© INTERNELe PDG du groupe Seb, Thierry de la Tour d'Artaise, a confirmé mardi à Ecully dans le Rhône la fermeture de trois sites et la suppression de 890 emplois, expliquant que le petit électro-ménager bas de gamme ne pouvait plus être fabriqué en France. Les trois sites touchés sont celui du Syndicat dans les Vosges, de Tefal à Dampierre dans le Jura et de Moulinex à Fresnay dans la Sarthe. "Les sites du Fresnay, du Syndicat et de Dampierre n'apparaissent plus sur la carte du groupe en France", a déclaré Hubert Jegout, secrétaire du comité d'entreprise CFDT de l'unité des Vosges aux journalistes qui attendaient devant la salle où se déroulait le comité de groupe France.
Actuellement, l'usine de Dampierre emploie 171 personnes à l'assemblage de bouilloires, celle de Fresnay compte 214 salariés pour produire des bouilloires et des cafetières, et au Syndicat, 429 personnes fabriquent des fours et des grille-pains. En outre, une soixantaine d'emplois sur 245 doivent être supprimés à l'usine Rowenta de Vernon (Eure), spécialisée dans les aspirateurs, a-t-on ajouté de mêmes sources. La direction a refusé de faire le moindre commentaire avant la fin du comité de groupe Europe, qui s'est déroulé dans l'après-midi au siège de Seb à Ecully, et à l'issue duquel un communiqué a simplement confirmé l'intention du groupe de fermer trois sites industriels en France.
Silence des pouvoirs publics
Au 31 décembre 2005, Seb comptait 13.950 salariés dans le monde, dont 7.165 en France. Le repreneur de Moulinex, qui doit publier un communiqué après la clôture de la Bourse, a annoncé que son chiffre d'affaires 2005 avait progressé de 7,6% à 2.463 millions d'euros, mais qu'en France il avait baissé de 5,3%. Lors de cette publication, le groupe a déclaré qu'il était "primordial de restaurer la compétitivité afin de retrouver le chemin de la croissance en France".
"Ils nous disent 'c'est la faute aux Chinois, c'est la faute à l'Europe, c'est la faute au marché', mais ce sont des larmes de crocodile", a estimé Hubert Jegout, secrétaire du comité d'entreprise CFDT. "Pour eux, délocaliser en Chine, ce sont des soucis en moins et des bénéfices en plus", a renchéri Daniel Fauvel, délégué central CFTC de Moulinex à Saint-Lô, dénonçant "le ton très condescendant" des représentants de la direction. Lundi, la CGT avait estimé que les salariés français de Seb payaient le développement du groupe de petit électroménager à l'étranger et notamment aux Etats-Unis, au Brésil et en Italie. "Au-delà de notre volonté de limiter la casse, nous allons aussi nous battre pour que tout le monde soit traité humainement", a ajouté Daniel Fauvel.
Des débrayages ont eu lieu dans la journée. Les représentants syndicaux de Seb (CFDT, CFTC, CGC, CGT et FO) ont estimé que les fermetures de site et la suppression de 890 emplois constituaient "une nouvelle et dramatique étape dans le démantèlement industriel du groupe en France". Dans leur communiqué, les syndicats ont par ailleurs dénoncé l'absence de réaction des pouvoirs publics et le manque d'imagination affiché par le groupe Seb pour tenter de maintenir son niveau d'activité industrielle en France. Le président du groupe PCF à l'Assemblée, Alain Bocquet, a réclamé l'intervention des "dirigeants de l'Etat" face au "plan de casse sociale préparé" par Seb.
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