Les vignerons expriment leur ras-le-bol

le 15 février 2006 à 07h35 , mis à jour le 15 février 2006 à 07h40

Les vignerons sont appelés à la mobilisation aujourd'hui dans plusieurs régions du pays. Ils demandent au gouvernement d'appliquer les mesures promises. Des manifestations que les viticulteurs veulent calmes et loin des dernières opérations coups de poing.

viticulteurs vins raisin vigne vignoble © lci

Les vignerons du Languedoc-Roussillon, de Provence et d'Aquitaine sont appelés par leurs syndicats et organisations professionnelles à manifester mercredi à Bordeaux, Narbonne, Béziers, Nîmes et Avignon pour alerter l'opinion sur la "crise sans précédent" du secteur viticole. La région bordelaise donne le coup d'envoi à 10H30 avec la remise au préfet d'un cahier de revendications par les organisations professionnelles qui lanceront par ailleurs "une campagne d'affichage insolite" dans les communes viticoles. A Avignon (Vaucluse) et en Languedoc-Roussillon (Nîmes, Narbonne, Béziers), des cortèges devraient s'ébranler vers 15H00. A Narbonne, les syndicats de vignerons de l'Aude et des Pyrénées-Orientales espèrent réunir "plus de 5.000 personnes" pour demander "des mesures de soutien au monde viticole national en crise". "Nous sommes la seule profession qui paye pour travailler, de l'ordre de 1.000 euros de perte à l'hectare (...), on est en train de crever", a indiqué lundi Jean Roger, président des viticulteurs roussillonnais. La Confédération des vignerons du Val-de-Loire, 3e vignoble AOC de France, remettra également mercredi une motion à la préfecture du Maine-et-Loire à Angers.

Selon l'Office national interprofessionnel Viniflhor, la France reste le premier pays producteur de vins, avec 20% de la production mondiale, et le premier exportateur, mais cette place lui est de plus en plus contestée par de nouveaux arrivants sur le marché (Etats-Unis, Brésil, Chili, Afrique du sud, etc.). Les vignerons français, face à la production mondiale en forte hausse, au recul des exportations et à une diminution de la consommation nationale, souffrent de la mévente de leurs produits et de la pression à la baisse sur les cours. Ils souligneront aujourd'hui leurs difficultés qui se traduisent par des intentions d'arrachage de vignes: en Languedoc-Roussillon, 12.500 hectares sont concernés, 1.800 dans le vignoble bordelais. Les viticulteurs ont reçu le soutien de la FRSEA, des Jeunes agriculteurs, du Modef (petites exploitations familiales), de la Confédération paysanne, de la Fédération des caves coopératives, de la filière fruits et légumes, de la Confédération nationale des AOC, de celle des vins de pays, de la Coopération viticole nationale et de l'Association nationale des élus de la vigne et du vin (ANEV).

Selon la Confédération paysanne, il s'agit également de défendre "la ruralité" et le rôle d'"aménageurs du territoire" joué par les vignerons. Pour le président de l'Union des vignerons de l'Hérault, Patrice Poupelin, il faut dénoncer "les marges que continue de prendre la grande distribution alors que les viticulteurs ne parviennent pas à couvrir leurs coûts de production et à nourrir leur famille". Les demandes de RMI, affirme M. Poupelin, "affluent par dizaines chaque semaine" à la Mutualité sociale agricole (MSA) où l'on indique aux intéressés qu'ils "n'auront pas de réponse avant plusieurs mois". Les manifestants demanderont l'application des aides annoncées par le gouvernement : allègement des charges sociales et fiscales, report des échéances de prêts, aides aux trésoreries les plus en difficulté. Les viticulteurs tenteront également de donner une image positive de leur secteur, parfois entachée par des manifestations violentes ou des opérations coups de poing. A Bordeaux, ils distribueront des bouteilles aux abords de la préfecture et des dégustations de vin sont prévues à Béziers.

le 15 février 2006 à 07:35
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9 Commentaires

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  • HKC, le 15/02/2006 à 14h12

    Les vignerons trinquent, encore une fois... Ils ont suivi pendant des années les conseils non avisés de différents organismes... Je connais une famille de viticulteurs qui s'en sort fort bien car le père dans les années de vaches grasses à refuser l'utilisation de xides ( pesticides, fongicides, insecticides ) pour préserver son terroir. Il faisait des 40 hecto/hectare contrairement à ses voisins qui faisaient "pisser" la vigne à 80 ou 100hecto/hectares. Maintenant il a transmis à ces enfants un superbe vignoble qui sort des vins d'une qualité rares... La qualité se vendant toujours, ils ne perdent pas d'argent ! Merci de me publier !

  • TITEUF53, le 15/02/2006 à 13h34

    Ce n' est pas au gouvernement de prendre des mesures, mais à tous les Français ! Buvons du vin !

  • Jean, le 15/02/2006 à 13h14

    Il y a un créneau pour le vin bio ...

  • Laurent, le 15/02/2006 à 13h02

    Des mesures de soutien sans une analyse en profondeur et refonte de la viticulture franaise, c'est encore de l'argent jeté par les fenêtres

  • BRIGITTE, le 15/02/2006 à 10h52

    Arretez avec le danger du vin. Nous voyons nos jeunes aujourd'hui ils ne ceux choutent pas avec du vin.. mais avec des produits bien plus pires que du vin... Et, enfinc'est notre patrimoine Avez-vous oublié.. BB

  • Maxime, le 15/02/2006 à 10h40

    Mais le problème, c'est que pendant des décennies les vignerons ont fixés les prix qu'ils voulaient, en effet la tradition française faisait que partout on disait du vin français qu'il était meilleur, résultat les vignerons se sont endormis sur leur lauriers, et sont apparus les vins du nouveau monde, aussi bon voir meilleur, mieux étiquetés et ET surtout bien moins cher! Vous pensez réellement que l'on va dépenser plus cher pour une bouteille française alors que l'on trouvera l'équivalent pour pas mal d'€uro de moins? Et puis c'est peut etre triste mais il faudrait peut etre arreter de sur produire chaque année quand on sait qu'il y a des stocks pas encore vendus!!!! Arretez de vouloir toujours plus vendanger!!! Vendez vos terres ca vous permettra de faire face aux difficultés. Arrêtez de toujours demander des aides, des aides et encore des aides!

  • Durand, le 15/02/2006 à 10h37

    Et l'on fait quoi ! On crée une aide vignerons , qu'ils viennent voir en Champagne on défriche et l'on plante , peut ètre pourrait -il y avoir une solidarité dans la même corporation . Sinon , Français buvez du vin ,toujours avec modération .

  • Den, le 15/02/2006 à 10h09

    La profession va mal! Soit mais pourquoi nos "peoples" investissent autant dans les vignobles? Sont-ils mal conseillés ou veulent ils déclarés des pertes pour payer moins d'impôts?

  • PIERRE MARIE VALLEZ, le 15/02/2006 à 09h59

    Quand j'étais jeune (et je n'ai que 46 ans), un cultivateur produisait 20 à 25 "quintos" de blé à l'hectare, pour le vin c'est exactement la même chose, le problème est la surproduction, comme dans l'industrie d'ailleurs, voilà il ne faut pas chercher plus loin!!!

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