L'Italien Enel lorgne sur Suez

le 23 février 2006 à 10h48 , mis à jour le 23 février 2006 à 16h48

Après l'offensive de l'Allemand E.ON sur l'Espagnol Endesa lundi, l'Italien Enel a laissé entendre mercredi qu'une OPA sur le Français Suez n'était pas à exclure. Le secteur énergétique européen se restructure et se renforce avant la libéralisation du secteur en 2007.

Enel électricité Suez tube énergie © LCI

Un billard à trois bandes. Sinon plus. Alors que le marché européen de l'énergie se restructure, l'Italien Enel entre dans la course. Il n'a pas exclu mercredi de lancer une OPA sur le Français Suez pour pouvoir s'emparer du groupe belge Electrabel. Enel est le numéro trois européen du secteur de production d'électricité en valeur boursière derrière le français EDF et l'allemand E.ON.

Selon le quotidien La Repubblica, l'Enel évalue "deux possibilités d'approche avec Suez", qui contrôle le groupe d'électricité Electrabel. Première possibilité, "une OPA sur l'ensemble du groupe avec ensuite la vente de toutes les activités non-électriques pour récupérer l'investissement". Ou bien, l'Enel pourrait tenter "la voie plus douce (et plus faisable) d'un accord avec le management actuel (de Suez) pour une cession simplement du secteur électrique" à Enel, précise le quotidien. Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a réclamé jeudi à la France la même neutralité en cas d'OPA du groupe d'électricité italien Enel sur le français Suez que celle dont a fait preuve Rome dans l'OPA lancée par la banque français BNP Paribas sur l'italienne BNL.

L'offensive de la firme italienne intervient dans le sillage d'une autre bataille de géants européens de l'énergie : le premier groupe énergétique allemand, E.ON, a lancé lundi une OPA surprise de 29,1 milliards d'euros sur le leader espagnol de l'électricité, Endesa, également convoité par le groupe gazier espagnol Gas Natural. Selon des journaux espagnols, Gas Natural, contrôlé à hauteur de 34,5% par la puissante caisse d'épargne catalane La Caixa, chercherait actuellement des partenaires pour renchérir son OPA après l'annonce de la contre-offre de E.ON et compterait pour cela sur la collaboration du gouvernement espagnol.

Ces grandes manoeuvres, susceptibles de modifier en profondeur la carte énergétique de l'Europe, se produisent avant la libéralisation totale du marché de l'énergie dans l'Union européenne début 2007. Cette perspective de dérégulation totale oblige les groupes du secteur à se renforcer hors de leurs marchés domestiques d'origine pour se préparer à une concurrence accrue.

EDF sur les rangs

EDF est prêt, "sur le principe", à examiner "des opérations majeures" d'acquisition, notamment dans les pays d'Europe où il n'est pas présent, comme en Espagne et au Bénélux, selon son PDG Pierre Gadonneix dans un entretien au journal Les Echos. Pierre Gadonneix rappelle que EDF a prévu de consacrer 8 milliards d'euros dans les trois à venir à des projets de développement et de croissance externe. "Si acquisitions il y a, elles devront bien-sûr être cohérentes avec notre statégie et devront contribuer rapidement aux résultats de l'entreprise. Le PDG du premier électricien d'Europe explique regarder "très attentivement ce qui se passe, en particulier dans les pays où nous ne sommes pas, comme l'Espagne et le Bénélux".

le 23 février 2006 à 10:48
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