CPE : les étudiants tentent de mobiliser

le 28 février 2006 à 09h04 , mis à jour le 28 février 2006 à 09h07

Alors que le texte passe entre les mains des sénateurs depuis lundi, les syndicats étudiants tentent de maintenir la pression et appellent à une journée de blocage mardi sur tous les campus. Une douzaine d'universités sont touchées selon l'Unef, premier syndicat étudiant.

manifestation étudiants CPE Rennes © LCI

A un peu plus d'une semaine de la journée de mobilisation nationale contre le Contrat premier embauche, les facultés tentent de rassembler les troupes. La reprise progressive des cours devrait aider les syndicats étudiants dans ce sens. Après Rennes, Toulouse, Poitiers ou encore Lille, ce sont les universités d'Ile-de6france qui sont désormais mobilisées. Selon le premier syndicat étudiant français, l'Unef, Jussieu, Tolbiac, Paris XII-Villetaneuse et Nanterre étaient bloquées lundi. Les étudiants sont appelés aujourd'hui à se mobiliser et à observer une journée de blocage, une manière de se chauffer avant le 7 mars et surtout de ne pas lâcher la pression en cette période de vacances scolaires dans encore une bonne partie des académies. L'Unef indiquait lundi qu'une douzaine d'université étaient en grève.

"Vous venez enrichir la palette de précarité d'un nouvel outil"

Le CPE, il en était question également lundi au Sénat où les élus ont entamé l'examen de l'article créant ce nouveau contrat au sein du texte sur l'Egalité des chances. Le gouvernement et sa majorité UMP ont affronté un tir groupé des élus PS, Verts, PCF mais aussi des centristes de l'UDF. Le président du groupe socialiste Jean-Pierre Bel a lancé les hostilités lors de la discussion générale qui a précédé l'examen des 81 amendements déposés sur l'article 3 bis créant le CPE. "Vous voulez créer une sous-catégorie de travailleurs précaires à la merci des aléas de la conjoncture économique et de l'humeur de leurs employeurs", a-t-il déclaré. Le gouvernement a été accusé par l'ancienne ministre socialiste Catherine Tasca d'avoir sur la jeunesse un "regard de vieux nantis" et par Jean-Luc Mélenchon de vouloir faire des Français "des serfs". Jean-Pierre Godefroy (PS) a fustigé "la précarité organisée par l'Etat". "Vous venez enrichir la palette de précarité d'un nouvel outil", a asséné Dominique Voynet (Verts). Pour Roland Muzeau (PCF), le CPE vise à "soustraire les jeunes salariés à la protection offerte par le code du travail". Pour Guy Fischer (PCF) il s'agit d'une "politique entièrement dévolue aux intérêts des grandes entreprises".

Le gouvernement "attentif au dialogue social"

Le président du groupe UDF Michel Mercier a regretté "l'absence de préparation" et "de méthode participative" pour cette réforme. Critique envers le CPE, l'UDF propose sous forme d'amendements d'en ramener la période d'essai de deux ans à un an et de justifier la rupture du contrat. Le ministre délégué à l'Emploi, Gérard Larcher a fait valoir que le CPE avait été "longuement débattu à l'Assemblée nationale pendant 43 heures et demi" et que Dominique de Villepin était "attentif au dialogue social". Il a dressé un sombre bilan de l'emploi des jeunes, avec force chiffres. "La réalité aujourd'hui, c'est la précarité", a-t-il dit, ajoutant qu'il voulait, avec le CPE, "changer la donne". "Les comportements abusifs seront sanctionnés et les droits des salariés assurés", a affirmé le ministre Larcher.

Le CPE, réservé aux moins de 26 ans, est un contrat à durée indéterminée mais avec une "période de consolidation" de deux ans au cours de laquelle le salarié peut être licencié sans motif. Pour l'UMP, Catherine Procaccia a estimé que le CPE était "diabolisé par la gauche", alors que c'est un dispositif qui "permet aux jeunes d'accéder dans les meilleures conditions à l'emploi". L'examen des amendements a commencé en fin d'après-midi. Au total, il en restait 670 à examiner. L'opposition se promettait de poursuivre sa guérilla parlementaire dans cette dernière ligne droite, espérant faire durer le débat jusqu'au 7 mars. Le gouvernement a prévu des séances samedi et dimanche pour parer à cette menace.

le 28 février 2006 à 09:04
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8 Commentaires

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  • G.r., le 28/02/2006 à 16h12

    Ces pauvres étudiants, ils ont des vacances trop courtes. Ils verront quand ce sera leur tour d'aller chercher du boulot! 1 emploi précaire? je connais une usine où plus de 70 salariés se retrouvent au chômage, et pourtant ils étaient en CDI. N'est-ce pas aussi précaire?

  • Vastre, le 28/02/2006 à 15h17

    Les étudiants feraient bien de se mettre au travail. Les glandeurs sont assez nombreux pour assurer les échecs aux examens.

  • Flo, le 28/02/2006 à 14h53

    Ils feraient bien de s'intéresser à "l'excellent" niveau de nos étudiants en Université! car c'est devenu une véritable catastrophe et effectivement ce n'est pas avec ce niveau qu'ils vont pouvoir se caser durablement. Il faut savoir que nos bons éléments vont en belgique ou en angleterre

  • David, le 28/02/2006 à 14h44

    Je trouve curieux de voir au infos des petits crétins ne connaissant rien au monde du travail empecher des étudiants d'assister aux cours, du coup certaines universitées ferme par précaution de sécurité ??? Ainsi des Groupuscule notamment d'extreme Gauche peuvent faire ce qu'ils veulent!!!! comme d'hab une minorité empechera une majorité d'avancer!!! chercher l'erreur

  • Aurelia, le 28/02/2006 à 14h41

    Honteux de voir aux infos ces jeunes (récupérer par la gauche) empecher leurs camarades d'assister aux cours en bloquant les universités!!!!! Certains aimeraient refaire un mai 68 sous l'influence de mostodonte Gauchiste, ce n'est pas de cette façon qu'on agit!!!!

  • Mike, le 28/02/2006 à 13h00

    G 35 ans, suis au chomage et suis à 1000% avec ces jeunes qui se mobilisent contre le CPE (Contrat Premiere Emmerde).

  • Phil, le 28/02/2006 à 12h57

    Bloquer les universités, voila bien une conception très réductrice de la démocratie et du respect de la liberté de chacun de travailler. Qui croira encore que ce mouvement n'est pas uniquement politique pour cacher la misère des propositions de la Gauche ?

  • Jean Mouloud, le 28/02/2006 à 12h02

    S'il allaient étudier, ils ne seraient pas obligés d'accepter un CPE.

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