Les petits patrons plébiscitent le CNE

le 10 janvier 2006 à 11h32 , mis à jour le 10 janvier 2006 à 18h40

Près d'un petit patron sur trois qui a récemment embauché du personnel via un contrat nouvelle embauche affirme qu'il ne l'aurait pas fait sinon, selon un sondage Fiducial-Ifop publié mardi. Cependant, moins de la moitié comptent les garder à l'issue des deux ans.

Travail salarié pretexte © France télécom

Près d'un tiers des patrons de très petites entreprises, c'est-à-dire de moins de 20 salariés, ayant récemment embauché un salarié avec le contrat nouvelles embauches (CNE) affirment qu'ils ne l'auraient pas fait sans ce dispositif, selon un sondage Fiducial-Ifop publié mardi. 29% exactement. Parmi les contrats conclus, 60% sont des créations de postes et 40% des remplacements de personnel.

L'embauche sans le risque

Les 300 patrons interrogés disent avoir opté pour le CNE avant tout "pour embaucher sans prendre de risque si l'activité ralentit" (55%) et afin de "tester les compétences de la personne pendant plus longtemps" (51%). Autres motivations avancées : "éviter les contraintes du CDI en matière de licenciement" (46%) et celles du CDD (21%). Sur les personnes embauchées en CNE entre août et mi-décembre, 88% font toujours partie des effectifs de l'entreprise. Parmi les 12% d'employés ayant quitté l'entreprise, 52% l'ont fait de leur propre chef et 44% à la demande du chef d'entreprise, selon ce sondage.

Réponse intéressante, 87% des patrons de TPE disent souhaiter garder leurs salariés dans les trois prochains mois, mais seulement 43% pensent les engager définitivement à l'issue de la période de deux ans. Quant aux salariés concernés, 35% des personnes embauchées en CNE étaient déjà en poste dans l'entreprise. Les autres étaient "dans une situation précaire", dont 56% au chômage ou au RMI (revenu minimum d'insertion) et 40% en CDD ou en stage.

le 10 janvier 2006 à 11:32
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15 Commentaires

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  • Rito, le 10/01/2006 à 17h22

    A Anne: environ 50% disent qu'ils ne comptent pas conserver le CNE de leur salarié, cela fait donc une moitié qui seront conservé quand meme, c mieux qu'un CDD, non?

  • Axel, le 10/01/2006 à 16h59

    Je lis ici et là que c'est une nouvelle forme d'esclavage que l'interim remplit déjà ce rôle etc.. Est-il venu à l'idée de ces gens que le contrat nouvelle embauche pouvait être une chance supplémentaire de faire ses preuves? Je ne connaît aucune entreprise (en particulier les petites) qui souhaite se séparer des bons éléments. Par ailleurs, les petites entreprises souvent les plus fragiles. Rendez vous compte que parfois le licenciement d'un salarié qui ne donne pas satifaction peut mettre en péril l'équilibre financier d'une entreprise. Resultat: dépôt de bilan et tous les salariés au chômage plutôt qu'un seul. Alors moi je suis pour ce contrat nouvelle embauche car lorsque j'étais au chômage j'aurais bien aimé qu'on m'en propose un.

  • Benjamin, le 10/01/2006 à 16h51

    Bon, c'est formidable, près d'un tier de ces emplois n'aurait pas été créé. Dommage pour les autres, les 70 %, ceux qui auraient été créés quand même mais qui se retrouvent précaires...

  • Steph, le 10/01/2006 à 16h39

    Les salaries plebiscitent le CNE ?

  • Akram, le 10/01/2006 à 16h37

    L'intérim engendre un cout supplémentaire: Il faut passer par une boite d'intérim qui fait payer le service de recrutement. Service que certaines TPE ne peuvent s'offrir.

  • Laurent, le 10/01/2006 à 16h26

    L'avantage pour le patron avec le CNE c'est que ca coute moins cher que l'Intérim.

  • Florent, le 10/01/2006 à 15h45

    L'esclavagisme à l'ère de l'Internet !!! Merci Villepin. 2007 n'est pas si loin que cela.

  • Lo-Ran, le 10/01/2006 à 15h26

    Le mieux est d'utiliser des stagiaires. On leur fait miroiter qu'ils travaillent pour la gloire, ils sont corvéables à merci car ils recherchent une référence à insérer dans leurs CV, et à la fin du stage, on leur file un petit billet de 500 € pour les remercier d'avoir apporté "de la richesse dans l'entreprise". Et on accueille le candidat suivant qui cherche un stage et qui va prendre la suite du précédent. Il existe dans nos grandes boites des services entiers qui comptent 15 voire 20 % de stagiaires. Je me souviens de mon stage d'il y a 4 ans, nous étions 7 personnes dont 3 stagiaires ;) ... Le CNE c'est pareil. Pas de risque pour le patron, et au bout de 2 ans, on recommence :) Parce montrez moi un CNE qui va raler ? Direction la porte !

  • Xavier, le 10/01/2006 à 14h58

    A Roger de Paris, l'interim coute deux à trois fois plus chère que le CNE pour un patron. Un interimaire va gagner autant que la boite d'interim... L'urgence me parrait donc ailleurs

  • Anne, le 10/01/2006 à 14h27

    C'est exactement ce qu'on pensait. La CNE n'est qu'un outil pour faire travailler des gens puis les jeter au bout de 2 ans... Comme d'habitude, c'est le salarié qui trinque. Non seuelement on parle tout le temps de l'insécurité mais maintenant on la crée dans le travail.

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