Le ministre appelle médecins en colère et Sécu à négocier

le 13 février 2006 à 16h36 , mis à jour le 13 février 2006 à 21h56

Alors que certains syndicats brandissent la menace d'une grève du zèle et de dépassements d'honoraires, Xavier Bertrand a pressé lundi assurance maladie et médecins libéraux de "se remettre autour de la table" des négociations sur le tarif des consultations.

Bertrand Xavier ministre de la santé Chikungunya

Le ministre de la Santé a pressé lundi assurance maladie et médecins libéraux de "se remettre autour de la table" des négociations sur le tarif des consultations, alors que certains syndicats brandissent la menace d'une grève du zèle et de dépassements d'honoraires. "J'invite chacun à bien faire le point sur ce qui n'a pas fonctionné pour arriver à cet accord qui était à portée de la main", a affirmé Xavier Bertrand.

La 8e séance de négociation entre l'assurance maladie (Uncam) et trois syndicats médicaux - CSMF, SML et Alliance -, consacrée aux économies à réaliser en 2006 et au calendrier des futures revalorisations tarifaires, s'était soldée samedi matin par un nouvel échec, au terme de onze heures de discussions.

"La balle est dans le camp de l'assurance maladie" 

Les positions de l'Uncam et des syndicats signataires de la convention qui a instauré le dispositif du médecin traitant, ne paraissent de fait pas si éloignées. Outre une revalorisation d'un euro des tarifs des spécialistes au 15 mars, le directeur de l'Uncam, Frédéric van Roekeghem, a laissé la porte ouverte à une hausse d'un euro de la consultation des généralistes "à partir du 1er septembre", à condition que de nouvelles économies soient réalisées.

"On peut toujours discuter de la date, mais c'est la conditionnalité de cette hausse qui n'est pas acceptable", a rétorqué à l'AFP le président de la CSMF (1er syndicat médical), Michel Chassang, pour qui "la balle est désormais dans le camp de l'assurance maladie et du gouvernement". "Il s'agit de notre honneur et notre crédibilité syndicale, on se moque de nous, alors que nous avons rempli nos engagements, en nous obligeant à quémander un euro par-ci, un euro par-là", a déploré M. Chassang. Pour lui, on est passé d'un "contrat de confiance" entre médecins et Sécurité sociale, à un "contrat de défiance".

23 euros en 2007

La CSMF, à trois mois d'élections professionnelles qui pèsent sur cette négociation, a appelé les praticiens "à se mobiliser" pour obtenir "un calendrier clair qui nous amènerait à une consultation des généralistes à 23 euros à l'horizon 2007", contre 20 euros actuellement. M. Chassang a également incité les médecins à appliquer avant l'heure certaines dispositions prévues pour mars en cas d'accord: un euro supplémentaire pour les pédiatres, et 3 euros pour les généralistes dont le patient est un enfant de deux à six ans.

Un autre syndicat moins important, le SML, a pour sa part annoncé des "ripostes graduées", appelant dès cette semaine les médecins à "ne travailler que 35 ou 39 heures par semaine" et à "pratiquer des dépassements d'honoraires à la charge du patient ou de sa mutuelle". Le SML, peu représenté chez les généralistes, appelle également les praticiens à observer "une grève du zèle" qui pourrait se traduire par des boycotts de cartes Vitale (télétransmission).

L'assurance maladie doit proposer un nouveau texte aux médecins dans le courant de la semaine, avant une nouvelle rencontre à fixer. M. van Roekeghem a prévenu que les revalorisations devraient être "compatibles avec les grands équilibres de l'assurance maladie", chiffrant à 210 millions d'euros le coût pour la Sécurité sociale d'une hausse de 1 euro de la consultation. La convention médicale s'est déjà traduite pour les médecins par des revalorisations "de près de 9%" en deux ans, a-t-il rappelé. (D'après AFP)

(Xavier Bertrand/archives/LCI)

le 13 février 2006 à 16:36
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3 Commentaires

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  • Georges, le 13/02/2006 à 18h54

    Les généralistes sont très bien structurés et parviennent chaque année à obtenir une augmentation de leurs honoraires, à défaut des réductions de charges fiscales ou sociales. C'est loin d'être le cas des autres indépendants, notamment parmi les para-médicaux qui ne récupèrent que les miettes, une fois tous les 5 ou 10 ans.

  • Lefrancois, le 13/02/2006 à 18h09

    Rassurez vous les élections approchent et la droite garante de la bonne gestion du pays va bien réussir à accorder aux uns ce qu'elle refuse aux autres: une augmentation, même si celà "endette encore plus nos enfants"

  • Joss, le 13/02/2006 à 17h50

    Ne devrait-on pas revoir les tarifs selon le type de consultation, est-il logique de payer le même tarif pour un renouvellement d'ordob=nnance qui dure une minute et une auscultation d'un malade qui prend trente minutes; c'est la dessus qu'il faut se pencher et donner une juste rétribution.

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