© DRLa Pologne refuse l'accord européen sur les taux réduits de TVA proposé par l'Autriche, a annoncé lundi une porte-parole du ministère des finances polonais. "Après avoir pesé tous les élements, le gouvernement polonais maintient sa position négative sur le projet présenté par la présidence autrichienne", a déclaré la porte-parole, Anna Adamkiewicz. La Pologne était le dernier pays à se prononcer sur la proposition autrichienne de compromis. La République tchèque et Chypre avaient finalement donné leur accord au texte dimanche. Ce texte devait permettre aux pays qui le souhaitaient d'appliquer jusque fin 2010 des taux réduits de TVA sur les services "à haute intensité de main-d'oeuvre", comme la rénovation de logements et les soins à domicile.
Or, tout accord sur des questions fiscales dans l'UE doit être adopté à l'unanimité des 25 Etats membres. Varsovie voulait continuer à appliquer un taux réduit de TVA sur les constructions de logements neufs, une dérogation qui s'achève en 2007 selon son traité d'adhésion.
Consternation chez les professionnels
Après avoir dû abandonner la possibilité d'une TVA à 5,5% pour la restauration, promesse du candidat Chirac lors des dernières présidentielles, la France va donc également devoir se passer d'un taux réduit pour le bâtiment comme c'est le cas aujourd'hui. La Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) s'est dit "consternée" lundi soir et attend "maintenant la réaction de l'Union européenne et du ministère de l'Economie". Ce dernier a affirmé lundi soir que les négociations avec la Pologne se poursuivaient. La présidence autrichienne de l'UE a cependant confirmé mardi matin avoir reçu une réponse négative de la Pologne.
"Les entreprises du bâtiment vont continuer à pratiquer le taux de TVA réduit à 5,5% jusqu'à ce que le ministère de l'Economie nous dise de ne plus l'appliquer", a estimé le président de la Capeb. Même colère du côté de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih). "Les professionnels sont révoltés de constater encore une fois l'impuissance des 25 à décider de la baisse de la TVA en restauration et dans le bâtiment", commente l'Umih, précisant que "cette mesure correspond à un engagement formel du président de la République, de tous ses gouvernements et premiers ministres, y compris Dominique de Villepin". L'Umih demande aux députés et au gouvernement français de "prendre leurs responsabilités" et affirme que "le taux réduit peut être appliqué de façon unilatérale".
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