© INTERNE"Le personnel en a assez des nouvelles confirmées, puis infirmées. Il est excédé d'être informé sur son avenir par voie de presse", résume, amer, Patrice Wilhelm, secrétaire du comité d'entreprise et délégué CGT de Smart. L'annonce parue lundi dans un quotidien économique selon laquelle DaimlerChrisler aurait chargé une banque d'affaires américaine d'étudier les offres d'achat potentielles pour Smart est venue alimenter les craintes sur le site de Smart France, à Hambach en Moselle où travaillent 850 personnes.
Bien que démentie le jour même par un porte-parole du groupe, elle a sapé un peu plus le moral des salariés, ballottés depuis des mois entre rumeurs de cession et plan social. "Ils sont démotivés, viennent travailler parce qu'il faut bien payer les traites à la fin du mois", relève Patrice Wilhelm. En août dernier déjà, c'est par le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung qu'ils avaient appris que les fonds d'investissement de DaimlerChrysler, propriétaire de Smart, allaient "tout mettre en oeuvre" pour que le constructeur germano-américain ferme Smart. A l'époque, le tout nouveau patron du groupe, Dieter Zetsche, avait personnellement tenu à couper court à ces allégations en adressant une lettre rassurante aux salariés.
L'inquiétude était une nouvelle fois montée d'un cran parmi le personnel après l'annonce par la direction que la production serait arrêtée plusieurs semaines en 2006, notamment pour des périodes de formation en vue de la sortie du nouveau modèle. "Notre capital confiance est épuisé et malgré les démentis, nous sommes sûrs que quelque chose se trame", affirme Patrice Wilhelm qui rapporte que des représentants de Peugeot et de Renault sont venus à Smartville au cours de l'année passée.
Les mini-voitures de ville, qui n'ont jamais dégagé de bénéfices depuis leur lancement en 1998, auraient accumulé des pertes équivalentes à trois milliards d'euros, estiment les analystes. A l'usine mosellane, où sera produite à partir de 2007 le successeur de l'emblématique Fortwo, on compte beaucoup sur le lancement possible du nouveau modèle sur la marché américain. Si la morosité est le sentiment prédominant aujourd'hui à Smartville, personne n'envisage en revanche la disparition des petites citadines.
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