
Bolkestein... la prononciation du nom de cette directive européenne n'est pas le seul motif de polémique. Depuis sa première évocation, le texte européen qui propose de libéraliser les services au sein de l'UE a soulevé moult opprobres. De la part de ceux qui la jugent trop libérale mais aussi de ceux pour qui elle ne va pas assez loin. En France notamment, cette directive a souvent été évoquée lors de la campagne pour le référendum sur la constitution européenne.
La principale crainte des PME françaises était que des sociétés étrangères puissent venir les concurrencer sur leur territoire tout en appliquant les règles sociales de leur pays d'origine. Ce qu'elles assimilaient à de la concurrence déloyale étant donné que certains nouveaux membres de l'UE ont un code du travail moins protecteur et pratiquent des salaires beaucoup plus bas.
C'est cette directive qui est examinée depuis mardi au Parlement européen jusqu'à son vote jeudi. Mais entre temps, le texte a été modifié et expurgé de ses éléments les plus controversés. La référence au "principe du pays d'origine" a été abandonnée. La nouvelle mouture prévoit que les Etats membres garderaient le droit de restreindre l'accès à leur marché pour des raisons de sécurité publique, de protection de l'environnement, de santé publique, mais aussi de politique sociale et de protection des consommateurs.
Si les députés adoptent largement les amendements qui modifient le projet présenté en janvier 2004 par l'ancien commissaire au Marché intérieur Frits Bolkestein., la Commission pourrait mettre très rapidement sur la table un nouveau projet de directive, peut-être "avant la fin avril". La Confédération européenne des syndicats s'est dite relativement satisfaite du nouveau compromis. En revanche, les partisans de la première mouture estiment qu'en éliminant cette référence, on a vidé de sa substance la directive.
Photo : Frits Bolkestein
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