
La Fédération nationale des "Gîtes de France" a été condamnée à 10 000 euros d'amende par le Conseil de la concurrence, pour abus de position dominante et doit supprimer de ses contrats plusieurs clauses jugées abusives. "Gîtes de France" détient environ 70%" du marché des labels de gîtes et de chambres d'hôtes et bénéficie "d'une position privilégiée au sein des structures publiques départementales, ce qui renforce encore sa position sur le marché de la délivrance de labels", constate l'autorité administrative.
Trois types de clauses d'exclusivité jugés abusives
Le Conseil a jugé abusives trois types de clauses d'exclusivité imposées aux adhérents, "dans la mesure où elles tendent à rendre captive cette clientèle" et font "obstacle au développement de labels concurrents", notamment Clévacances et Accueil Paysan. En plus d'une amende "limitée à 10 000 euros", "Gîtes de France" devra supprimer la clause interdisant à un propriétaire de gérer, à proximité du gîte de France lui appartenant, une autre location saisonnière non agréée par la Fédération. L'injonction du Conseil concerne également la clause réservant la publicité sur les locations labellisées aux guides édités par "Gîtes de France", sauf dérogation du relais départemental de l'association.
4 200 adhérents et 43 700 gîtes en 2004
"Gîtes de France" devra enfin "limiter aux deux premières années d'adhésion" au réseau la clause interdisant l'appartenance simultanée à un autre label, et l'article imposant au propriétaire de commercialiser son logement par l'intermédiaire de l'association, s'il ne le fait pas lui-même. Le chiffre d'affaires annuel des gîtes ruraux et des chambres d'hôtes est évalué à 422,8 millions d'euros, avait estimé fin décembre "Gîtes de France" à l'occasion de son cinquantenaire. L'association comptait 4 200 adhérents et 43 700 gîtes en 2004, et totalisait 4,9 millions de nuitées pour les gîtes proprement dits, et 3,3 millions pour les chambres d'hôtes.
Pascal Boulet-Gercourt, directeur des Gites de France, a réagi à l'annonce de cette décision, lundi en fin d'après-midi. "Je déplore mais prend acte" de la décision de justice, qui condamne les Gîtes "a minima" et à "une amende symbolique", a-t-il déclaré. "Nous n'avons pas encore analysé totalement cette décision, mais nous allons l'appliquer et modifier en conséquence nos régles", a-t-il conclu.
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