
Des viticulteurs ont incendié, lundi dans l'Hérault, des véhicules de la gendarmerie et vidé des cuves de vins, des actes qui constituent autant d'appels à destination du gouvernement dont ils attendent toujours des réponses face à la crise du secteur. Le ministre de l'Agriculture Dominique Bussereau a condamné ces actions qu'il juge "inacceptables".
Des viticulteurs entre désespoir et violence
Des incidents violents ont opposé dans la nuit de mercredi à jeudi plusieurs centaines de viticulteurs aux forces de l'ordre entre Pezenas et Béziers.
Publié le 26/11/2009
Les violences ont commencé lundi vers 9H, lorsque 120 à 130 viticulteurs en colère, cagoulés et masqués, se sont rendus chez un négociant en vins de Sète, les Chais du Sud, pour y contrôler le contenu de deux camions citerne, selon la police. L'un d'entre eux où se trouvait du vin italien a été vidé sur le sol. Ils se sont ensuite rendus chez un autre négociant sétois, "La Navale française" où ils ont vidé des cuves contenant plusieurs milliers d'hectolitres. Des boulons ont été jetés contre une voiture de police à Sète. Puis ils ont mis le feu à un fourgon de gendarmerie, puis à une voiture et à une moto qui les suivaient, sur une aire de repos de l'autoroute A9, à Gigean, après en avoir fait sortir de force les occupants, a indiqué le centre opérationnel de la gendarmerie de Montpellier.
"Une piqûre de rappel au gouvernement"
Plus tard, sur un rond-point près de Frontignan, les viticulteurs ont dressé un barrage filtrant en incendiant des pneus, puis au péage de Saint-Jean-de-Vedas, ils ont effectué une opération "péage gratuit". Là, trois camions venant d'Espagne et à destination de Beaune (Côte d'Or) ont été à leur tour vidés de leur contenu. A Béziers, les manifestants ont fait subir le même sort à des cuves appartenant aux établissements Frigovin, avant de mettre le feu à des cuves en résine, selon la police.
"Il s'agit de faire une piqûre de rappel au gouvernement", a déclaré Patrice Poupelin, président du syndicat des vignerons de l'Hérault. "Nous lui avions dit le 15 février, date des manifestations à Bordeaux, Narbonne, Béziers, Nîmes et Avignon, que nous voulions des 'réponses rapides' face à l'état de détresse de nombreux viticulteurs, sinon ils perdraient patience. C'est ce qui est en train de se passer", a-t-il ajouté. "Il faut que le gouvernement annonce des mesures pour les viticulteurs qui ne peuvent pas prélever un euro pour manger", a-t-il ajouté.
Vendredi, des inscriptions "CRAV Boum" (Comité régional d'action viticole) ont été découvertes sur une agence bancaire et sur le mur extérieur de la gendarmerie à Olonzac (Hérault), selon les gendarmes. Dans l'Aude, une explosion a endommagé dans la nuit de mercredi à jeudi, la perception de Peyriac-Minervois, selon les gendarmes qui ont relevé la même signature CRAV sur un mur du bâtiment. Le ministre de l'Agriculture Dominique Bussereau réunit le 5 avril à Paris une table ronde pour faire la synthèse des travaux des "comités de bassin" et a annoncé un "plan stratégique" pour la viticulture avant la fin avril.
Photo d'ouverture : des cuves en résine en feu à Béziers - DR
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