Panique à la Bourse de Tokyo

le 18 janvier 2006 à 10h15 , mis à jour le 18 janvier 2006 à 10h34

Le scandale éclaboussant le populaire portail internet Livedoor a déclenché un vent de panique mercredi à Tokyo. La Bourse a été contrainte de fermer prématurément pour la première fois de son histoire.

[Expiré] [Expiré] Japon businessmen devant courbe en baisse bourse crise (AFP) © AFP

Face à l'énorme volume d'ordres qui menaçait de saturer le système informatique, le marché tokyoïte a décidé mercredi de suspendre toutes les opérations vingt minutes avant la clôture, alors que l'indice Nikkei plongeait de 2,94%. L'affaire Livedoor, un groupe jusqu'à présent adulé comme un modèle du dynamisme et du succès de la "nouvelle économie" au Japon, avait déjà fait dégringoler le Nikkei de 2,84% la veille, les investisseurs craignant une contagion du scandale à l'ensemble du secteur internet.

Tout a démarré lundi soir par une perquisition surprise au siège de Livedoor et au domicile de Takafumi Horié, le patron du portail internet, soupçonnés par le procureur de Tokyo d'avoir manipulé des cours boursiers en 2004 en diffusant de fausses informations relatives à l'acquisition d'une société. Selon la presse nippone, la justice suspecte également le groupe internet d'avoir falsifié son bilan en 2004 dans le but de dissimuler une perte et de faciliter l'achat d'une équipe de baseball professionnel. Des courriers électroniques accablants pour les dirigeants du groupe ont été découverts par les enquêteurs, affirment les médias.

Onde de choc

Une brutale descente aux enfers pour le très médiatique Horié, 33 ans, symbole autoproclamé d'une nouvelle génération de patrons nippons, tenues décontractées et méthodes "à l'américaine". Livedoor, société dont l'action avait été volontairement introduite à un prix très bas afin de séduire les petits investisseurs --et dont le cours évoluait largement en fonction des apparitions médiatiques de Horié-- a naturellement vu son titre s'effondrer à la Bourse de Tokyo. Pour la deuxième séance consécutive, aucune action Livedoor n'a trouvé preneur mercredi malgré un prix de vente proposé de 596 yens, soit 100 yens (le maximum légal) ou 14,37% de moins que son dernier cours de clôture lundi.

Surtout, l'éclatement de la "bulle Livedoor" a déclenché un mouvement de méfiance générale des investisseurs vis-à-vis des pratiques de gouvernance des sociétés japonaises dans leur ensemble. Ce qui a précipité une brusque correction de l'indice Nikkei, qui avait terminé 2005 sur un gain annuel phénoménal de plus de 40%.

le 18 janvier 2006 à 10:15
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6 Commentaires

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  • Citoyen, le 18/01/2006 à 19h36

    C'est marrant comme un probleme informatique a la bourse de Tokyo est de la faute des Americains et de la liberte. Ceux qui n'aiment pas l'argent ne sont pas obliges d'en avoir ou d'en vouloir (je suis preneur). Mais surtout, qu'ils ne me demandent rien, jamais.

  • Lolo, le 18/01/2006 à 19h11

    Pour quelques réactions venant de Paris (Les bobos regardent aussi TF1 ? ). Quand comprendrez-vous que la cupidité n'est pas dû à la société mais qu'elle est le fruit de la nature humaine. Dans quelle société la cupidité n'existe-t-elle pas ? Dans le merveilleux paradis de l'ex URSS ? Dans notre merveilleux modèle social français et son crédit lyonnais ? Arrêtez de croire en Rousseau ! Et arrêtez de laisser votre cerveau tomber dans cette facilité intellectuelle qui conduit à vous mentir à vous même et à vous auto-proclamer "honnête et bon". Désolé, je n'y crois pas !

  • Antoine, le 18/01/2006 à 18h35

    Et hop, comme d'habitude, on confond dans les commentaires liberalisme et capitalisme... faites vous donc une culture avant d'ouvrir la vanne

  • Mojorisin, le 18/01/2006 à 16h38

    A l'ouverture de Wall Street, le Nasdaq décroche lui aussi : -1.64% Gare à l'effet boule de neige si la tendance baissière devait se confirmer d'ici demain...

  • Laurent, le 18/01/2006 à 12h58

    Voilà où mène les méthodes "à l'américaine"; quand démocratie et libéralisme riment avec magouilles et ambition démesurée... Vivement que le modèle américain laisse la place à un autre, honnête, humain et centré sur autre chose que l'argent.

  • Dominique, le 18/01/2006 à 12h12

    D'où il se prouve encore une fois que le libéralisme engendre la cupidité et le mensonge. Encore les petits porteurs qui vont trinquer!

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