
Neuf mois après son arrivée à la tête de Renault, Carlos Ghosn a dévoilé jeudi matin son plan stratégique sur trois ans pour redynamiser le constructeur automobile français qui a perdu l'an dernier sa place de premier constructeur européen au profit de Volkswagen. "Renault n'a pas de "projet de réduction d'effectifs", a assuré Carlos Ghosn. Toutefois, le groupe va "contenir l'évolution des effectifs".
Vendre 800 000 voitures de plus en 2009
"Renault n'est pas en crise mais reste fragile", a expliqué le pdg. "La réussite du plan produit est indispensable pour éviter la restructuration de l'appareil industriel". Elle doit se traduire par une "nette augmentation d'utilisation des capacités de production des usines du groupe". Il a indiqué qu'il voulait faire de son groupe "le constructeur généraliste européen le plus rentable". "Nous ne pouvons pas nous satisfaire d'une marge opérationnelle de 3,2%", qui est "inférieure à la moyenne des constructeurs mondiaux qui est de 3,6%", a-t-il dit.
Résultat : le pdg du constructeur français a annoncé que le groupe lancera 26 modèles d'ici 2009. Il veut aussi augmenter les ventes de Renault de 800.000 voitures d'ici 2009. Ces dernières ont dépassé 2,5 millions en 2005.
La Formule 1, "pour l'instant, un bon investissement"
Le PDG connu pour ses positions tranchées a cependant reporté à plus tard une décision défnitive sur la Formule 1. "Tant que c'est un bon investissement pour Renault, nous restons. Pour l'instant, c'est un bon investissement. On regardera année après année : 2007, puis 2008, puis 2009", a-t-il déclaré. Le constructeur se penchera notamment sur le changement des règles de la discipline à moyen terme "sur une base objective". Des rumeurs de retrait de Renault en F1 s'étaient multipliées ces derniers mois après le départ annoncé du pilote Fernando Alonso en 2007 pour McLaren-Mercedes, la retraite du patron de Renault F1 Patrick Faure, l'éventuel départ du gourou de l'écurie Flavio Briatore fin 2006, la perte du principal parraineur (un cigarettier frappé par les lois anti-tabac).
Deux mille salariés de Renault selon la CGT, un millier selon la préfecture des Hauts-de-Seine, se sont rassemblés jeudi près du siège à Boulogne-Billancourt pour dénoncer les conséquences sociales du plan du PDG Carlos Ghosn. Les salariés étaient venus de plusieurs sites de Renault, comme Sandouville, Cléon (Seine-Maritime) ou Flins (Yvelines), mais aussi d'équipementiers travaillant pour le constructeur (Bosch, IP Marti, etc.). Ils devaient défiler en milieu de journée vers le siège social, où se tenait un comité central d'entreprise où Carlos Ghosn et le directeur des ressources humaines, Michel de Virville, devaient décliner le volet social du plan triennal annoncé dans la matinée. Les salariés de Renault manifestent à Boulogne-Billancourt
Photo : Carlos Ghosn, ce matin (DR)
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