Un mois pour relancer l'emploi dans la restauration

le 24 janvier 2006 à 20h40 , mis à jour le 24 janvier 2006 à 22h05

Dominique de Villepin a rencontré mardi les représentants des restaurateurs, dont les espoirs de bénéficier d'une TVA réduite se sont envolés. Le Premier ministre a donné un mois aux ministres du Commerce et du Tourisme pour rechercher avec les professionnels des solutions "en vue de favoriser l'emploi" dans le secteur.

restaurant paris guides © INTERNE

La rencontre à Matignon entre Dominique de Villepin, Renaud Dutreil et Léon Bertrand, d'une part,  et les représentants du secteur de la restauration d'autre part, s'annonçait difficile, dans un contexte marqué par la déception de l'abandon des discussions sur la TVA à taux réduit pour la restauration. Tous se sont finalement donné le délai de la réflexion. Le Premier ministre a donné un mois aux ministres du Commerce Renaud Dutreil et du Tourisme Léon Bertrand pour rechercher avec les professionnels de la restauration des solutions "en vue de favoriser l'emploi" dans le secteur, a-t-il indiqué mardi dans un communiqué. Une nouvelle rencontre avec les restaurateurs aura lieu alors à Matignon. Et lors de la rencontre de ce mardi, le Premier ministre a réaffirmé "l'engagement de la France à oeuvrer au niveau européen en faveur de l'application d'un taux réduit de TVA dans la restauration".

Les ministres européens des Finances n'ont pas pris de décision mardi sur les services pouvant bénéficier d'un taux réduit de TVA dans l'UE, en raison de l'opposition de la République tchèque, de la Pologne et de Chypre. Le président Jacques Chirac avait admis lundi, après un entretien avec la chancelière allemande Angela Merkel, que la France avait peu de chances d'obtenir gain de cause à Bruxelles sur la restauration. "Le dossier de la restauration n'est pas clos", a cependant plaidé mardi Thierry Breton depuis Bruxelles, évoquant "une étude indépendante par la Commission européenne à l'horizon mi-2007 sur les bénéfices du taux réduit de TVA dans les services à haute intensité de main d'oeuvre, y compris la restauration".

"Mener un vrai combat pour l'emploi, les charges sociales mais aussi la TVA"

Quoi qu'il en soit, "nous avons un mois pour travailler d'arrache-pied pour essayer de sortir la profession de l'impasse dans laquelle elle est", a indiqué Didier Chenet, président du Syndicat National des Hôteliers, Restaurateurs, Cafetiers et Traiteurs (Synhorcat) à l'issue de la réunion de mardi à Matignon. Les restaurateurs, a-t-il rappelé, avaient promis la création de 40.000 emplois" grâce à la baisse de la TVA. "J'ai peur qu'il y en ai 10.000 qui passent à la trappe", a-t-il dit proposant de "mener un vrai combat pour l'emploi, les charges sociales mais aussi pour la TVA. Tout reste de mise et tout doit rester sur le métier", a-t-il insisté. "La volonté du gouvernement et la nôtre c'est de travailler vite et de concert".

"Cette réunion a été empreinte de réalisme", a déclaré Renaud Dutreil à la presse assurant que "quoiqu'il arrive, le gouvernement ne baissera pas les bras" sur la TVA à 5,5% dans la restauration, un secteur stratégique pour la France, notamment pour le tourisme. Le ministre du Commerce a rappelé la diversification du secteur. "Nous avons des entreprises qui sont au CAC 40, d'autres qui n'ont aucun salarié, d'autres à rentabilité forte, et d'autres à deux doigts du dépôt de bilan". Selon Renaud Dutreil, "la TVA à 5,5% c'est l'arbre qui a caché la forêt des réalités des d'entreprises de la restauration. Il faut travailler dans un esprit d'intérêt général, regarder la fiscalité, les charges sociales, les contraintes administratives, la nécessité d'investir, la transmission d'entreprises, la négociation avec les partenaires sociaux sur la revalorisation des métiers de l'hôtellerie et de la restauration..., a-t-il dit. Il s'agit, selon lui, de bâtir un "contrat de modernisation pour la restauration française".

Les restaurateurs ont signalé qu'une baisse unilatérale de la TVA n'était pas envisagée par le gouvernement et rappelé les 1,5 milliard d'euros d'aides octroyées en juillet 2004 à la profession "sur trois ans" soit "500 millions d'euros par an". Ils ont noté que face aux difficultés de la profession, il y avait "convergence" entre les différentes organisations syndicales. "S'il y a eu discorde, nous sommes tous unis pour faire front et trouver des solutions", a assuré M. Chenet. Le PS a dénoncé pour sa part, mardi soir, "les graves inconséquences et les gesticulations de la majorité" et "la démagogie de la droite" sur ce dossier. 

Photo d'ouverture : archives

le 24 janvier 2006 à 20:40
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

6 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Garibal, le 25/01/2006 à 10h58

    Encore et toujours des prommesses electorales que "l'on" ne pourra pas honorer, mais qui seront repportées bien sur aux prochaines elections ... encore.. comment est il possible que la classe politique francaise puisse encore espérer la confiance d'un electorat faisant figure de peau de chagrin...

  • Vastre, le 25/01/2006 à 09h50

    Monsieur de Villepin est un manageur d'exception : après avoir entourloupé les restaurateurs pendant 3 ans, il leur demande d'embaucher. Il vont sans doute se précipiter, ne serait-ce que pour le remercier de la TVA à 5,5 ! Si Daguin et sa clique le suivent, c'est qu'il a une énorme carotte dans sa poche, que nous, contribuables, devrons financer.

  • Herve, le 25/01/2006 à 01h20

    Pas facile d'appliquer les promesses mensongéres de Chirac n'est ce pas Mr De Villepin.... De plus les restaurateurs sont les premiers relayeurs de la pensée populaire...pas bon à l'orée 2007 tout ça !!!!!!!!!!

  • Thierry, le 24/01/2006 à 23h27

    Moi qui suis un petit restaurateur avec seulement un employé ,il y a encore 3 ans j embauchais 2 personnes pour la saison d été maitenant 0.je ne paye pas d impot normal car apres avoir tout paye charge ,tva ,imprunt,loyer,salaire,organic,circo ,assedic etc il ne m en reste plus assez pour que je paye des impot et comble de tout j ai meme toucher la prime pour l emploi!!!!!!!!!!!! qu on m explique la logique de tout ca?

  • Jacques, le 24/01/2006 à 22h26

    Je travaille dans la restauration et mon patron nous avait promis une augmentation de salaire de 10% si la TVA baissait. Pas de chance,cela ne passe pas, mais pourquoi ne pas inciter les patrons à augmenter les salaires de 10% comme promis un peu partout, mais en échange, ne pas taxer de charges la dîte augmentation et baisser les charges afin de compenser un peu ?

  • Bedin andré, le 24/01/2006 à 22h25

    A mon avis daguin à meme du déjeuner avec ses amis de l' ump

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience