
La crise du CPE embarrasse le patronat. Lequel, tout en marquant son soutien au dispositif, cherche à renouer le dialogue avec les syndicats. C'est le sens de la proposition faite mercredi par la présidente du Medef, Laurence Parisot. Ethic pour sa part, organisation plus réduite mais plus véhémente dans son inquiétude, exprime ses craintes sur l'image des entrepreneurs... et ne ménage pas des critiques à peine voilées contre la méthode du gouvernement...
Laurence Parisot a ainsi proposé mercredi aux syndicats "une grande réflexion sous forme de discussions, le cas échéant de négociations, sur toutes les flexibilités et toutes les précarités". "Dans la situation sociale tendue que notre pays connaît actuellement, marquée par un manque de dialogue, le Medef considère que le projet de discussion annoncé par le Premier ministre est une bonne chose", indique le mouvement patronal. Dominique de Villepin avait souhaité mercredi, lors de la séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, "avancer avec les partenaires sociaux sans a priori" sur le CPE et "engager toutes les discussions nécessaires" en ce sens.
"Les patrons vont payer très cher"
"Précarité et flexibilité recouvrent des situations très hétérogènes: certaines sont des plus préoccupantes, d'autres représentent ou annoncent des formes d'emplois très prometteurs", ajoute le Medef. Il propose "aux syndicats d'entamer une discussion sur ces sujets le plus rapidement possible, en y incluant les enjeux de formation et de qualification". Sachant que, selon la présidente du Medef, "la question qui est aujourd'hui posée par le CPE est importante mais nous souhaitons qu'elle soit élargie. La grande mutation économique à laquelle notre pays est confronté et les incertitudes auxquelles les nouvelles générations doivent faire face nous amènent à proposer une grande réflexion."
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Mme Parisot, lors d'une audition devant la commission des Affaires économiques du Sénat mercredi matin, avait précisé que si le patronat réclame davantage "de flexibilité, c'est pour faire baisser le chômage dans notre pays (...), c'est ça l'échange". De telles discussions avec les syndicats auraient un double objectif: "que la société française cesse d'être secouée par des crises aussi douloureuses et qu'elle se mette le plus vite possible en position de profiter d'une croissance mondiale qui n'a jamais été aussi forte", précise le Medef.
Le président de l'association des moyennes entreprises patrimoniales (Asmep) a également apporté son soutien mercredi au CPE, estimant que la flexibilité de l'emploi était "un impératif catégorique" pour la France. Mais le mouvement patronal libéral Ethic "déplore" pour sa part les "conséquences catastrophiques sur l'image des entrepreneurs" du CPE, tout en rappelant qu'elle a "dès le départ apporté son soutien de principe à une mesure qui va dans le bon sens". Mais la critique du gouvernement est tout de même patente : "à cause d'un échec complet de la pédagogie nécessaire, les patrons sont montrés du doigt", affirme Ethic. La présidente du mouvement, Sophie de Menthon, estime que "les patrons vont payer très cher un soutien mesuré d'un contrat devant lequel ils ont été mis comme devant un fait accompli". Pour Ethic, "la réalité n'est plus audible. La violence des réactions contre le CPE s'est transformée en violence contre les entreprises".
Photo d'ouverture : image des manifestations contre le CPE - archives
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