pas de baisse s'amorcer, une stagnation OK, mais -30 à -40% c'est un mensonge.

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