Il y a ceux qui les voudraient sans limite. Puis ceux qui sont partisans de s'en tenir à deux périodes par an. Les soldes font débat. Le ministre de l'Economie Thierry Breton a décidé d'organiser une réunion du Conseil national de la consommation mardi après-midi avec le ministre du Commerce Renaud Dutreil afin d'y voir plus clair.
Thierry Breton avait suscité la polémique juste avant le début des soldes d'hiver en janvier, en déclarant qu'il "ne serait pas idiot" de faire davantage de "phases de soldes" dans l'année. Les soldes, qui ont lieu une fois en été et une fois en hiver, sont les seuls moments où les commerçants ont le droit de revendre à perte en France. Les petits détaillants, craignant pour leurs marges, y sont opposés, tout comme les grands magasins et les chaînes, qui y étaient d'abord plutôt favorables.
"Fête de la consommation"
Les commerçants tenteront mardi d'emmener le ministre de l'Economie sur un autre terrain. "Nous serions plutôt pour une plus grande liberté sur les promotions et les liquidations de fin de stocks, sans les contraintes administratives actuelles", a expliqué cette semaine Lucien Odier, président du Conseil national des succursalistes en habillement, représentant les chaînes comme Zara ou Celio. Une idée partagée par l'Union du grand commerce de centre ville.
Parmi les contraintes dénoncées, l'application des prix barrés : "Nous ne pouvons pratiquer les prix barrés que sur les articles qui sont présents en rayon depuis 30 jours. C'est une contrainte parce qu'il y a des moments de méventes où la marchandise est sortie depuis peu des entrepôts", a expliqué Georges Benoît, directeur général de C&A France. De plus, "les promotions ne doivent pas être majoritaires dans notre offre. Est-ce qu'on ne pourrait pas avoir des promotions un peu plus larges?", demande-t-il.
Du côté des consommateurs, l'association CLCV se dit carrément favorable à la suppression des soldes, comme c'est déjà le cas en Allemagne : "Nous voulons qu'il y ait des soldes toute l'année. Que les commerçants soient libres d'organiser leurs soldes quand ils le veulent", dit Reine-Claude Mader, sa présidente. "Si le ministre ou les commerçants veulent garder un ou deux grand messe(s) par an, parce que ça fait venir les touristes, que c'est une fête de la consommation, pourquoi pas", suggère-t-elle.








