Les leaders syndicaux, le 24 mars 2006 © TF1/LCIDopée par la mobilisation "historique" de mardi, l'intersyndicale des 12 organisations de salariés, étudiants et lycéens opposés au CPE a lancé mercredi un nouvel appel à une journée de grèves et manifestations le mardi 4 avril, pressant Jacques Chirac d'intervenir en faveur du retrait.
"Quelque chose de profond est en train de s'exprimer dans le pays. L'espoir a changé de camp. Plus le gouvernement tente le coup de force plus il s'enfonce dans l'isolement et la faiblesse", a déclaré Maryse Dumas (CGT), au lendemain de la mobilisation qui a rassemblé dans les rues 1 à 3 millions de personnes opposées au contrat première embauche. "Nous ferons tout ce qu'il faut pour que les grèves et les arrêts de travail (du mardi 4 avril) soient au moins équivalents à ceux du 28 mars", a prévenu René Valladon (FO), au moment même où les fédérations CGT et Sud de cheminots annonçaient qu'elles appelaient à la grève à la SNCF ce jour-là. Suivis, jeudi, par huit syndicats d'Air France, puis par les deux principaux syndicats de la Poste, CGT et Sud, ainsi que l'Unsa...
L'intersyndicale en appelle à Jacques Chirac pour retirer le CPE
Dans une nouvelle déclaration commune, à la veille de la décision très attendue du Conseil constitutionnel (lire : "Les "Sages" devraient valider le CPE"), l'intersyndicale a pressé le président de la République "d'utiliser ses prérogatives constitutionnelles pour que le CPE soit retiré". Jacques Chirac s'exprimera "dans les prochains jours", a indiqué son entourage, selon lequel il pourrait intervenir dès jeudi soir et promulguer la loi égalité des chances instaurant le CPE "d'ici la fin de la semaine", en cas de validation par le Conseil (lire : "Chirac va s'exprimer").
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A l'Assemblée nationale, visiblement fatigué au terme de deux mois de crise, le Premier ministre a créé la surprise en faisant un lapsus qui l'a fait parler de la "démission" au lieu de la "décision", attendue, du Conseil constitutionnel (lire : "Le lapsus de Villepin à l'Assemblée"). Dominique de Villepin n'a, quoi qu'il en soit, pas modifié d'un iota sa position, réaffirmant mercredi soir sa "disponibilité totale à apporter des améliorations" au CPE, en particulier sur la durée de la période d'essai de deux ans et "les conditions de la rupture". "Il y a des inquiétudes sur ces deux sujets, nous y répondrons. Personne ici ne peut douter de ma volonté de renouer le dialogue".
Des préavis de grève ont été déposés dans au moins 29 réseaux de transports de province, dont Marseille, Grenoble, Nancy et Toulouse, selon des chiffres provisoires communiqués vendredi par le patronat. Sur un total de 170 entreprises de transports urbains interrogées, 92 ont pour l'instant donné leur réponse, et 29 d'entre elles ont reçu des préavis. Un bilan complet des appels à la grève sera communiqué lundi, a précisé l'UTP.
Pour l'instant des préavis de 24 heures ont été déposés, entre autres, à Clermont-Ferrand, Grenoble, Marseille, Montpellier, Nancy, Nice, Orléans, Rouen et Toulouse. En revanche aucun appel à la grève n'a été lancé à Angers, Bordeaux, Lens, Lille, Lyon, Nantes, Rennes, Saint-Etienne, Strasbourg, Toulon et Tours, où le trafic devrait être normal.
(Photo : Les leaders syndicaux sur le perron de l'Hôtel de Matignon la semaine dernière.)
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