© TF1Mangez de la volaille et surtout ne paniquez pas. Voilà en substance le message délivré lundi par les 25 réunis à Bruxelles pour discuter d'un soutien aux éleveurs touchés par la baisse des ventes consécutive à l'arrivée de la grippe aviaire sur le Vieux Continent et la peur de la maladie.
Les ministres de l'Agriculture ont ainsi examiné la possibilité d'autoriser des aides nationales exceptionnelles aux éleveurs. En France et en Belgique, les ventes de volailles ont chuté de 15%. D'au moins 40% en Grèce et de 70% en Italie.
Dans l'immédiat, la Commission européenne a refusé d'accorder cette aide spéciale, jugeant mineures pour l'instant les conséquences de la grippe aviaire. La France (premier exportateur de volailles de l'UE), l'Italie, la Grèce et l'Espagne s'y étaient montrées favorables.
"Il ne faut pas céder à la panique"
La Commission européenne a toutefois fait savoir qu'elle examinerait les requêtes des Etats membres "avec une approche positive" si la crise de la filière avicole s'aggravait. Bruxelles pourrait aussi financer une campagne d'information pour restaurer la confiance des consommateurs.
Interrogé sur LCI, le ministre français de l'Agriculture Dominique Bussereau a affirmé que Bruxelles avait "pour la première fois accepté le principe d'une aide de l'Europe". Mais il a regretté que "pour l'instant", il n'y ait "malheureusement pas de chiffres, pas de choses précises".
Toujours sur LCI, Jean-Michel Lemétayer, le président de la FNSEA, principal syndicat agricole français, a regretté ce refus de la Commission européenne d'accorder des aides communautaires, "parce que la situation n'est pas française, elle n'est pas seulement allemande, elle est européenne".
Le virus H5N1 de la grippe aviaire, hautement pathogène et qui peut être mortel en cas de transmission à l'homme, n'a pour le moment été détecté dans l'UE que sur des oiseaux sauvages. Mais la crainte d'une propagation aux volailles d'élevage et d'une possible contamination humaine dissuade nombre de consommateurs. Le H5N1 a causé depuis 2003 la mort de plus de 90 personnes en Asie.
Alors pour tenter d'enrayer cette baisse de la consommation et à défaut d'octroyer, pour le moment, des aides, les ministres et la Commission européenne ont prodigué des conseils. Et de chercher à rassurer les consommateurs. "Il ne faut pas céder à la panique", a déclaré le ministre autrichien de l'Agriculture Josef Pröll, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE. Bruxelles pourrait financer une campagne d'information pour restaurer la confiance des consommateurs européens.
Sur la vaccination, les avis divergent
Concernant les moyens de lutter contre la grippe aviaire, Dominique Bussereau, qui doit réunir mercredi après-midi à Paris les professionnels de la filière avicole, a indiqué qu'il comptait obtenir mardi un feu vert des experts vétérinaires de l'UE à la vaccination d'oies et de canards programmée dans les zones humides de trois départements (Landes, Loire-Atlantique, Vendée), particulièrement exposés aux oiseaux migrateurs.
Mais là encore, rien n'est acquis. Sur la vaccination, "les avis divergent" au sein des 25. Des pays comme l'Allemagne, le Portugal, l'Autriche ou le Danemark sont réticents à approuver les programmes demandés par les Français et les Néerlandais, selon une source européenne. La vaccination présente en effet certains inconvénients, notamment le risque de masquer l'apparition du virus au sein d'un élevage, selon la Commission. "Il y a de très fortes probabilités pour qu'on découvre en France très prochainement, comme en Allemagne, de nombreux autres oiseaux sauvages infectés par le virus H5N1", reconnaît-on au ministère de l'Agriculture. Toutefois, après la confirmation samedi de la présence du virus chez un canard sauvage, aucun nouveau cas n'avait été trouvé lundi soir, selon la direction générale de l'alimentation (DGAL).
Six pays de l'Union sont touchés par la grippe aviaire : Italie, Grèce, Allemagne, Autriche, Slovénie, France. De nombreux pays ont décidé de confiner leurs volailles pour éviter leur infection. La Belgique s'y est ajoutée lundi, avec un confinement général à partir du 1er mars. Des pays européens voisins de l'UE (Croatie, Roumanie, Bulgarie, Ukraine, Russie) sont aussi touchés.
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