© AFPQui mange qui ?
Gaz de France devrait avaler Suez. Financièrement, l'opération est présentée comme un mariage "entre égaux". La fusion devrait être précédée du versement par Suez à ses actionnaires d'un dividende exceptionnel de 1 euro par action soit 1,25 milliard d'euros. La parité proposée après le dividende sera d'une action Suez pour une action GDF, un échange qui place donc les deux groupes sur le même plan, bien que sur le papier Gaz de France soit plus petit que Suez. Cette parité offre aux actionnaires de GDF une prime de 3,9% sur la base d'une moyenne de trois mois, au 24 février 2006.
Qui va diriger le groupe ?
Qui du PDG de GDF, Jean-François Cirelli, ou de celui de Suez, Gérard Mestrallet, sera le patron de la nouvelle entité. Ces données seront communiquées "dans les meilleurs délais", ont assuré les entreprises dans un communiqué commun. Dans la presse lundi matin, c'est la solution d'un directoire qui semble privilégiée. Gérard Mestrallet en assurerait la présidence, Jean-François Cirelli la vice-présidence. Pour le reste, on assure que la stricte parité sera observée.
Pedigree du nouvel ensemble ?
Le nouveau groupe, fort d'un chiffre d'affaires de 64 milliards d'euros et d'une capitalisation boursière de plus de 70 milliards d'euros -- juste derrière EDF -- figurera dans les tout premiers rangs des acteurs européens de l'énergie et de l'environnement. Suez-Gaz de France sera le cinquième producteur d'électricité en Europe, l'opérateur du premier réseau de transport et de distribution de gaz en Europe et le leader européen des services à l'énergie, du gaz naturel liquéfié (GNL). Il sera enfin un leader mondial de l'eau et de la gestion des déchets.
Des chiffres et des hommes
210 000 salariés
65 milliards d'euros de chiffre d'affaires
Une capitalisation boursière de 72,4 milliards d'euros
Où passe l'Etat ?
La part de l'Etat dans le nouvel ensemble sera comprise "entre 34% et 35%, soit la minorité de blocage nécessaire pour empêcher toute tentative d'OPA. Le gouvernement souhaite aller "très vite devant le Parlement, dans les deux, trois mois qui viennent" pour modifier la loi concernant Gaz de France. La loi prévoit actuellement que l'Etat ne peut pas descendre en dessous de 70% du capital de l'entreprise.
Et EDF ?
Sur le terrain français, Suez-Gaz de France va directement concurrencer EDF dans la perspective de l'ouverture totale du marché de l'énergie au 1er juillet 2007, où tous les particuliers pourront librement choisir leur fournisseur. Le nouvel ensemble fusionné pourra offrir aux clients une solide offre mixte (gaz et électricité) tandis qu'EDF, leader européen de l'électricité, débute à peine dans la commercialisation du gaz.
Photo : Le ministre de l'Economie Thierry Breton accompagne des patrons de Suez et de GDF, Gérard Mestrallet et Jean-François Cirelli, lundi matin à Bercy.
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