
Le dialogue avec le Premier ministre leur semblant rompu, c'est au chef de l'Etat que les secrétaires généraux des cinq confédérations syndicales ont adressé mardi soir une lettre commune. Ils demandent à Jacques Chirac le vote par le Parlement d'une nouvelle délibération de la loi égalité des chances excluant l'article relatif au CPE.
"Attachés aux valeurs républicaines et démocratiques, nous vous saisissons solennellement afin qu'en application de l'article 10 de la Constitution, vous demandiez au parlement une nouvelle délibération de la loi Egalité des chances excluant l'article 8 relatif au Contrat première embauche" (CPE), indiquent dans leur courrier Bernard Thibault (CGT), François Chérèque (CFDT), Jean-Claude Mailly (FO), Jean-Louis Walter (CFE-CGC) et Jacques Voisin (CFTC). Soulignant "l'absence de compréhension du gouvernement depuis deux mois" alors que les mobilisations sont allées en s'amplifiant, les responsables confédéraux demandent à Jacques Chirac "d'apprécier combien la crise actuelle est source d'exaspération et de tensions dans le pays".
Dans l'après-midi, le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, avait déjà estimé que Jacques Chirac devait "intervenir très rapidement", après les manifestations contre le CPE qui ont rassemblé entre 1 et 3 millions de manifestants mardi. L'intersydicale des syndicats de salariés, étudiants et lycéens opposés au contrat première embauche (CPE) a annoncé qu'elle se réunirait mercredi à 14h à Paris. L'intersyndicale regroupe les cinq confédérations - CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC -, ainsi que l'Unsa, la FSU, Solidaires, l'Unef (étudiants), la Confédération étudiante, la Fidl (lycéens) et l'UNL (lycéens). Tous présents dans les rangs de la manifestation parisienne, les leaders syndicaux ont réaffirmé leur demande de retrait du projet.
Villepin prêt au dialogue
Même détermination du côté des syndicats étudiants : Bruno Julliard, le leader de l'Unef a déclaré : "On est face à un raz-de-marée". Qui pourrait encore s'intensifier selon Tristan Rouquier de la Fidl qui estime que "on est loin d'être aujourd'hui au pic de la mobilisation". Pour Karl Stoeckel de l'UNL, (syndicat lycéen) : Villepin "doit faire preuve de courage politique et retirer le CPE".
Du côté des politiques, François Hollande (PS) a lancé un "appel à la responsabilité" des "plus hautes autorités de l'Etat" et mis en garde contre "l'entêtement (qui) deviendrait de l'enfermement".
Bien que regrettant qu'ils aient "refusé la main tendue", le Premier ministre a déclaré mardi après-midi à l'Assemblée nationale, au moment même où plusieurs dizaines de milliers de personnes manifestaient à Paris, qu'il renouvellait sa proposition. Il a ajouté : "S'ils veulent réduire la période d'essai de deux ans, (...) s'ils veulent un entretien pour rompre le contrat (...) j'y suis prêt !".
Photo : François Chérèque, leader de la CFDT
lors la manifestation parisienne du 28 mars 2006(LCI)
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