© DRLe bilan est morose : la 43ème édition du Salon international de l'Agriculture, qui ferme ses portes dimanche soir, a attiré un peu plus de 500.000 visiteurs contre 628.432 en 2005. Soit une baisse d'environ 20%. La décrue aurait pu être encore plus sévère après un premier week-end "catastrophique" (aux dires du président du salon Christian Patria) qui avait vu la fréquentation en diminution de près de 30% par rapport au week-end correspondant en 2005. Mais la situation s'est améliorée en milieu de semaine. En particulier, l'ouverture nocturne du vendredi soir qui a attiré cette année 20.000 visiteurs, contre 8.000 l'an dernier. Pour Christian Patria, le responsable est tout trouvé : "la cause principale de cette baisse est la psychose de la crise aviaire même si aucune volaille vivante n'était exposée du salon".
Mais sur les stands, on a d'autres explications. A commencer par le prix des entrées. "Douze euros, c'est beaucoup trop cher", estime un producteur d'œufs. "Pour une famille avec deux enfants, une visite avec le parking, le repas et quelques achats, lui revient à plus de 100 euros." "Qui peut encore mettre des sommes pareilles avec une conjoncture aussi morose ?", renchérit Patrick Chaval de chez Jean de Rocamandou. "Ils tuent la fréquentation mais le prix des emplacements ne diminue pas : j'ai payé 60.000 euros pour mes stands", déplore un vendeur de foie gras.
Le prix n'est pas seul en cause. "A la différence des éditions précédentes, le Salon de l'Agriculture ne coïncidait pas cette année avec les vacances scolaires des Parisiens", explique-t-on sur le stand du Centre d'information des viandes (C.I.V.). "Or le Salon se visite en famille". Le pavillon des Produits laitiers, qui distribuait du lait aux visiteurs, a offert jusqu'à 30% de verres en moins par rapport à l'année précédente, sauf le dernier mercredi, jour des enfants, qui était "très bon".
"On constate une lassitude générale des gens pour les salons", explique Alain Bach dans le pavillon de Rocamadour dont le décor a pourtant ameuté les curieux. "Avec Internet, les gens qui venaient chercher des informations dans ce genre de manifestations ne voient plus d'intérêt à faire le déplacement", assure ce spécialiste du tourisme. Peut-être.
En revanche, la plupart des exposants sont d'accord pour dire que la crainte de la grippe aviaire n'a pas eu d'effet rebutant. Les volailles - vivantes - étaient de toute façon persona non grata et de nombreux producteurs, d'œufs notamment, avaient renoncé à présenter leurs produits. Les experts de l'Afssa présents dans les halls des expositions assurent n'avoir été interrogés qu'à "deux ou trois reprises". Le C.I.V. a même renvoyé au bercail les deux spécialistes qu'il avait mobilisés pour le salon. La question n'aurait que rarement été évoquée dans les allées du salon... sauf par les journalistes.
Photo d'ouverture : le 43ème Salon international de l'Agriculture - DR
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