© LCILes Italiens sont les premiers à bouder la volaille dans leurs assiettes. La consommation a dégringolé "de 70% en deux jours seulement" après la découverte le week-end précédent du virus H5N1 sur des cygnes sauvages, créant "une panique collective injustifiée", s'est alarmé le syndicat d'éleveurs Fedagri. Les entreprises du secteur perdent chaque jour 6 millions d'euros en moyenne et les pertes totales s'élèvent à 650 millions d'euros, estime la Confédération italienne des agriculteurs (Cia).
La Bulgarie a elle aussi connu un effondrement "catastrophique" de 50% de ses ventes de volailles et d'oeufs depuis l'apparition du virus chez ses voisins, la Roumanie et la Turquie, selon le président de la fédération des producteurs de volailles. En Autriche, les clients semblent eux aussi se détourner de la volaille sur les marchés après la découverte du H5N1 sur deux cygnes morts dans le sud du pays.
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Le poulet toujours au menu
Le recul des ventes est moins significatif en Belgique, en France ou en Espagne. En Belgique "il y a certainement eu une baisse de 20% depuis le début de l'année", selon la Fédération belge des détaillants en volailles.
En France, la baisse de la consommation est de 15%, voire 20% pour les volailles disposant de labels, selon la Fédération des industries avicoles (FIA). Les éleveurs français, craignant une nouvelle baisse après l'obligation de confinement général des volailles élevées en plein air, ont réduit de 20% la mise en production de nouvelles volailles, affirme Christian Marinov, directeur général adjoint de la Confédération Française Avicole (CFA).
Les Espagnols semblent ignorer la maladie des oiseaux et continuent de manger de la volaille. Propollos, la principale association de producteurs de volailles, et le ministère de l'Agriculture affirment n'avoir pas connaissance d'une baisse des ventes de volailles, pas plus que d'une diminution des prix.
Pour l'heure en Grande-Bretagne, au Pays-Bas, et en Allemagne, les consommateurs ne cèdent pas à la psychose.
| Indemnisations limitées pour les producteurs de volailles |
Les éleveurs de volailles qui verraient leurs revenus baisser en raison de la grippe aviaire ne pourront prétendre qu'à une indemnisation limitée, a expliqué jeudi la Commission européenne. Au niveau européen, "la seule situation où nous puissions intervenir est lorsque l'éleveur est contraint de détruire des volailles et des oeufs", a expliqué Michael Mann, porte-parole du commissaire à l'Agriculture, Mariann Fischer Boel. Le budget européen peut alors financer à 50% le remplacement des volailles. Au niveau national, les Etats membres sont libres d'aider leurs agriculteurs, sans avoir l'autorisation de Bruxelles, moyennant un maximum de 3.000 euros sur trois ans. Si un pays veut aider plus ses agriculteurs, "il doit nous informer. Il y a des critères très stricts sur les aides d'Etat: un agriculteur doit prouver qu'il a eu au moins 30% de pertes de revenus à cause de la maladie", a ajouté M. Mann. A ce stade, la Commission n'a reçu aucune demande d'Etat membre dans ce sens. La Grèce et l'Italie ont cependant demandé à la Commission de fournir une information à ce sujet au cours de la prochaine réunion des ministres européens de l'Agriculture, lundi à Bruxelles.
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