
"Le rachat de France Soir s'est fait grâce au groupe de presse russe que je contrôle", a affirmé Arcadi Gaydamak à l'AFP qui a précisé qu'il allait "éponger dans un premier temps 10 millions d'Euros de dettes" accumulées par le journal avant de présenter un plan de relance. "France Soir connaît certes des difficultés, mais c'est un journal populaire au passé prestigieux, auquel il faut apporter quelques changements afin qu'il se développe", a ajouté Arcadi Gaydamak. Il a également affirmé envisager d'autres achats de journaux dans le monde "pour développer notre pôle médias".
Selon un communiqué envoyé de Paris, la société Moscow News, dont Arcadi Gaydamak est propriétaire, a annoncé lundi "le rachat de 100% des actions de la société Montaigne Press à M. Raymond Lakah", actuel propriétaire. Montaigne Press détient 70% de Presse Allliance, société éditrice de France Soir, le groupe italien Poligrafici Editoriale, ancien propriétaire détenant les 30% restants.
"Tout est lié aux garanties financières"
Interrogés lundi soir par l'AFP, l'actuel propriétaire de France Soir Ramy Lakah et l'administrateur judiciaire Me Gilles Baronnie ont déclaré ne pas être au courant de ce rachat. Il a indiqué mardi à l'AFP, que M. Gaydamak devait "apporter les garanties financières". "S'il apporte effectivement 20 millions d'euros, qu'il paye le passif de 12 millions d'euros et qu'il apporte ensuite des garanties pour financer le fonds de roulement, pourquoi pas?", poursuit Me Baronnie. "Tout est lié aux garanties financières". Le Tribunal de commerce "appréciera la situation", a-t-il aussi précisé.
CE et AG cet après-midi
Christian Gourdet, représentant du personnel dans la procédure, interrogé par l'AFP, "se demande si ce n'est pas un coup monté avec Raymond Lakah", actuel propriétaire de France Soir. Un comité d'entreprise et une assemblée générale du personnel de France Soir sont prévus mardi après-midi. Le personnel sera appelé lors de l'AG à voter pour donner son avis sur les différentes offres de reprise sur la table, indique-t-on de source syndicale. Interrogé par l'AFP, le greffe du tribunal de commerce de Lille affirme pour sa part: "tant que cette discussion n'a pas eu lieu, il n'est pas possible que qui que ce soit ait pris le contrôle de France Soir. Le tribunal doit inévitablement étudier toutes les offres", a-t-il ajouté sans vouloir confirmer si celle du milliardaire israélo-russe en faisait partie.
Mandat d'arrêt international
Résidant en Israël et en Russie, Arcadi Gaydamak est depuis décembre 2000 sous le coup d'un mandat d'arrêt international des juges parisiens enquêtant sur un trafic d'armes vers l'Angola. Il a récemment racheté le club de football Betar Jérusalem et a loué les services de l'entraîneur français Luis Fernandez. Il a également acquis le club de basket Hapoël Jérusalem. Arcadi Gaydamak connaît par ailleurs des démêlés avec la police israélienne. Il a été interrogé à plusieurs reprises ces derniers mois dans une affaire de blanchiment d'argent dans le cadre d'une enquête sur le principal établissement bancaire d'Israël, la Banque Hapoalim.
France Soir est en liquidation judiciaire. Le quotidien emploie actuellement 118 salariés, dont 74 journalistes.
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