Le Norway indésirable dans les eaux bangladaises

le 16 février 2006 à 12h45 , mis à jour le 16 février 2006 à 13h23

Les autorités du Bangladesh refusent l'entrée de leurs eaux territoriales à l'ex-France, qui devait être démantelé par un chantier naval bangladais. Motif : la dangerosité du navire, qui contiendrait plusieurs centaines de tonnes de matériaux amiantés.

norway

La polémique du Clemenceau semble rejaillir sur le Norway. Mercredi, Jacques Chirac demandait le retour de l'ancien porte-avions français, en route pour l'Inde ; ce jeudi, le gouvernement bangladais a annoncé sa décision à propos de l'ex-paquebot France. "Sur la base des informations que nous avons rassemblées, nous avons décidé d'interdire l'entrée du navire dans nos eaux" territoriales, a indiqué le ministre de l'Environnement bangladais. Toujours selon le ministre, la Banque centrale et le Département des Douanes du pays ont reçu ordre de ne délivrer aucun document pour l'importation du navire et les garde-côtes ont reçu pour instruction de veiller à ce qu'il reste hors des eaux territoriales. Le Norway ne pourra donc pas être démantelé au Bangladesh.

Le gouvernement a pris cette décision après que le directeur du chantier bangladais, Giri Subedar Ship Breaking Yard, eut annoncé mercredi avoir finalisé le contrat pour l'achat du Norway pour la somme de 12 millions de dollars. La nouvelle de la conclusion du contrat avait entraîné des manifestations immédiates à Chittagong, où des écologistes avaient formé une chaîne humaine en signe de protestation. Les craintes exprimées dès mercredi par les mouvements écologistes et le gouvernement bangladais concernaient - comme dans le cas du Clemenceau - la quantité d'amiante encore présente à bord du navire.

Le directeur du chantier naval s'incline 

Greenpeace a inclus le Norway sur une liste de 50 navires qu'elle craint de  ne pas voir décontaminés avant leur démantèlement. L'organisation écologiste cite des ouvriers français qui ont travaillé à la fabrication du paquebot et  affirment qu'il contient 1.250 tonnes de matériaux avec de l'amiante. Haji Lokman Hossain, le directeur du chantier bangladais, situé à Sitakundu près de Chittagong dans le sud du Bangladesh, s'est déclaré déçu par la décision du gouvernement mais a indiqué qu'il n'irait pas en justice. "Je ne veux pas me battre contre le gouvernement à propos du navire. Mais je suis surpris et choqué car (...) certains de ces bateaux amiantés ont été démantelés sur les chantiers de démantèlement de Sitakundu", a-t-il déclaré.

le 16 février 2006 à 12:45
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