Action "coup de poing" des viticulteurs

le 06 mars 2006 à 20h15 , mis à jour le 06 mars 2006 à 21h11

Cuves de vin et camions vidés, véhicules des forces de l'ordre brûlés : lundi dans l'Hérault, un peu plus d'une centaine de viticulteurs ont manifesté violemment pour réclamer des aides d'urgence à leur filière. Des actions jugées "inacceptables" par Dominique Bussereau.

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Des viticulteurs ont incendié, lundi dans l'Hérault, des véhicules de la gendarmerie et vidé des cuves de vins, des actes qui constituent autant d'appels à destination du gouvernement dont ils attendent toujours des réponses face à la crise du secteur. Le ministre de l'Agriculture Dominique Bussereau a condamné ces actions qu'il juge "inacceptables".

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Les violences ont commencé lundi vers 9H, lorsque 120 à 130 viticulteurs en colère, cagoulés et masqués, se sont rendus chez un négociant en vins de Sète, les Chais du Sud, pour y contrôler le contenu de deux camions citerne, selon la police. L'un d'entre eux où se trouvait du vin italien a été vidé sur le sol. Ils se sont ensuite rendus chez un autre négociant sétois, "La Navale française" où ils ont vidé des cuves contenant plusieurs milliers d'hectolitres. Des boulons ont été jetés contre une voiture de police à Sète. Puis ils ont mis le feu à un fourgon de gendarmerie, puis à une voiture et à une moto qui les suivaient, sur une aire de repos de l'autoroute A9, à Gigean, après en avoir fait sortir de force les occupants, a indiqué le centre opérationnel de la gendarmerie de Montpellier.

"Une piqûre de rappel au gouvernement"

Plus tard, sur un rond-point près de Frontignan, les viticulteurs ont dressé un barrage filtrant en incendiant des pneus, puis au péage de Saint-Jean-de-Vedas, ils ont effectué une opération "péage gratuit". Là, trois camions venant d'Espagne et à destination de Beaune (Côte d'Or) ont été à leur tour vidés de leur contenu. A Béziers, les manifestants ont fait subir le même sort à des cuves appartenant aux établissements Frigovin, avant de mettre le feu à des cuves en résine, selon la police.

"Il s'agit de faire une piqûre de rappel au gouvernement", a déclaré Patrice Poupelin, président du syndicat des vignerons de l'Hérault. "Nous lui avions dit le 15 février, date des manifestations à Bordeaux, Narbonne, Béziers, Nîmes et Avignon, que nous voulions des 'réponses rapides' face à l'état de détresse de nombreux viticulteurs, sinon ils perdraient patience. C'est ce qui est en train de se passer", a-t-il ajouté. "Il faut que le gouvernement annonce des mesures pour les viticulteurs qui ne peuvent pas prélever un euro pour manger", a-t-il ajouté.

Vendredi, des inscriptions "CRAV Boum" (Comité régional d'action viticole) ont été découvertes sur une agence bancaire et sur le mur extérieur de la gendarmerie à Olonzac (Hérault), selon les gendarmes. Dans l'Aude, une explosion a endommagé dans la nuit de mercredi à jeudi, la perception de Peyriac-Minervois, selon les gendarmes qui ont relevé la même signature CRAV sur un mur du bâtiment. Le ministre de l'Agriculture Dominique Bussereau réunit le 5 avril à Paris une table ronde pour faire la synthèse des travaux des "comités de bassin" et a annoncé un "plan stratégique" pour la viticulture avant la fin avril.

Photo d'ouverture : des cuves en résine en feu à Béziers - DR

le 06 mars 2006 à 20:15
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10 Commentaires

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  • Franck, le 07/03/2006 à 10h31

    C'est honteux!! comment peuvent ils demander des aides a l'etat alors qu'ils ne sont que des delinquents. Les agriculteurs ont pris cette mauvaise habitude en croyant que les subventions sont des dues mais il n'en est rien. de plus de nombreuses entreprises sont en difficulte dans de nombreux secteurs economique et personne ne les aident!!! alors pourquoi un traitement de faveur!!!! Dernier point je ne boirai plus de vin issu de cette region c'est ma façon a moi de protesté!

