© INTERNEThales devrait très rapidement convoquer un conseil d'administration pour débattre de la montée d'Alcatel dans son capital, peut-être dès jeudi, selon La Tribune. Le conseil d'administration d'Alcatel se tient lui jeudi. Alcatel prévoit de porter sa participation dans Thales à 25% ou 30% du capital, contre 9,5% actuellement, en échange de l'apport de ses activités dans les satellites et les systèmes de sécurité, estimées à 1,8 milliard d'euros.
Les discussions entre Alcatel et l'américain Lucent, annoncées courant mars, ont donné un coup d'accélérateur au projet d'alliance entre Alcatel et Thales. L'Etat français, qui détient 31,3% de Thales, compte sur cette opération pour sortir du mariage franco-américain l'activité satellite d'Alcatel, Alcatel Alenia Space, jugée cruciale pour le secteur français de la défense. Pour Alcatel, l'entrée dans Thales représenterait au passage un bouclier contre une OPA hostile, puisqu'il deviendrait un acteur du secteur défense, protégé par l'Etat français.
Bercy officiellement neutre
Mais les pourparlers Alcatel-Thales, en cours depuis des mois, pourraient encore connaître des rebondissements. Le groupe européen d'aéronautique et de défense EADS, prédateur déclaré de Thales, n'a pas l'intention de laisser filer l'électronicien de défense aux mains du groupe de Serge Tchuruk et compte s'inviter dans la partie. En novembre 2004, Thales avait échappé de peu à une prise de contrôle par EADS, groupe contrôlé à parité par l'allemand DailmerChrysler et les Français (Lagardère et l'Etat), qui détiennent chacun 30% du capital.
EADS a donc offert d'apporter son activité satellites Astrium à Thales, qui, avec Alcatel Alenia Space, unirait ainsi l'Europe des satellites. En échange, EADS demanderait quelque 20% du capital de Thales. Le scénario aurait reçu l'aval du président français Jacques Chirac et de la chancelière allemande Angela Merkel, selon le magazine allemand Stern de jeudi. Dans un mariage à trois, l'Etat français resterait premier actionnaire de Thales, avec 1% ou 2% de plus qu'Alcatel, selon une source proche du dossier. Echaudé ces dernières semaines par les accusations d'interventionnisme économique, Bercy a quant à lui proclamé mercredi sa neutralité, arguant qu"il appartient à ces entreprises de définir leur stratégie industrielle".
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