
Qu'ils aient été un million, comme l'assure la CGT, ou un peu moins de 400 000 selon les chiffres de la police, les opposants au Contrat première embauche ont démontré mardi que le mécontentement grandissait face aux projets du Premier ministre. Ce dernier a certes affirmé devant les députés "respecter les inquiétudes et les peurs qui s'expriment". Mais, sur le fond, il reste inflexible et martèle son refus de "l'immobilisme".
"Il est temps de faire des choix et de les assumer", avait-il dit dimanche. Mais à quel prix ? Le chef du gouvernement décroche dans les sondages. Sa cote de confiance a chuté de 11 points (à 41% d'opinions favorables) dans l'enquête Ifop/Paris-Match publiée mardi. Plus vexant encore, Villepin voit Nicolas Sarkozy, son ennemi dans la course à l'Elysée, augmenter son avance sur lui. "Si le gouvernement s'obstine à toujours passer en force, il y aura d'autres mouvements, d'autres 7 mars", a prévenu le Premier secrétaire du PS, François Hollande.
"Gouvernement autiste"
"Le premier ministre ne nous laisse qu'une solution : donc on va proposer une nouvelle manifestation dans les quinze jours qui viennent", a annoncé François Chérèque (CFDT) sur LCI. "Nous préférons, nous, à la CFDT qu'elle se fasse un samedi parce qu'on ne peut pas demander aux salariés de perdre une journée de travail toutes les semaines". Etudiants et lycéens semblent aussi déterminés à poursuivre leur mouvement. "Un million de manifestants : Villepin doit retirer son CPE", proclame le syndicat étudiant Unef qui annonce que les étudiants de quatre universités supplémentaires ont voté la grève mardi. Cela porte à 22 le nombre d'établissements en grève, sur un total de 88, selon le syndicat étudiant.
La Confédération étudiante demande également au gouvernement de retirer "au plus vite" le CPE. "Dans le cas inverse, il doit s'attendre à la poursuite de la mobilisation des jeunes en solidarité avec les salariés", ajoute dans un communiqué. "Face à l'autisme du gouvernement, nous ne pouvons qu'appeler à l'amplification de la mobilisation pour demander le retrait du CPE", déclare pour sa part la Fédération indépendante et démocratique lycéenne. "Le gouvernement refuse le dialogue, nous l'y obligerons", a assuré Karl Stoeckel, président de l'UNL (lycéens). Salariés et mouvements de jeunes doivent se réunir dès les prochains jours pour décider des suites du mouvement.
D'après AFP
(Image LCI : Dominique de Villepin à l'Assemblée mardi)
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