Marché de la musique : l'émergence du téléchargement

le 23 janvier 2006 à 17h00 , mis à jour le 23 janvier 2006 à 17h28

Alors que le nombre de disques vendus en 2005 est resté stable, les ventes numériques ont été multipliées par quatre. C'est surtout le téléchargement sur le téléphone mobile qui a profité de cette expansion.

Photo de CD dans un magasin de disque © INTERNE

2005 a été une année charnière pour le marché de la musique, entre le commerce traditionnel et la vente via téléphone mobile ou internet. Le nombre de disque vendu est resté stable mais le chiffre d'affaire des ventes en gros aux distributeurs a légèrement baissé (-2,6%). Cet écart entre la stabilisation des ventes en volume et leur baisse en valeur s'explique par la baisse du prix des disques au détail : -23% pour les singles et -15% pour les albums entre 2003 et 2005.

Mais la baisse du chiffre d'affaires des ventes en gros aux distributeurs a été quasiment compensée par le quadruplement des ventes numériques : 32,4 millions d'euros, 71% venant de la téléphonie mobile et 29% d'internet selon les chiffres dévoilés lors du Midem à Cannes par le Syndicat national de l'édition phonographique (SNEP).

Au détail (ventes en magasin), le chiffre d'affaires des ventes physiques (1,45 milliard d'euros) a baissé de 8,6% et celui du téléchargement sur internet (15,7 millions d'euros) a été multiplié par 5. 18,6 millions de titres ont été téléchargés sur internet cinq fois plus qu'en 2004. Un titre sur quatre et un album sur cent sont vendus en ligne.

"L'économie numérique est une réalité tangible"

"L'économie numérique est une réalité tangible", a commenté le président du SNEP, Gilles Bressand."Cette année, ça compense, on verra l'an prochain", a nuancé le président d'Universal Music France, Pascal Nègre. "Oui, c'est un moment charnière, mais une charnière ne dure pas qu'une année", a ajouté Jean-François Cécillon, le représentant du groupe britannique d'édition musicale EMI.

Cette conférence de presse annuelle a été l'occasion pour les producteurs de réaffirmer leur opposition au système de licence globale, vers lequel un premier pas avait été franchi fin décembre lors de l'examen par l'Assemblée nationale du projet de loi sur le droit d'auteur. Cela avait provoqué une levée de boucliers au sein de l'industrie. La licence globale permettrait d'échanger en toute légalité des fichiers, notamment musicaux, via les réseaux "peer to peer" (P2P) sur internet, contre versement d'une redevance.

le 23 janvier 2006 à 17:00
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