Grippe aviaire : pas de panique... ni d'aide

Par Par Amélie GAUTIER (avec AFP), le 20 février 2006 à 15h16 , mis à jour le 20 février 2006 à 22h57

Réunis lundi, les ministres européens de l'Agriculture ont examiné des mesures d'aide aux éleveurs touchés par la baisse des ventes de volailles. Pour le moment, la Commission n'envisage pas de verser des aides communautaires aux producteurs de volailles.

poules grippe aviaire volailles Bresse © TF1

Mangez de la volaille et surtout ne paniquez pas. Voilà en substance le message délivré lundi par les 25 réunis à Bruxelles pour discuter d'un soutien aux éleveurs touchés par la baisse des ventes consécutive à l'arrivée de la grippe aviaire sur le Vieux Continent et la peur de la maladie.

Les ministres de l'Agriculture ont ainsi examiné la possibilité d'autoriser des aides nationales exceptionnelles aux éleveurs. En France et en Belgique, les ventes de volailles ont chuté de 15%. D'au moins 40% en Grèce et de 70% en Italie.

Dans l'immédiat, la Commission européenne a refusé d'accorder cette aide spéciale, jugeant mineures pour l'instant les conséquences de la grippe aviaire. La France (premier exportateur de volailles de l'UE), l'Italie, la Grèce et l'Espagne s'y étaient montrées favorables.

"Il ne faut pas céder à la panique"

La Commission européenne a toutefois fait savoir qu'elle examinerait les requêtes des Etats membres "avec une approche positive" si la crise de la filière avicole s'aggravait. Bruxelles pourrait aussi financer une campagne d'information pour restaurer la confiance des consommateurs.

Interrogé sur LCI, le ministre français de l'Agriculture Dominique Bussereau a affirmé que Bruxelles avait "pour la première fois accepté le principe d'une aide de l'Europe". Mais il a regretté que "pour l'instant", il n'y ait "malheureusement pas de chiffres, pas de choses précises".

Toujours sur LCI, Jean-Michel Lemétayer, le président de la FNSEA, principal syndicat agricole français, a regretté ce refus de la Commission européenne d'accorder des aides communautaires, "parce que la situation n'est pas française, elle n'est pas seulement allemande, elle est européenne".

Le virus H5N1 de la grippe aviaire, hautement pathogène et qui peut être mortel en cas de transmission à l'homme, n'a pour le moment été détecté dans l'UE que sur des oiseaux sauvages. Mais la crainte d'une propagation aux volailles d'élevage et d'une possible contamination humaine dissuade nombre de consommateurs. Le H5N1 a causé depuis 2003 la mort de plus de 90 personnes en Asie.

Alors pour tenter d'enrayer cette baisse de la consommation et à défaut d'octroyer, pour le moment, des aides, les ministres et la Commission européenne ont prodigué des conseils. Et de chercher à rassurer les consommateurs. "Il ne faut pas céder à la panique", a déclaré le ministre autrichien de l'Agriculture Josef Pröll, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE. Bruxelles pourrait financer une campagne d'information pour restaurer la confiance des consommateurs européens.

Sur la vaccination, les avis divergent

Concernant les moyens de lutter contre la grippe aviaire, Dominique Bussereau, qui doit réunir mercredi après-midi à Paris les professionnels de la filière avicole, a indiqué qu'il comptait obtenir mardi un feu vert des experts vétérinaires de l'UE à la vaccination d'oies et de canards programmée dans les zones humides de trois départements (Landes, Loire-Atlantique, Vendée), particulièrement exposés aux oiseaux migrateurs.

Mais là encore, rien n'est acquis. Sur la vaccination, "les avis divergent" au sein des 25. Des pays comme l'Allemagne, le Portugal, l'Autriche ou le Danemark sont réticents à approuver les programmes demandés par les Français et les Néerlandais, selon une source européenne. La vaccination présente en effet certains inconvénients, notamment le risque de masquer l'apparition du virus au sein d'un élevage, selon la Commission. "Il y a de très fortes probabilités pour qu'on découvre en France très prochainement, comme en Allemagne, de nombreux autres oiseaux sauvages infectés par le virus H5N1", reconnaît-on au ministère de l'Agriculture. Toutefois, après la confirmation samedi de la présence du virus chez un canard sauvage, aucun nouveau cas n'avait été trouvé lundi soir, selon la direction générale de l'alimentation (DGAL).

