Seb ferme les sites de Tefal et Moulinex

le 24 janvier 2006 à 12h05 , mis à jour le 24 janvier 2006 à 21h51

Selon les syndicats du groupe électroménager, la direction réunie en comité d'entreprise mardi a décidé de fermer trois usines, celle de Tefal dans le Jura, du Syndicat dans les Vosges et de Moulinex dans la Sarthe. Le groupe a également prévu 900 suppressions d'emplois.

DR © INTERNE

Le PDG du groupe Seb, Thierry de la Tour d'Artaise, a confirmé mardi à Ecully dans le Rhône la fermeture de trois sites et la suppression de 890 emplois, expliquant que le petit électro-ménager bas de gamme ne pouvait plus être fabriqué en France. Les trois sites touchés sont celui du Syndicat dans les Vosges, de Tefal à Dampierre dans le Jura et de Moulinex à Fresnay dans la Sarthe. "Les sites du Fresnay, du Syndicat et de Dampierre n'apparaissent plus sur la carte du groupe en France", a déclaré Hubert Jegout, secrétaire du comité d'entreprise CFDT de l'unité des Vosges aux journalistes qui attendaient devant la salle où se déroulait le comité de groupe France.

Actuellement, l'usine de Dampierre emploie 171 personnes à l'assemblage de bouilloires, celle de Fresnay compte 214 salariés pour produire des bouilloires et des cafetières, et au Syndicat, 429 personnes fabriquent des fours et des grille-pains. En outre, une soixantaine d'emplois sur 245 doivent être supprimés à l'usine Rowenta de Vernon (Eure), spécialisée dans les aspirateurs, a-t-on ajouté de mêmes sources. La direction a refusé de faire le moindre commentaire avant la fin du comité de groupe Europe, qui s'est déroulé dans l'après-midi au siège de Seb à Ecully, et à l'issue duquel un communiqué a simplement confirmé l'intention du groupe de fermer trois sites industriels en France.

Silence des pouvoirs publics

Au 31 décembre 2005, Seb comptait 13.950 salariés dans le monde, dont 7.165 en France. Le repreneur de Moulinex, qui doit publier un communiqué après la clôture de la Bourse, a annoncé que son chiffre d'affaires 2005 avait progressé de 7,6% à 2.463 millions d'euros, mais qu'en France il avait baissé de 5,3%. Lors de cette publication, le groupe a déclaré qu'il était "primordial de restaurer la compétitivité afin de retrouver le chemin de la croissance en France".

"Ils nous disent 'c'est la faute aux Chinois, c'est la faute à l'Europe, c'est la faute au marché', mais ce sont des larmes de crocodile", a estimé Hubert Jegout, secrétaire du comité d'entreprise CFDT. "Pour eux, délocaliser en Chine, ce sont des soucis en moins et des bénéfices en plus", a renchéri Daniel Fauvel, délégué central CFTC de Moulinex à Saint-Lô, dénonçant "le ton très condescendant" des représentants de la direction. Lundi, la CGT avait estimé que les salariés français de Seb payaient le développement du groupe de petit électroménager à l'étranger et notamment aux Etats-Unis, au Brésil et en Italie. "Au-delà de notre volonté de limiter la casse, nous allons aussi nous battre pour que tout le monde soit traité humainement", a ajouté Daniel Fauvel.

Des débrayages ont eu lieu dans la journée. Les représentants syndicaux de Seb (CFDT, CFTC, CGC, CGT et FO) ont estimé que les fermetures de site et la suppression de 890 emplois constituaient "une nouvelle et dramatique étape dans le démantèlement industriel du groupe en France". Dans leur communiqué, les syndicats ont par ailleurs dénoncé l'absence de réaction des pouvoirs publics et le manque d'imagination affiché par le groupe Seb pour tenter de maintenir son niveau d'activité industrielle en France. Le président du groupe PCF à l'Assemblée, Alain Bocquet, a réclamé l'intervention des "dirigeants de l'Etat" face au "plan de casse sociale préparé" par Seb.

le 24 janvier 2006 à 12:05
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24 Commentaires

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  • Cesar, le 25/01/2006 à 11h04

    Nous sommes responsables !!!!! C'est nous,par nos achats de chaque jour qui permettons cette situation. Acheter Made in France c'est défendre nos emplois!!!!!!! Il faut savoir choisir entre une petite économie du moment et le long terme; Moins d'emplois en France= + de charges plus d'impôts .... Il est fort possible en plus que quand toute nos sociétés manufacturières Francaises seront mortes , que les prix Chinois s'envolent !!!!

  • Vastre, le 25/01/2006 à 09h46

    Ce n'est qu'un préambule : dans 5 ans cette société n'existera plus. Examinez les graphes boursiers et vous comprendrez. Ajoutez à celà que les charges salariales et fiscales ne sont pas très favorables à la France ! Il faut en conclure que la classe ouvrière a fait son temps dans notre pays et que les syndicats vont, hélas, devoir recruter dans les sièges sociaux : les futurs syndiqués seront les patrons ! Quel avenir !

