Virés pour port de jogging ou congé maladie

le 15 février 2006 à 07h00 , mis à jour le 15 février 2006 à 15h51

En plein débat sur la création des contrats première embauche, les premiers cas de salariés qui contestent leur licenciement de CNE arrivent aux Prud'Hommes. Certains ont été licenciés au motif qu'ils voulaient être payés pour des heures sup ou bien qu"ils se promenaient en jogging.

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Renvoyé pour avoir réclamé le paiement de ses "heures sup", être tombé malade ou s'être promené en jogging : six mois après la création du contrat nouvelle embauche (CNE), les premiers dossiers de salariés contestant leur licenciement arrivent aux Prud'hommes. "Nous suivons déjà une dizaine de dossiers : les premiers jugements interviendront dans trois ou quatre mois", a expliqué le responsable du service juridique de la CFDT, Didier Cochuat. "Pour le moment ce sont des licenciements 'pour l'exemple', destinés à bien faire comprendre aux salariés de l'entreprise qu'ils doivent être malléables et corvéables à merci", estime-t-il.

Les autres syndicats commencent, eux aussi à voir affluer les dossiers, à Créteil, Aix-en-Provence, Bordeaux ou Lyon. Ici, c'est un employé remercié pour dix minutes de retard, là une jeune femme licenciée quelques jours après avoir annoncé sa grossesse. Très souvent, les salariés sont renvoyés après avoir réclamé le paiement d'heures supplémentaires. La CGT évoque le cas d'un salarié licencié après avoir prévenu son patron qu'il devait se faire opérer. La CFTC a reçu l'appel d'un boucher du nord de la France renvoyé pour avoir fait ses courses "en jogging", un jour de repos, dans le supermarché où il travaille habituellement.

Motils "illégaux"

Entré en vigueur en août, le CNE est réservé aux entreprises employant jusqu'à 20 personnes. Signe particulier : au cours des deux premières années, l'employeur peut licencier son salarié sans justifier sa décision. Au delà, il devient un contrat à durée indéterminée (CDI) normal. "Le gros des ruptures devrait intervenir entre le 15e et le 20e mois", lorsque certains patrons vont vouloir se séparer de leurs employés juste avant que le CNE ne bascule en CDI, prévient M. Cochuat. Mais contrairement à un CDI ou un CDD, c'est au salarié de prouver que son licenciement est abusif.

Les syndicats doivent donc former leurs représentants aux prud'hommes à cette nouvelle forme de procédure. "On va utiliser à fond l'argument des motifs de licenciements illégaux (discrimination, femmes enceintes, etc)", explique M. Masson. "A partir du moment où on leur fournit quelques indices troublants, les Prud'hommes ont un pouvoir d'investigation assez large", souligne-t-il. "Perversion du système : l'ignorance du motif du licenciement va contraindre le salarié désirant le connaître à assigner presque systématiquement en justice son employeur", ont mis en garde des juristes en droit du travail, samedi, dans une tribune au Monde.

Le gouvernement revendique plus de 300 000 CNE

Le nombre d'intentions de contrats nouvelles embauches (CNE) déclarées par les entreprises s'est élevé à 58.000 en janvier en données brutes, portant à 303.900 le nombre de CNE depuis leur création en août, selon l'Acoss (Agence centrale des organismes de securité sociale). Après avoir reculé régulièrement depuis septembre, le nombre de CNE remonte légèrement en janvier. Pour ce premier mois de l'année, les CNE représentaient 12,6% des intentions d'embauche dans les entreprises concernées. Par secteur d'activité, on note un très fort recours au CNE dans le BTP, l'industrie, le commerce ainsi que les services aux particuliers (coiffure, esthétique, etc), selon l'Acoss.Le taux de recours au CNE est ainsi de 23,8% dans le BTP. Selon les régions, le taux de recours au CNE varie de 8% à 18%. La Corse (18,1%), la Lorraine (14,5%) et le Languedoc-Roussillon (14%) ont les taux les plus élevés.

le 15 février 2006 à 07:00
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33 Commentaires

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  • Moi, le 15/02/2006 à 15h13

    On savait bien que c'était la porte ouverte à toutes les dérives de ce genre.

  • Job, le 15/02/2006 à 13h51

    Parcequ'il n'y a pas d'abus dans le monde merveilleux du CDI ? Entre les patrons qui ont du mal à embaucher car le CDI est trop engageant, et les employés qui ne veulent pas d'un CNE trop laxiste... Où va-t-on ???

  • Sebastien, le 15/02/2006 à 13h48

    Les CDI ont eux aussi des périodes d'essai pouvant allé jusqu'à 6 mois, et ont eux aussi ce genre d'abus. De plus, mieux vaut être viré au bout de 15 à 20 mois de CNE que de 3 à 5 mois de CDI. L'expérience acquise permettra de trouver un autre travail plus rapidement.

  • Laurent, le 15/02/2006 à 13h04

    Et on va faire le procès du CNE pour quelques cas malheureux, alors que ces mêmes cas existent pour des personnes en CDI

  • JP, le 15/02/2006 à 13h01

    Bonjour, Et ce n'est que le début ....... Certaines craintes sont donc ) priori justifiées. Bonne lecture. Merci, cette fois, de bien vouloir me publier

  • Pierre, le 15/02/2006 à 12h35

    Les Entreprise cherchent uniquement à faire de l'argent et, de donner aux actionnaires les dividendes, mais les employés ne sont plus rien. j'étais pour ce CPE car faute de grive ns mangeons du merle... Mais enfin de compte le mets est redoutable.. Pierre

  • Christophe, le 15/02/2006 à 12h23

    Et combien de personnes ont été embauchées grace au CNE. Et est-ce que c'est vraiment plus facile de virer les gens en CNE qu'en CDD ou CDI ?

  • Laurent, le 15/02/2006 à 12h08

    Bah c'était couru d'avance que des licenciements abusifs auraient lieu à la pelle hein, avec des contrats pareils... et ça ne fait que commencer!

  • Gilles, le 15/02/2006 à 12h02

    C'était à prévoir, avec la liberté de licencier pendant 2 ans les employeurs ne vont pas se gener.1)ça leur permet d'avoir une période d'essai de 2 ans, alors qu'avant elle dépendait de la convention collective et de la durée du contrat.2)quand il y a des demandes en commandes,ils peuvent embaucher pour cette période sous le couvert de ce contrat,et ils peuvent licencier quand le surcroit de travail est terminé.Et des raisons il y en a d'autres. Je trouve lamentable de traiter ces jeunes comme ça,j'ai contaté depuis plusieurs années le durcicement de ces mentalitées KLEENEX. Je réprouve ce qui c'est passé dans les banlieues,mais là souffler sur les braises pas complétement éteintes,c'est ce moquer du monde et montrer une fois de plus que nous sommes non pas des êtres humains mais des objets que l'on se débarrassent quand ils ne sont plus utiles. Cette politique accouche d'une génération de colère et d'injustice.

  • Christophe, le 15/02/2006 à 11h59

    C'était évident....

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