  • Steph, le 07/03/2006 à 10h20

    C'est inadmissible! Meme si on peut comprendre leur desarroi, ces methodes ne sont pas acceptables. Les gendarmes auraient du demander l'appui des CRS pour mater ces rebelles. CE qui m'interpelle, ce sont ces camions amenant du vin espagnol a Beaune... Il serait interessant de voir s'il n'existe pas des magouilles qui font que du vin espagnol se retrouve dans des appellations "Cotes de Beaune" censees etre AOC...

  • Bob, le 07/03/2006 à 09h48

    Et on va ensuite critiquer les "jeunes" dans les "quartiers difficiles"... Donnez l'exemple messieurs, la jeunesse vous regarde !

  • ., le 07/03/2006 à 08h57

    Ce n'est plus ni moins que du vandalisme , tout le monde sait qu'ils sont en difficulté , mais hélas ils ne sont pas les seuls. Si tous les employés des sociétés qui licencient cassaient tout aussi ,ce serait la guerre civile . Ils ont détruit ! et aujourd'hui l'on va réparer les dégats et celà n'aura pas résolu leur problème .Combien de personnes de tous ages se retrouvent un jour sans travail , je parle en connaissance de cause , après avoir travaillé trente années je me suis retrouvé au chômage et ça il y a 15 ans , pour dire que celà ne date pas d'aujourd'hui et que tout le monde peut ètre concerné , et c'est sûr on pense toujours que celà n'arrive qu'aux autres . C'est la conjoncture et je crois qu'à notre époque il faudra faire avec et casser ne résoud rien !

  • Patrick, le 07/03/2006 à 07h20

    Bonjour c'est plus facile de tout casser que d'aller bloquer le domicile du ministre de l'agriculture j'appelle ca degradation volontaire on devrait leurs faire payer les degats et les condanner a de tres lourdes peines de prison ce sont des irresponssables il en veulent toujours plus

  • Gérard, le 07/03/2006 à 06h48

    On casse, on brûle, on ruine on détruit le matériel de l'Etat, et ce en toute impunité. Quel bel exemple pour la jeunesse! Et qu'a dit Sarkosy? Rien! La tolérance zéro ne s'applique pas aux agriculteurs ou viticulteurs casseurs...

  • Eric, le 06/03/2006 à 23h01

    Ces actes sont innaceptables et sont les effets pervers de l'Europe actuelle qui doit avant tout harmoniser le social et la fiscalité dans la communauté.

  • Ben, le 06/03/2006 à 22h45

    Bien que je soit à 100% avec les viticulteurs Français et que je les soutient dans cette crise, ça me fait vraiment mal au coeur de voir tout ce vin gacher!

  • JC, le 06/03/2006 à 21h30

    Perso, je veux une augmentation, je vais mettre le feu a la voiture de mon patron, voir si ca marche aussi ! N'importe quoi..... c'est pas des aides, mais de la prison qu'il faut leur donner. (et pourtant, je suis de la region....) Y'en a marre de se pays d'assistes.

  • Vastre, le 06/03/2006 à 21h14

    A partir d'aujourd'hui, je bois de l'eau de Vals, de Badoit ou d'ailleurs. J'en ai assez de soutenir des crétins qui n'ont d'autre moyen d'action que la destruction de la propriété des autres. Vive le vin du nouveau monde ! Dans 10 ans les gougnafiers auront tourné casaque et nous vivrons en paix ! Par bonheur, je connais quelques vignerons qui ne sont pas des fainéants et qui font de bonnes affaires en cultivant des vignes en Languedoc. Ils ne font pas les 35 heures mais ils méritent notre considération et nous régalent de leur production. Tout espoir n'est pas perdu pour les courageux !

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