Haro sur les chaussures chinoises !

le 23 février 2006 à 12h21 , mis à jour le 23 février 2006 à 13h19

Le commissaire européen au Commerce propose de mettre en place des taxes sur les chaussures de cuir venant de Chine et du Vietnam. Ces taxes, qui seraient de 4% le 7 avril, iraient en augmentant sur 5 mois jusqu'à atteindre près de 20%.

chaussures femmes production textile

Le commissaire européen au Commerce Peter Mandelson a proposé jeudi d'instaurer des taxes anti-dumping, qui augmenteraient progressivement à partir du 7 avril, sur les importations de chaussures de cuir de Chine et du Vietnam. Ces taxes pourraient atteindre un maximum de 19,4% pour les chaussures chinoises et de 16,8% pour les chaussures vietnamiennes. Elles démarreraient dans un premier temps à 4% seulement et iraient en s'accroissant "sur cinq mois pour éviter que les distributeurs ayant des marchandises en transit ne se retrouvent soudainement avec une hausse inattendue des droits à la frontière", a indiqué le commissaire européen au Commerce. Ces mesures doivent être débattues lors d'un comité anti-dumping des 25 le 9 mars.

La proposition de Peter Mandelson, attendue, fait suite à une enquête de la direction générale au commerce de la Commission, qui a montré un soutien de l'Etat dans le secteur des chaussures de cuir en Chine et au Vietnam. Ces aides peuvent prendre la forme d'allégements fiscaux, de facilités de financement ou de location de terrains à un prix inférieur au marché - autant de "coups de pouces" constitutifs de dumping.

Questions sur l'impact des taxes

Les fonctionnaires européens ont mené leur enquête d'avril 2004 à mars 2005 suite à une plainte de la Confédération européenne de l'industrie de la chaussure. Sur cette période, les importations de chaussures chinoises à dessus cuir ont augmenté de 320% et celles du Vietnam de 720%. Malgré cette augmentation, la proportion de ces chaussures dans les ventes totales de chaussures en Europe ne dépasse pas à l'heure actuelle les 8%.

Les mesures envisagées par Bruxelles risquent cependant de n'avoir qu'un impact commercial très limité : une hausse proche de 20% de droits sur un prix d'importation moyen actuellement de 8,5 euros, entraînera en effet une hausse de 1,70 euro sur le prix moyen en magasin, qui est de 35 euros. Ceci en supposant que les distributeurs n'absorbent pas cette hausse sur leurs marges ou leurs autres ventes. D'autant qu'il n'est pas question de limiter le volume d'importations, comme cela fut décidé lorsque les ventes de textiles chinois ont explosé dans l'UE après l'abolition des quotas le 1er janvier 2005, déclenchant un conflit de plusieurs mois avec Pékin.

Photo d'ouverture : archives

le 23 février 2006 à 12:21
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