  • Thomas Clavel, le 25/01/2006 à 08h04

    Mais enfin! Il faudrait arreter de jouer au malade imaginaire. D'une part, il ne s'agit pas comme le pretendent les syndicat d'une mesure "brutale et inattendue": ces fermetures ne sont que pour dans 2 ans. Ca laisse largement le temps aux employes de chercher du travail. D'autre part 7.5% de profit ce n'est rien du tout, donc tout porte a croire que SEB perdra de l'argent en 2006 et 2007.

  • Franck, le 25/01/2006 à 04h16

    Tant que les politiques ne donneront pas des regles d'ethiques claires : On ne fait pas a l'etranger ce qu'il est interdit chez soi en maniere droit social , ce qui implique de taxer toute marchandise entrante sur le sol francais venant d'un pays ou les regles sociales sont inferieurs ! afin d'obliger a produire ce qui peut etre fait en france . c'est pourtant simple ! La france doit satisfaire a la france , le reste doit etre le bonus et le nom principal ! mais que voulez vous , l'actionnaire etranger trouve que 7% de croissance , ce n'est pas assez , l'actionnaire veut 15% sinon il va ailleurs , et demain 20% , apres demain 30% ... mais pourquoi ne pas faire payer a l'actionnaire les salaires de ces personnes jusqu'a reclassement complet !? , pourquoi faire reposer sur la solidarité nationale le cout d'interets particuliers et financiers d'actionnaires ? alors ils veulent la chine , ok tres bien mais tant que la personne sera au chomage , sans un poste conrespondant a ses comptetences , l'entreprise lui verse son salaire , avec une augmentation de 15 % par an (comme celle voulue par l'actionnaire , il n'y a pas raison que l'un se gave et pas l'autre) C'est cela l'egalité !

  • Stephane, le 25/01/2006 à 02h39

    Pour Jo de Lyon. L'automobile est déjà à l'étranger. Roumanie ou Espagne par ex. C'est inévitable. On va devenir une société de service vu que la plupart des grosses entreprises ne mettent rien dans la recherche et le developpement. Pour ça Renault fait bosser des techniciens en Roumanie. Nous sommes dans l'ere capitaliste. On n'y peut rien y faire avant un gros clash qui fera réfléchir tout le monde trop tard.

  • Alain, le 25/01/2006 à 00h11

    Allez c'est reparti, on crie encore au scandale et on recommence à accuser la Chine. Si les entreprises Françaises ferment une à une c'est dû à leur manque de compétitivité. Ce résultat est simplement dû à l'immobilisme de la France et la cause est bien plus vieille et profonde. Il est facile de rejetter la responsabilité sur des pays emmergeants. Les Français ont acquis des droits sociaux tellement lourds que ni les entreprises, ni les gouvernements successifs ne peux ébranler. La France a droit au plein emploi et à la croissance et pas les pays pauvres ??? Certains devraient se poser la question.

  • Pierre, le 24/01/2006 à 22h58

    Si cette vitesse il n'y aurat plus que des fonctionnaires en france. Mais qui va payer? vivie les capitalisme et le CAC 40.

  • J-Yves, le 24/01/2006 à 22h57

    Entre "s'embeter et peut etre faire un benefice" et "ne pas s'embeter et faire un benefice", a que lequel du commun des mortels qui choise ? Regardez vous ! Vous delaissez les commerces de proximites pour les hyper-marches car c'est moins cher. On sait que la France n'est pas competitive et qu'on perds la croissance, que le cout du travail est trop cher, que la Secu a du plomb dans l'aile, et qu'on ne l'oublie pas, qu'on est tous un peu plus ou moins paresseux sur les bords... Qu'est ce que les syndicats proposent pour enrayez la fuite ? Rien ? Ben pleurez ! On n'es jamais mieux servi que par soi-meme. Si les syndicats peuvent mieux faire, ils peuvent racheter les usines et montrer le bon example... C'est facile de critiquer quand on joue avec l'argent des autres. Mais quand il s'agit du sien, la, tout d'un coup, y a pu personne...

  • FCO, le 24/01/2006 à 21h41

    Merci à la gauche et au 35 heures. Les Entreprises ne peuvent pas être compétitive face aux autres pays de l'Est. De plus soyons plus patriotique et favorions nos achats en favorisant des produits fabriqués dans notre pays et non des produits qui ne sont pas à la hauteur et vendu soit disant bon marché dans des Hards Discount. Nous faisons notre propore tord et pleurons nos emplois. Un peu de recul...

  • Ludo, le 24/01/2006 à 20h39

    Lol delacours tu a rien compris au monde liberal car si tu crois que la gauche va remedie au probleme, cest comme croire au pere noel et je pense pas que tu as encore l age de reve a ca

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