Six pays de l'Union sont touchés par la grippe aviaire : Italie, Grèce, Allemagne, Autriche, Slovénie, France. De nombreux pays ont décidé de confiner leurs volailles pour éviter leur infection. La Belgique s'y est ajoutée lundi, avec un confinement général à partir du 1er mars. Des pays européens voisins de l'UE (Croatie, Roumanie, Bulgarie, Ukraine, Russie) sont aussi touchés.

Par Par Amélie GAUTIER (avec AFP) le 20 février 2006 à 15:16
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25 Commentaires

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  • VALERIE, le 21/02/2006 à 12h40

    Pourquoi ne pas s'informer au lieu de paniquer...On mange cuit pas cru alors où est le problème... Il faut simplement éviter les contacts directs avec les volailes. J'ai deux enfants et il n'y a pas de psychose. Pourquoi se priver de ce qui est bon si il n'y a pas de danger pour notre santé....

  • Lachenal, le 21/02/2006 à 11h25

    On sait que l'évolution du virus passe par la contamination du porc et ensuite chez l'homme. Que se passera-t'il si un oiseau mort est mangé par un sanglier? L'évolution, prévisible ne pourrait'elle pas se faire par ce canal?

  • Steve, le 21/02/2006 à 11h11

    C'est incroyable comment les médias sont cons et alarmiste. Il ne faudrait pas oublier que la grippe humaine (souvent H3N2) est une grippe aviaire (comme celle que l'on parle maintenant H5N1). On sait beaucoup de chose sur ce virus et on peut le combattre , c'était moins le cas pour le SRAS. D'autre part ce virus n'a tué qu'une centaines de personne dans le monde , comparé au 2000 morts annuel de la grippe H3N2 en france et au 2millions de morts annuel du paludisme. Le mode de contamination actuelle est facilement identifiable et contrôlable, les élevages avicoles .Pour ce qui est des oiseaux sauvages, les contacts avec les humains sont rare, il suffira de prendre des précautions à leurs contacts. IL ne faut pas etre alarmiste, de toute manière cette souche de grippe deviendra tôt ou tard , une grippe humaine. Les humains sont juste un peu plus sensible à celle-ci parce qu'elle est nouvelle. Elle deviendra une grippe banale dans 20 à 40 ans. Et je rappelle que seul des personnes qui ont été en contact aves des gens d'exploitation avicole ou d'exploitant avicole de pays sous developpé à hygiène réduit ont été touchés. Aucun consommateur de volaille n'a été atteint par cette grippe. alors calme , pas besoin de s'alarmer plus que d'habitude.

  • Pacal, le 21/02/2006 à 09h44

    ATTENTION !!! 14 morts par jour sur les routes en France !!! IL FAUT CONFINER LES VOITURES!!!

  • Vastre, le 21/02/2006 à 06h17

    Comment le gouvernement compte-t-il organiser le confinement des pigeons publics qui peuplent toutes nos villes ? Et ainsi s'appliquer à lui-même les règles qu'il impose aux autres.

  • Vastre, le 21/02/2006 à 06h01

    La grippe aviaire se transmet par les volailles et la panique se transmet par les médias !

  • Taz, le 20/02/2006 à 22h29

    Le mieux à faire ne serait ce pas d'enfermer le genre humain avec sa bêtise, et laisser les volatiles en liberté ?

  • Leslie, le 20/02/2006 à 21h28

    Je comprend pas pourquoi si la France ou un autre pays européen voudrais verser des aides nationales (et pas européennes), on pourrait pas. Avec l'Europe ya plus aucune liberté nationale ou quoi? Avec ce stupide vote à l'unanimité forcément quand ya des pays non atteints par la grippe aviaire bah il s'en foute alors ils vuelent pas payer pour les autres et donc les aviculteurs durement otuchés peuvent rester dans leur merde! En tout cas n'arrêtez pas de manger du poulet, ne privez pas les aviculteur de leur revenus, et puis surtout ne vous privez pas vous-même, ya pas de risque.

  • Gregory, le 20/02/2006 à 21h15

    Bon. Cette psychose d'opérette entamme sa décrue. C'est pas trop tôt. La morale de cette histoire: Pour faire disjoncter la France, il suffit d'un Porte-Avion rouillé et d'un canard mort.

  • Laurent, le 20/02/2006 à 20h53

    Pourquoi ne pas céder à la panique? Pour maintenir la rentabilité des producteurs? Je préfère garantir ma sécurité en terme de santé par le principe de précaution que celle financière du producteur. Nouvelle preuve que l'UE n'est qu'une machine à fric dont les peuples sont les victimes.

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