Arcelor : front politique et mobilisation syndicale en Europe

le 01 février 2006 à 21h40 , mis à jour le 02 février 2006 à 12h24

La France et le Luxembourg ont haussé le ton mercredi contre l'offre publique d'achat hostile de Mittal Steel sur Arcelor , inquiets des conséquences sociales de ce projet de rapprochement qui créerait un leader mondial incontesté de l'acier.

Arcelor Acier

Le Luxembourg et la France ont proclamé mercredi leur opposition à l'OPA hostile de Mittal Steel sur Arcelor, alors que les syndicats se réunissaient à Bruxelles pour dénoncer les menaces sur l'emploi. En visite à Paris, le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker a souligné l'"incompatibilité entre deux cultures d'entreprises". "Le projet n'est pas le bon" et "n'est pas porteur", et cette OPA hostile appelle "une réaction non moins hostile", a-t-il lancé. "Nous sommes en train d'aligner tous les moyens de défense (...), tous légaux, contre cette offensive", a prévenu M. Juncker.

Après l'offre du numéro un mondial Mittal Steel de racheter le numéro deux Arcelor pour 18,6 milliards d'euros, il a regretté que le PDG Lakshmi Mittal, qu'il a rencontré mardi, ne soit "pas en mesure de présenter un véritable projet industriel". Après s'être entretenu avec Dominique de Villepin puis le président Jacques Chirac, M. Juncker a rencontré à Bruxelles son homologue belge Guy Verhofstadt.

Après l'entretien, ce dernier a jugé qu'il était "trop tôt" pour se prononcer sur l'attitude à adopter. Au contraire la France, qui, à la différence du Luxembourg, n'est pas actionnaire de Arcelor, a assuré --pour la première fois aussi clairement-- être opposée à cette OPA. "Nous sommes opposés au succès de l'OPA de Mittal contre Arcelor", a déclaré le ministre délégué à l'Industrie, François Loos. Son collègue à l'Economie, Thierry Breton, a affirmé ne pas avoir "aujourd'hui sur la table" un projet industriel et a réitéré les "plus vives interrogations" de la France "sur la façon dont ce projet est mené".  Autant de réactions qui inquiètent le ministre indien du Commerce et de l'Industrie, Kamal Nath. En visite à Londres, il a observé qu'il s'agit d'une "affaire entre deux entreprises, et lorsque Lafarge a repris une bonne partie de notre industrie du ciment, le gouvernement indien lui a fait un bon accueil".

Réunis à Bruxelles, les représentants des syndicats européens de l'acier se sont également opposés "à l'unanimité" à l'OPA. Dans un communiqué commun, syndicats belges, français, allemands, espagnols, luxembourgeois et italiens se sont "unanimement" opposés à l'offre de rachat, jugeant qu'elle "engendrerait une position dominante" et mettrait en péril "la forte culture de dialogue social présente dans le groupe Arcelor". Conscients que la bataille est mal engagée, les syndicats veulent lutter notamment par une tournée des institutions européennes, à l'image de Lakshmi Mittal, en campagne de séduction depuis vendredi.

le 01 février 2006 à 21:40
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