© AFP / DOMINIQUE FAGET Dans toute la France, ce mardi, 187 manifestations avec pour seul mot d'ordre le retrait du CPE ont rassemblé de 218.000 personnes, selon la police, à 400.000, selon les syndicats. Un coup de semonce, mais pas la déferlante espérée par les syndicats et mouvements de jeunes hostiles au contrat première embauche. Le collectif de syndicats doit cependant se réunir mercredi soir au siège de la CGT pour décider des suites à donner à la mobilisation et une une nouvelle date semble être à l'ordre du jour.
Interrogé mardi soir sur France 2, le premier secrétaire du PS, François Hollande, a néanmoins évoqué une mobilisation "significative". Pour le député-maire de Tulle, "il faut que le gouvernement suspende la discussion parlementaire, ouvre les négociations qui n'ont jamais eu lieu avec les organisations syndicales et les mouvements de jeunes" puis "revienne avec un nouveau texte".
Analyse quelque peu différente du côté du gouvernement. "Evidemment, j'écoute ceux qui manifestent mais j'écoute aussi ceux qui ne manifestent pas", a déclaré le Premier ministre mardi après-midi devant les députés, marquant son refus de "l'immobilisme" et du "statu quo". Façon de souligner que les manifestations, où les jeunes étaient présents en nombre, ont mobilisé des foules significatives sans qu'on puisse parler d'un "raz de marée", ainsi que l'a admis François Chérèque (CFDT). Vacances scolaires, délai raccourci de mobilisation, tenues des partiels, complexité du débat : l'exercice n'était pas aisé pour les détracteurs du CPE. C'est donc à l'aune de ces difficultés qu'ils ont voulu apprécier les scores enregistrés : entre 5.000 et 30.000 manifestants à Marseille, 15.000 à Toulouse, 8.000 à 12.000 à Bordeaux, entre 13.000 et 45.000 à Paris.
"On n'a pas fait encore le plein"
Ces chiffres sont loin des participations enregistrées le 4 octobre, journée de grève et de manifestation interprofessionnelle centrée sur la question du pouvoir d'achat. Les syndicats voulaient toutefois surtout retenir un certain basculement de l'opinion publique en leur faveur. Dispositif de consolidation de l'emploi des jeunes pour le Premier ministre, torpille anti-CDI et vecteur de précarisation selon les détracteurs du CPE qui dénoncent la faculté de licencier sans justification le contractant pendant une période initiale de deux ans: il semble en effet que dans la bataille d'arguments qui se joue, les opposants aient damé quelques points au gouvernement, selon les sondages. Une enquête BVA-BFM-Les Echos confirme cette évolution: à l'en croire, 60% des Français jugent que le CPE va accroître la précarité et 67% ont considéré la mobilisation de mardi "justifiée", alors que majorité et opposition poursuivent leur bataille de tranchée à l'Assemblée.
Bruno Juillard (Unef) se déclare néanmoins confiant dans le fait que "la mobilisation pourra s'installer dans la durée". Gérard Aschieri (FSU) qualifie de "bon départ" ce mouvement, et estime qu'"on n'a pas fait encore le plein". "Si le Premier ministre accélère la cadence, nous accélérerons la mobilisation", assure de son côté Bernard Thibault (CGT), alors que les syndicats se retrouvent vendredi pour envisager une suite à la journée de mardi.
Photo d'ouverture : le cortège des manifestants à Montpellier - DR
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