© TF1L'Union européenne a adopté mercredi sa première liste noire commune de 95 compagnies aériennes jugées dangereuses. Elaborée sur la base des informations fournies par les pays membres sur leurs propres interdictions, elle entrera officiellement en vigueur samedi, au lendemain de sa publication au journal officiel de l'UE. Sur cette liste, 92 compagnies, actives dans le transport de fret ou de passagers, seront dès lors interdites de vol dans l'ensemble de l'UE. Les trois autres sont soumises à de simples "restrictions" de vol, seulement certains de leurs appareils étant interdits dans l'UE.
Les transporteurs qui vont être interdits sont presque tous immatriculés en Afrique, l'UE ayant d'un bloc interdit toutes les compagnies aériennes originaires de République démocratique du Congo, de Sierra Leone, de Guinée équatoriale, du Liberia et du Swaziland, pays où les systèmes de contrôle sont selon elle "inédéquats". Les rares compagnies non africaines figurant sur la liste sont originaires de Corée du Nord, d'Afghanistan, de Kazakhstan, du Kirghizstan, du Bangladesh et de Thaïlande.
Une aide de la Commission européenne
![]() |
| Cliquez pour retrouver la liste des compagnies interdites |
Par ailleurs, selon le commissaire au Développement, Louis Michel, la Commission est prête à aider financièrement les pays dont les compagnies aériennes sont sur cette liste noire. "Les lignes aériennes sont très importantes pour le développement économique de ces pays", a-t-il expliqué. Cette aide ne pourrait pas prendre la forme d'une aide directe aux compagnies aériennes privées frappées d'interdiction de vol dans l'UE mais d'une assistance aux Etats dont le contrôle aérien est déficient, a précisé une source européenne.
"Un bon début, mais un début seulement"
"Il est très positif que des Etats puissent s'entendre pour établir une liste commune", estime René-Marc Chikli, président de l'Association de tours opérateurs-Ceto. "Mais, ajoute-t-il, le contenu de la liste reste très marginal. Il s'agit surtout de compagnies dites de "bout de ligne". Une opinion partagée par Gilles Meynard, pdg d'Air Partners International, courtier aérien. "Je doute un peu de la pertinence du choix des compagnies aériennes retenues, certaines ne venaient pas en Europe, d'autres ont disparu, d'autres sont semble-t-il des compagnies fantômes". Quant à Mme Ans Westerhoven, gérante d'Airmaster, un autre courtier spécialiste de l'Egypte, elle estime que "c'est un bon début, mais un début seulement".
René-Marc Chikli insiste sur le fait que cette liste "est l'un des volets d'un ensemble qui porte également sur la transparence, avec le décret loi paru dimanche qui contraint les voyagistes à informer leurs clients sur la compagnie qui va les transporter, et sur la sécurité et la qualité, qui vont donner lieu également très bientôt à la mise en place d'un label".
Compagnies absentes, étonnement de la FIVAA
La Fédération internationale des victimes d'accidents aériens (FIVAA) s'est quant à elle "étonnée" de l'absence de compagnies aériennes issues du bassin méditerranéen sur la liste noire européenne. La Fédération plaide plus globalement pour des audits européens dans les pays d'origine des compagnies aériennes, plutôt qu'une interdiction basée sur des contrôles effectués en Europe.
La FIVAA regroupe près de 1500 familles au sein de huit associations concernant des accidents comme ceux de Charm El Cheikh, du Vol TWA 800 à New York, du mont Saint Odile ou du Cap Skirring au Sénégal.
Photo d'ouverture : archives
Retour MYTF1

Chargement en cours...




