© INTERNEC'est le syndicat CGT qui a révélé et dénoncé mercredi l'existence d'un fichier nominatif illégal dans un centre d'appel parisien de France Telecom. Benoît Martin, de la CGT Telecom Paris, a indiqué à l'AFP s'être procuré une copie d'un "fichier nominatif" qui "comporte des appréciations sur les salariés, comme 'ingérable', 'molle' ou 'hyper susceptible', mais aussi des données personnelles, comme 'sous médicaments forts', 'un peu dépressive' ou 'synd.', c'est-à-dire syndicaliste". Selon Benoît Martin, ce fichier a été concocté au sein du centre d'appel, situé dans le quartier Bercy à Paris, dans le but de faciliter une réorganisation interne, réalisée en mai 2005. "C'est pourquoi on trouve parmi les commentaires : 'très difficile à manager', ou à l'inverse 'très bon élément', 'la laisser tranquille', etc.", affirme un tract distribué par le syndicat aux salariés du centre.
Sanction
La CGT rappelle que "la loi 78-17 du 6 janvier 1978 relative aux fichiers, à l'informatique et aux libertés, ou encore le Code du travail interdisent ce genre de fichage". Le syndicat a saisi l'inspection du travail sur cette affaire. "Il s'agit de faits graves que nous ne pouvons passer sous silence malgré les demandes de France Telecom", dénonce le tract syndical. "En effet", poursuit la CGT, "la direction de l'unité (...) semble être plus particulièrement choquée par 'la fuite' que par l'infâmant fichier lui-même, même si elle précise que 'si ce fichier existe, elle ne saurait le cautionner !". La direction de France Telecom a précisé que deux cas du même type avaient été relevés il y a deux ans à Nantes et Toulouse, que France Telecom les avaient "condamnés" et que les cadres à l'origine de ces fichiers avaient été "sanctionnés". "Il y a 18 mois, nous avons organisé des formations pour les managers afin de les informer de l'illégalité de telles pratiques", a ajouté la direction.
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