
Même méthode, quelques années plus tard. Après avoir marqué les esprits des Japonais en ayant imposé une petite révolution chez le constructeur Nissan, Carlos Ghosn s'attaque au mastodonte Renault. Neuf mois après son arrivée à la tête du constructeur français, Carlos Ghosn dévoilera jeudi matin (en direct sur LCI) son plan stratégique sur trois ans pour accélérer l'allure du constructeur automobile français. La prestation sera diffusée sur des écrans géants dans chaque usine. Sujet : comment vendre plus de voitures et engranger plus de recettes.
Les 130.000 salariés de Renault attendent avec "impatience", "crainte" et "espoir" de connaître le plan. Si fermetures d'usine ou licenciements massifs ne semblent pas au programme, les syndicats redoutent des réductions d'effectifs en Europe de l'ouest par externalisation, cession de filiales ou non remplacement de départs en retraite.
Abandon de la F1 ?
Carlos Ghosn devrait annoncer un programme de réduction des coûts d'environ un milliard d'euros, via des modes de production revus et corrigés ainsi que des baisses des prix exigées aux équipementiers. La coûteuse F1 pourrait aussi être abandonnée. Le plan triennal sera aussi très axé sur les produits pour étoffer et élargir l'offre notamment dans le haut de gamme et atteindre l'objectif de 4 millions de ventes mondiales en 2010 fixé par le précédent PDG Louis Schweitzer, contre 2,5 millions aujourd'hui.
Gamme vieillissante
Convaincu que les profits de Renault dépendent trop de la Mégane et de la France, Carlos Ghosn veut aussi s'appuyer sur le succès du modèle low cost Logan pour accentuer l'internationalisation du groupe. Car le constructeur a beau afficher une belle santé financière, ses ventes ont dérapé en 2005 en Europe occidentale sous l'effet d'une gamme vieillissante et d'un durcissement du marché après deux années favorables. La firme au losange a perdu en 2005 sa place de première marque européenne au profit de Volkswagen. Renault aura "zéro modèle à mettre sur le marché" en 2006, a prévenu son PDG, qui a repoussé d'un an pour cause de rentabilité insuffisante la sortie de la deuxième génération de la Twingo qui doit être fabriquée en Slovénie.
Photo : Carlos Ghosn en premier plan et Louis Schweitzer en deuxième plan.
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