© DRMardi sera une journée test pour les syndicats comme pour les étudiants, qui espèrent une mobilisation massive contre le contrat première embauche (CPE) de Dominique de Villepin, le jour même où le premier ministre défendra à l'Assemblée son "projet le plus social" jamais élaboré "pour les jeunes".
Grâce à la bataille de procédure engagée par les députés de gauche, soutenus par l'UDF, l'examen de l'amendement créant le CPE a été retardé jusqu'à mardi, pour coïncider avec l'appel à la mobilisation des syndicats de salariés, de lycéens et d'étudiants.
Près de 150 défilés sont prévus partout en France, avec un seul mot d'ordre : "Retrait du CPE !". A Paris, la manifestation partira à 14h de la place de la Bastille, pour rejoindre Richelieu-Drouot. Aucune perturbation dans les transports publics n'est cependant à prévoir, les syndicats n'ayant pas lancé d'appel national à la grève, hormis SUD Rail.
Depuis l'annonce de sa création le 16 janvier, le gouvernement et l'UMP d'un côté, la gauche et les syndicats de l'autre, s'affrontent vivement sur ce nouveau contrat de travail à durée indéterminée (CDI), destiné aux jeunes de moins de 26 ans dans les entreprises de plus de 20 salariés.
Sondages défavorables
Le Premier ministre est déterminé à ne reculer ni sur le contenu du projet, ni sur le calendrier, voulant "aller jusqu'au bout de l'examen" du texte d'ici à la fin de "cette semaine".
Mais alors qu'une majorité de Français a semblé retenir dans un premier temps que le CPE pourrait faire baisser le chômage des jeunes, l'opinion publique paraît désormais sensible aux arguments des syndicats.
Selon un sondage LH2 pour Libération publié lundi, 52% des Français se disent "contre" le CPE et 61% jugent les manifestations de mardi "justifiées". Un nouveau sondage CSA pour L'Humanité à paraître mardi a confirmé cette tendance, 54% estimant que le CPE est une "mauvaise chose" pour "les salariés".
Lente mobilisation ?
Depuis dix jours, les syndicats lycéens et étudiants ont multiplié les assemblées générales, pour essayer de mobiliser des jeunes parfois résignés, et malgré un calendrier difficile, entre partiels et vacances scolaires. "Il a fallu plusieurs semaines pour parvenir à mobiliser contre le CIP ("Smic-jeunes") et le retrait du texte est intervenu deux mois et demi après le vote à l'Assemblée", souligne le président de l'Unef, Bruno Julliard, dans un entretien aux Echos.
"Le 7 février n'est qu'une étape", a prévenu le numéro un de la CGT Bernard Thibault.
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