
Le ministre de l'Agriculture, Dominique Bussereau, et la ministre déléguée à la Cohésion sociale, Catherine Vautrin, ont lancé lundi un appel d'offre auprès des entreprises avicoles pour qu'elles cèdent aux associations caritatives "1.060 tonnes de volailles entières", qui seront ensuite distribuées gratuitement, annoncent les ministères. Le gouvernement dédommagera les entreprises et prendra en charge le coût du transport jusqu'aux centres de collecte des ONG.
Les stocks de volailles en France s'élèvent à 30.000 tonnes à ce jour. Il s'agit d'un "premier appel d'offre" qui répond à une évaluation des besoins transmise au gouvernement par les associations telles que les Restos du Coeur, le Secours populaire, ou la Fédération française des banques alimentaires, selon le ministère.
Le ministre de l'Agriculture a également présenté à ses homologues européens, réunis lundi à Bruxelles, un mémorandum demandant de nouvelles mesures communautaires de soutien en faveur de la filière avicole. La France, soutenue par une quinzaine d'autres pays membres, a demandé d'abord plusieurs indemnisations : pour les "stocks privés" des industriels de la volaille, pour la "réduction d'activité" et, "si la crise devient plus importante", pour les "achats et (la) destruction" de volailles. Paris réclame aussi des mesures pour l'étiquettage des volailles, afin de mieux en mentionner l'origine et "assurer une traçabilité complète".
3.000 euros par éleveur
En troisième lieu, Dominique Bussereau a demandé un relèvement du plafond des aides nationales qui "tiendra compte des difficultés rencontrées par les aviculteurs". Les règles européennes permettent aux Etats membres d'accorder une aide de 3.000 euros sur trois ans et par éleveur sans avoir à demander l'autorisation de Bruxelles.

Retrouvez notre dossier complet
La Commission européenne, pressée par plusieurs Etats membres de l'UE, a par ailleurs entrouvert lundi la porte à des aides communautaires supplémentaires. Pour venir en aide au secteur avicole, Bruxelles, qui privilégiait surtout les aides nationales, n'a jusqu'ici puisé sur les fonds communautaires que pour soutenir les exportations, en augmentant les subventions versées aux éleveurs pour faire face à la chute des cours du poulet. Un autre système d'aides est en théorie aussi déjà possible, qui prévoit un cofinancement communautaire d'aides aux éleveurs touchés par un embargo ou obligés d'abattre leur volaille en raison de l'apparition d'un foyer de grippe aviaire. Mais aucun Etat membre n'y a recours car aucun élevage avicole dans l'UE n'est actuellement touché par les mesures vétérinaires qui le justifient. L'idée de la Commission est d'étendre ce mécanisme pour justement permettre d'affecter des fonds communautaires à des éleveurs qui ne sont pas sous le coup de ces "restrictions vétérinaires" mais sont tout de même affectés par une baisse de la consommation.
Image d'archives
Retour MYTF1
Chargement en cours...





