
Les fiançailles ont eu lieu au pas de charge. Les noces ne devraient pas être moins rapides. Lundi, après l'annonce le week-end de l'absorption de Suez par Gaz de France, le ministre de l'Economie et les PDG des deux sociétés vont rencontrer les syndicats. Ces derniers "abasourdis" dénoncent une mesure précipitée et surtout la privatisation de fait de GDF, avec de lourdes conséquences pour l'emploi, les tarifs et les investissements de l'entreprise. La CGT appelle d'ores et déjà les personnels à "préparer la riposte". Le premier secrétaire du PS François Hollande a résumé quant à lui la fusion par trois mots : "improvisation, précipitation, privatisation".
Lundi, Thierry Breton aura la difficile tâche de rassurer les représentants des salariés en rappelant que l'Etat doit rester le premier actionnaire du nouveau groupe, avec un peu plus de 34% du capital, voire près de 40% en participations indirectes. De leur côté, les deux groupes ont assuré lundi matin que la fusion, effective "au cours du deuxième semestre 2006", n'engendrerait "aucune destruction d'emplois" et ne modifierait pas les statuts des personnels.
Le Belge Albert Frère
Le ministre essaiera sans doute aussi de convaincre ses interlocuteurs que l'opération est l'unique moyen de faire barrage au groupe italien d'électricité Enel qui veut acheter Suez. Dans la péninsule, l'affaire est prise comme un camouflet. "Nous nous trouvons face à une énorme violation des règles de l'UE et des règles du marché libre", a estimé lundi le ministre italien de l'Industrie, qui entend porter le dossier devant la Commission européenne.
Dans la pratique, Suez et GDF ont annoncé lundi que leur fusion amicale prendrait la forme d'un échange d'une action Suez - après versement d'un dividende d'un euro - pour une action Gaz de France . Ce qui revient à accorder une prime de 3,9% aux actionnaires de GDF sur la base de la moyenne 3 mois, au 24 février 2006. Après l'Etat, le deuxième actionnaire le plus important serait la holding du financier belge Albert Frère, le groupe Bruxelles Lambert, dont la part passerait de 7,2% à 4,1%. Le Parlement français devrait rapidement modifier la loi empêchant l'Etat de passer sous les 70% dans le capital de GDF.
(Image LCI.)
Retour MYTF1
Chargement en cours...




