© TF1 GoodiesFin 2003, ils étaient 1,9 million à travailler en France pour une filiale d'un groupe étranger. Et cela sans compter le secteur financier et les administrations. L'Institut national de la statistique et des études économiques estime ainsi que près d'un salarié sur sept est concerné, soit deux fois plus qu'il y a dix ans. La raison ? Quelque 9000 sociétés françaises sont passées sous pavillon étranger sur la même période.
L'Insee en conclut que l'économie française est "plus ouverte" que celle de ses voisins. En Allemagne, au Royaume-Uni ou aux Pays-Bas seul un salarié sur dix travaillait dans une filiale non financière d'un groupe étranger au début des années 2000. La proportion est de un sur vingt aux Etats-Unis. La part des employeurs étrangers dans l'économie française, en forte progression, a été multipliée par 1,8 en dix ans.
Sidérurgie et tabac
Entre 1994 et fin 2003, une grande partie de la sidérurgie et de l'industrie du tabac françaises a été restructurée au niveau européen, rappellent les auteurs de l'étude. De même, des chaînes de supermarchés, des enseignes de distribution de meubles, des sociétés de travail temporaire, de nettoyage, de restauration collective, de transport ou encore de fabrication de véhicules industriels sont passées sous contrôle étranger. Les mouvements inverses sont "bien plus faibles" : 400 filiales étrangères fin 1994 étaient devenues indépendantes fin 2003 et 650 étaient passées dans le giron d'un groupe français.
Hausse dans le tertiaire
Les investissements étrangers en France sont essentiellement originaires d'autres pays développés. Fin 2003, les groupes des pays de l'OCDE (Amérique du Nord, Europe, Japon et Corée) employaient 99% des salariés concernés. Les groupes de l'Union européenne en emploient les deux tiers. Le premier partenaire commercial de la France, l'Allemagne, est aussi le premier investisseur européen en France par le nombre de filiales (2600) et d'emplois contrôlés (280.000). Ce sont cependant les Etats-Unis qui demeurent le premier investisseur dans l'Hexagone: 430.000 personnes, soit presque un quart des emplois sous contrôle étranger.
La moitié des salariés des groupes étrangers travaillent dans l'industrie (y compris le secteur énergétique), soit un million d'emplois, chiffre en hausse de 33% en dix ans. C'est toutefois dans le secteur tertiaire que la présence étrangère s'est le plus accrue : depuis 1993, les emplois sous contrôle étranger ont été multipliés par 3,7 dans les services, 2,8 dans le commerce. Fin 2003, chacun de ces deux secteurs employait environ 400.000 salariés.
D'après AFP
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