
Le ministre de l'Economie Thierry Breton confirme avoir été informé "avant Noël" d'une rumeur d'OPA du groupe italien Enel sur Suez, mais se défend d'être intervenu comme le lui reproche Enel dans un mémorandum adressé jeudi à Bruxelles, ayant jugé la rumeur "saugrenue". "Avant Noël, c'est Gérard Mestrallet (le PDG de Suez, ndlr) lui-même qui me fait part d'une rumeur concernant un éventuel intérêt d'Enel sur Suez auquel le groupe Veolia serait directement ou indirectement associée", indique le ministre dans une interview au Figaro vendredi. "J'ai dit à Gérard Mestrallet que je n'y croyais pas. Tout cela m'est apparu totalement saugrenu", ajoute-t-il.
Le ministre explique en effet qu'en raison de l'accord de 2005 entre Enel et EDF, qui permettait à Enel de progresser sur le marché français de l'énergie, "l'idée que ces avancées (...) puissent être bouleversées sans la moindre discussion préalable paraissait tout simplement impossible compte tenu de l'excelllence de nos relations avec le gouvernement italien".
Extrême perplexité
Dans son mémorandum, Enel affirme que c'est le groupe français Veolia, spécialisé dans le traitement des eaux et des déchets, qui a eu l'idée d'une offre conjointe sur Suez en novembre 2005 avant de faire volte-face in extremis fin février à la suite de l'hostilité manifestée par les autorités françaises. Interrogé sur les intentions d'Henri Proglio, le PDG de Veolia, de soutenir Enel dans une éventuelle OPA sur Suez, M. Breton dit que le 15 janvier, à l'occasion d'une rencontre, "Henri Proglio a effectivement évoqué dans des termes très généraux, la question devant moi". Mais, rapporte le ministre : "je lui ai fait part de ma totale perplexité, compte tenu des accords Enel-EDF et au regard du démantèlement industriel très important que cela engendrerait pour des questions de droit européen et de concurrence. Nous en sommes restés là".
Retour MYTF1
Chargement en cours...




