© LCIA un peu plus d'une semaine de la journée de mobilisation nationale contre le Contrat premier embauche, les facultés tentent de rassembler les troupes. La reprise progressive des cours devrait aider les syndicats étudiants dans ce sens. Après Rennes, Toulouse, Poitiers ou encore Lille, ce sont les universités d'Ile-de6france qui sont désormais mobilisées. Selon le premier syndicat étudiant français, l'Unef, Jussieu, Tolbiac, Paris XII-Villetaneuse et Nanterre étaient bloquées lundi. Les étudiants sont appelés aujourd'hui à se mobiliser et à observer une journée de blocage, une manière de se chauffer avant le 7 mars et surtout de ne pas lâcher la pression en cette période de vacances scolaires dans encore une bonne partie des académies. L'Unef indiquait lundi qu'une douzaine d'université étaient en grève.
"Vous venez enrichir la palette de précarité d'un nouvel outil"
Le CPE, il en était question également lundi au Sénat où les élus ont entamé l'examen de l'article créant ce nouveau contrat au sein du texte sur l'Egalité des chances. Le gouvernement et sa majorité UMP ont affronté un tir groupé des élus PS, Verts, PCF mais aussi des centristes de l'UDF. Le président du groupe socialiste Jean-Pierre Bel a lancé les hostilités lors de la discussion générale qui a précédé l'examen des 81 amendements déposés sur l'article 3 bis créant le CPE. "Vous voulez créer une sous-catégorie de travailleurs précaires à la merci des aléas de la conjoncture économique et de l'humeur de leurs employeurs", a-t-il déclaré. Le gouvernement a été accusé par l'ancienne ministre socialiste Catherine Tasca d'avoir sur la jeunesse un "regard de vieux nantis" et par Jean-Luc Mélenchon de vouloir faire des Français "des serfs". Jean-Pierre Godefroy (PS) a fustigé "la précarité organisée par l'Etat". "Vous venez enrichir la palette de précarité d'un nouvel outil", a asséné Dominique Voynet (Verts). Pour Roland Muzeau (PCF), le CPE vise à "soustraire les jeunes salariés à la protection offerte par le code du travail". Pour Guy Fischer (PCF) il s'agit d'une "politique entièrement dévolue aux intérêts des grandes entreprises".
Le gouvernement "attentif au dialogue social"
Le président du groupe UDF Michel Mercier a regretté "l'absence de préparation" et "de méthode participative" pour cette réforme. Critique envers le CPE, l'UDF propose sous forme d'amendements d'en ramener la période d'essai de deux ans à un an et de justifier la rupture du contrat. Le ministre délégué à l'Emploi, Gérard Larcher a fait valoir que le CPE avait été "longuement débattu à l'Assemblée nationale pendant 43 heures et demi" et que Dominique de Villepin était "attentif au dialogue social". Il a dressé un sombre bilan de l'emploi des jeunes, avec force chiffres. "La réalité aujourd'hui, c'est la précarité", a-t-il dit, ajoutant qu'il voulait, avec le CPE, "changer la donne". "Les comportements abusifs seront sanctionnés et les droits des salariés assurés", a affirmé le ministre Larcher.
Le CPE, réservé aux moins de 26 ans, est un contrat à durée indéterminée mais avec une "période de consolidation" de deux ans au cours de laquelle le salarié peut être licencié sans motif. Pour l'UMP, Catherine Procaccia a estimé que le CPE était "diabolisé par la gauche", alors que c'est un dispositif qui "permet aux jeunes d'accéder dans les meilleures conditions à l'emploi". L'examen des amendements a commencé en fin d'après-midi. Au total, il en restait 670 à examiner. L'opposition se promettait de poursuivre sa guérilla parlementaire dans cette dernière ligne droite, espérant faire durer le débat jusqu'au 7 mars. Le gouvernement a prévu des séances samedi et dimanche pour parer à cette menace.
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