© DRLe ministre de l'Economie, Thierry Breton, a déclaré lundi après avoir reçu le PDG de Mittal Steel, Lakshmi Mittal, qu'"il n'y avait aujourd'hui aucun projet industriel sur la table" dans l'OPA lancée par Mittal sur le sidérurgiste européen Arcelor. Le ministre français a aussi jugé qu'il n'y avait "pas non plus d'information sur le fait que les cultures des deux groupes pourraient fonctionner et vivre ensemble" ni "aucune analyse pour savoir si le groupe qui pourrait résulter d'une telle opération pourrait avoir des systèmes de gouvernance compatibles". "Donc, n'ayant aucune information à ce stade, nous ne pouvions que réitérer nos plus vives préoccupations".
"L'industrie de l'acier est trop fragmentée, trop parcellaire mais nous n'achetons pas des usines pour les fermer", a déclaré dans la foulée Lakshmi Mittal lors d'une conférence de presse à Paris. "Nous sommes une société européenne, si les emplois européens doivent être protégés à l'avenir, c'est un bon moyen", a-t-il ajouté. M. Mittal a en outre indiqué qu'il comptait clôturer son OPA sur Arcelor au deuxième trimestre et réaffirmé que le groupe attendait 1 milliard de dollars de synergies par an dont 60% dès la première année.
"Pas de chevalier blanc"
Lakshmi Mittal, président du directoire du groupe sidérurgique Mittal, s'est dit prêt à discuter avec le groupe sidérurgique européen concernant son management. "Nous sommes ouverts à des discussions avec Arcelor concernant la structure du management et nous sommes ouverts à des discussions sur des administrateurs indépendants mais nous n'allons pas modifier notre offre", a déclaré lundi Lakshmi Mittal. Ce dernier rencontrera mercredi la commissaire européenne à la Concurrence, Neelie Kroes.
Le patron d'Arcelor Guy Dollé a lui aussi tenu une conférence en début d'après-midi, au cours de laquelle il a déclaré que "tout oppose" son groupe et Mittal Steel, en terme de gouvernance, de stratégie ou d'évolution boursière, et a qualifié l'OPA de Mittal d'"opaque, destructrice de valeur et menaçante pour les salariés". Interrogé par ailleurs sur les moyens dont dispose Arcelor pour s'opposer à cette OPA, Guy Dollé a précisé n'avoir "pas de discussion avec Nippon Steel", numéro trois mondial de l'acier, pour qu'il soit un "chevalier blanc". Dressant une série de comparatifs, il a estimé qu'Arcelor était une entreprise "réellement pluri-culturelle" alors que Mittal était contrôlé à 88% par une seule famille, qu'Arcelor réalisait un meilleur chiffre d'affaires et aussi une performance boursière supérieure. "Le modèle de Mittal est à bout de souffle" car ce groupe est à la tête d'entreprises "médiocres" et s'est constitué par "des achats de gré à gré dans des pays low costs", a-t-il ajouté.
Photo : Lakshmi Mittal, PDG du groupe homonyme à Paris
lors d'une conférence de presse lundi 30 janvier
Retour MYTF1
Chargement en cours...




